Dans un nouveau rapport publié jeudi, la Mission internationale indépendante d’établissement des faits pour le Soudan décrit un vaste système de recrutement, de formation et d’approvisionnement qui s’étend à plusieurs pays. Ces réseaux permettent aux parties au conflit de conduire des opérations toujours plus sophistiquées et de frapper des cibles bien au-delà des lignes de front.
« Ce soutien extérieur n’a pas renforcé la protection des civils. Au contraire, les civils en paient le prix à travers des attaques contre des habitations, des hôpitaux, des écoles, des marchés et des lieux de refuge », a déclaré le président de la Mission, Mohamad Chande Othman.
Selon les enquêteurs, les Forces de soutien rapide (FSR) ont notamment bénéficié de personnel étranger, de formations, d’armes, de munitions, de technologies militaires et d’un soutien logistique. Les Forces armées soudanaises (FAS) auraient, elles aussi, utilisé des drones fournis depuis l’étranger lors d’opérations ayant touché des civils et des biens de caractère civil.
Des combattants étrangers aux côtés des FSR
La Mission indique que jusqu’à 2 000 anciens militaires colombiens recrutés comme contractuels auraient été déployés aux côtés des FSR au Darfour et au Kordofan. Ils auraient notamment piloté des drones de combat et utilisé de l’artillerie et des armes avancées.
Des entreprises privées, des recruteurs et des intermédiaires logistiques opérant depuis plusieurs pays, notamment la Colombie et les Émirats arabes unis, auraient contribué à ces opérations.
Le Tchad, le sud-est de la Libye et Bosaso, en Somalie, auraient notamment servi de points de transit pour acheminer combattants, formations, armes et équipements vers le Soudan.
« Nous avons identifié un ensemble de réseaux transnationaux actifs dans plusieurs pays, qui fournissaient aux FSR du personnel étranger, des formations, des armes et un soutien logistique », a déclaré Mona Rishmawi, membre de la Mission d’établissement des faits.
Ce soutien aurait contribué aux opérations menées par les FSR autour du camp de Zamzam, puis lors de la prise d’El-Fasher. La Mission y a documenté de graves violations des droits humains et du droit international humanitaire, ainsi que des crimes internationaux, notamment des actes présentant les caractéristiques d’un génocide.
Véhicules détruits devant l’hôpital Fedal à Khartoum, au Soudan.
Des drones qui frappent loin des fronts
Les transferts d’équipements militaires ont également renforcé les capacités des deux camps en matière de drones.
À Kalogi, dans le Kordofan du Sud, des frappes attribuées aux FSR ont tué 114 personnes, dont environ 60 enfants. À Ad-Da’ein, dans le Darfour oriental, des frappes attribuées aux FAS ont fait au moins 70 morts et détruit un grand hôpital.
À El-Obeid, dans le Kordofan du Nord, des attaques répétées de drones des FSR ont endommagé des infrastructures essentielles, notamment en juillet et août 2026. Les réseaux électriques et les installations d’approvisionnement en carburant ont notamment été touchés, aggravant les restrictions d’accès à l’eau, aux soins, aux transports et aux déplacements.
Pour la Mission, ces attaques constituent de graves violations des droits humains et du droit international humanitaire et pourraient constituer des crimes de guerre.
« La responsabilité ne peut pas s’arrêter » aux auteurs
Les enquêteurs soulignent que la responsabilité ne concerne pas uniquement ceux qui commettent directement les attaques.
Les États doivent enquêter sur les réseaux de mercenaires et d’approvisionnement opérant depuis ou à travers leur territoire, prévenir les violations et faire respecter l’embargo des Nations Unies sur les armes au Darfour.
« La responsabilité ne peut pas s’arrêter à ceux qui mènent les attaques. Toute la chaîne doit faire l’objet d’enquêtes, y compris ceux qui ordonnent, financent, fournissent ou facilitent de quelque manière que ce soit des crimes internationaux », a déclaré Joy Ngozi Ezeilo, membre de la Mission.
La Mission appelle également les États à suspendre les transferts militaires lorsqu’il existe un risque important qu’ils contribuent à de graves violations et exhorte le Conseil de sécurité à étendre l’embargo sur les armes à l’ensemble du Soudan.
« Ces avertissements doivent désormais se traduire par des actes », a insisté Mohamad Chande Othman. « Protéger les civils au Soudan exige d’agir non seulement contre ceux qui mènent cette guerre, mais aussi contre les individus, les entités et les réseaux qui en permettent la poursuite. »
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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