Plus de 500 réfugiés rohingyas pourraient avoir trouvé la mort dans deux naufrages présumés survenus ces derniers jours au large du Myanmar, ont annoncé jeudi le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), évoquant l’une des pires tragédies maritimes touchant cette minorité musulmane apatride ces dernières années.
Selon des informations préliminaires recueillies par les deux agences, les embarcations avaient quitté à la fin du mois de juin l’État de Rakhine, dans l’ouest du Myanmar, avec à leur bord principalement des réfugiés rohingyas. Certains passagers auraient également voyagé depuis les camps de Cox’s Bazar, au Bangladesh voisin, qui accueillent près d’un million de membres de cette communauté ayant fui les violences au Myanmar.
Le premier bateau, transportant environ 250 personnes, a cessé toute communication peu après son départ. Le second, à bord duquel se trouvaient quelque 280 passagers, aurait sombré le 8 juillet au large de la région d’Ayeyarwady, dans le sud du pays.
Si les circonstances exactes des deux drames et le bilan humain restent à confirmer, le HCR et l’OIM se sont dits « gravement préoccupés par les pertes humaines potentiellement dévastatrices » qu’ils pourraient avoir provoquées.
Un camp de déplacés dans l’État de Rakhine, au centre du Myanmar, en 2025. Le pays compte environ 3,6 millions de personnes déplacées, un chiffre qui devrait atteindre environ quatre millions en 2026.
Une route maritime toujours plus meurtrière
Ces naufrages présumés s’inscrivent dans une détérioration continue de la situation des Rohingyas, contraints de prendre la mer malgré les risques croissants.
Selon le HCR, près de 900 réfugiés rohingyas sont morts ou ont disparu dans le nord de l’océan Indien en 2025, alors que plus de 6 500 personnes avaient tenté cette année-là la traversée vers la Malaisie ou l’Indonésie à bord d’embarcations souvent surchargées et précaires.
Si les deux naufrages sont confirmés, ils viendraient s’ajouter aux 300 personnes déjà signalées comme mortes ou disparues en mer d’Andaman et dans le golfe du Bengale depuis le début de l’année, parmi lesquelles des Rohingyas et des ressortissants bangladais.
Les deux agences soulignent que ces traversées ont eu lieu en dehors de la saison habituelle de navigation, lorsque les conditions météorologiques sont particulièrement dangereuses. Les pluies torrentielles et les inondations qui ont récemment frappé la région auraient encore accru les risques.
Des mères attendent avec leurs enfants dans une unité nutritionnelle des camps de réfugiés rohingyas à Cox’s Bazar, au Bangladesh.
L’impasse du Myanmar et des camps bangladais
Pour le HCR et l’OIM, ces départs témoignent avant tout d’un désespoir grandissant.
« L’intensification du conflit et la dégradation de la situation humanitaire au Myanmar, combinées au manque d’aide et de perspectives dans les camps de réfugiés au Bangladesh, poussent un nombre croissant de personnes à entreprendre de périlleuses traversées », ont averti les deux agences.
Depuis le coup d’État militaire de 2021, le Myanmar s’enfonce dans une guerre civile qui a encore aggravé la situation des Rohingyas, déjà privés depuis des décennies de citoyenneté et de nombreux droits fondamentaux. Dans les camps du Bangladesh voisin, les réductions de l’aide humanitaire et l’absence de perspectives de retour ou de réinstallation alimentent également les départs.
Face à cette situation, le HCR et l’OIM appellent à des efforts régionaux et internationaux « plus soutenus » afin de prévenir de nouvelles tragédies. Les deux organisations ont salué la « générosité remarquable » du Bangladesh, tout en réclamant un soutien international durable en faveur des réfugiés rohingyas et des communautés qui les accueillent.
En parallèle, elles affirment travailler avec les autorités de la région pour renforcer la protection des réfugiés, migrants et apatrides empruntant les principales routes migratoires d’Asie du Sud et d’Asie du Sud-Est, avec un objectif immédiat : empêcher que la mer ne continue d’engloutir ceux qui n’ont nulle part où aller.
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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