Les rivières montent et le temps presse. Plus de 800 000 personnes pourraient être déplacées au cours des trois prochains mois, en grande majorité à cause des inondations, a averti mercredi l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Les premiers signes sont déjà visibles. À Baidoa, de fortes pluies ont endommagé des habitations et forcé des familles à fuir plusieurs quartiers. À Dollow, le fleuve Jubba approche du seuil de crue. À Jowhar, le Shabelle monte vers le haut de ses berges.
« Des centaines de milliers de personnes pourraient perdre leur maison en l’espace de quelques semaines. Beaucoup de ces familles ont déjà été déplacées et n’ont plus que très peu de choses sur quoi s’appuyer », a déclaré Manuel Marques Pereira, chef de mission de l’OIM en Somalie. « Il est encore temps de réduire l’impact, mais cette fenêtre se referme. »
Les crues, principale cause de déplacement
Selon de nouvelles projections de l’OIM et du Conseil danois pour les réfugiés (DRC), 874 319 personnes pourraient être déplacées entre octobre et décembre. Les inondations seraient en cause dans 92 % des cas. Le pays entre dans une saison des pluies qui s’annonce plus abondante que la normale, sur fond de renforcement du phénomène El Niño.
Beletweyne et Gaalkacyo figurent parmi les zones les plus à risque, avec respectivement quelque 229 000 et 82 000 personnes menacées de déplacement.
Les familles qui vivent dans des sites de déplacés surpeuplés sont particulièrement vulnérables. Les évaluations y relèvent un accès insuffisant à l’eau potable et à l’assainissement, ce qui fait craindre des épidémies si les inondations s’intensifient.
Au-delà des habitations, la montée des eaux pourrait détruire les cultures, perturber les moyens de subsistance et contaminer les sources d’eau. Elle pourrait aussi couper l’accès aux soins de santé et à d’autres services essentiels. Les besoins humanitaires s’aggraveraient alors dans des communautés déjà frappées par des chocs climatiques successifs.
Photo d’archives de mai 2023, lorsque la ville de Beledweyne, en Somalie, a été inondée après le débordement du fleuve Shabelle.
Moins de 15 % des fonds réunis
Malgré l’ampleur de la menace, l’OIM n’a obtenu qu’environ 14,4 % des 16,62 millions de dollars nécessaires pour se préparer aux inondations liées à El Niño et y répondre. Ces fonds doivent permettre d’aider plus de 517 000 personnes dans les zones inondables du pays.
Avec les autorités somaliennes et les communautés locales, l’OIM renforce les systèmes d’alerte précoce, repère des itinéraires d’évacuation plus sûrs et prépare l’aide d’urgence. Mais le manque de financements freine l’aménagement de zones de relocalisation sûres et la fourniture d’abris, d’eau potable, d’assainissement et de soins.
« Nous avons besoin de fonds en urgence pour aider les gens à protéger leurs maisons et leurs moyens de subsistance, à rejoindre des zones plus sûres si nécessaire, et à éviter un nouveau cycle de déplacement », a insisté M. Marques Pereira.
L’OIM appelle la communauté internationale à soutenir d’urgence la préparation et l’action anticipée, avant que la montée des eaux ne pousse d’autres familles à quitter leur foyer.
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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