Vendredi, plusieurs ponts du sud de l’Iran, des installations portuaires, des voies ferrées et des infrastructures énergétiques figuraient parmi les cibles touchées lors d’une nouvelle vague de frappes américaines. Selon la presse, Téhéran a répliqué en revendiquant des attaques contre des installations situées dans plusieurs pays du Golfe accueillant des forces américaines, notamment au Koweït, au Qatar, à Bahreïn et à Oman.
Au fil des jours, la guerre s’éloigne des seuls objectifs militaires. Elle s’attaque désormais aux artères qui permettent aux États de fonctionner : routes, ports, réseaux d’approvisionnement, installations énergétiques et infrastructures liées au commerce maritime.
Selon les autorités koweïtiennes, une centrale électrique et une usine de dessalement ont été touchées lors de frappes iraniennes, provoquant des incendies et endommageant plusieurs générateurs. En Iran, les médias d’État ont fait état de frappes contre des ponts, une gare ferroviaire près de la base navale de Bandar Abbas et la tour de contrôle du port de Chabahar, sur le golfe d’Oman.
Le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient a confirmé avoir détruit cette tour de contrôle, qu’il présente comme faisant partie d’un réseau de surveillance maritime utilisé par les Gardiens de la révolution pour suivre le trafic dans le détroit d’Ormuz. Dans le même temps, l’armée américaine a indiqué avoir frappé des dizaines de cibles militaires iraniennes, notamment des sites de surveillance côtière, des capacités maritimes et des infrastructures logistiques.
Mais à mesure que les frappes se multiplient, la frontière entre objectif militaire et infrastructure civile devient plus difficile à distinguer.
L’inquiétude croissante de l’ONU
Depuis Shanghai, où il participait à une conférence mondiale sur l’intelligence artificielle, le Secrétaire général des Nations Unies a exprimé vendredi son inquiétude concernant cette évolution.
Dans un communiqué, António Guterres s’est dit « profondément préoccupé par la poursuite de l’escalade militaire entre l’Iran et les États-Unis ». Il s’est déclaré « particulièrement préoccupé par les attaques contre les infrastructures civiles en Iran et dans l’ensemble de la région », avant d’ajouter : « De telles attaques sont inacceptables ».
Le chef de l’ONU ne désigne aucun responsable, mais sa déclaration intervient alors que les deux camps sont accusés de viser des installations qui remplissent des fonctions civiles essentielles, même lorsqu’elles présentent également un intérêt stratégique ou militaire.
Le Secrétaire général a également réaffirmé qu’« il n’existe pas de solution militaire à ce conflit » et appelé à intensifier les efforts diplomatiques.
Le détroit d’Ormuz au cœur de la confrontation
Au-delà des destructions immédiates, c’est le contrôle de l’une des voies maritimes les plus stratégiques du monde qui continue d’alimenter l’escalade.
Vendredi, un pétrolier a été touché dans le détroit d’Ormuz, selon les médias. L’équipage n’a pas été blessé, mais l’incident illustre la vulnérabilité persistante du trafic maritime dans cette zone par laquelle transite une part essentielle du commerce mondial des hydrocarbures.
Depuis l’effondrement de la trêve conclue en juin, les attaques contre la navigation commerciale se sont multipliées. Les hostilités ont déjà fortement réduit le trafic dans le détroit, tandis que les prix du pétrole repartent à la hausse.
Aussi António Guterres a-t-il associé son appel à la désescalade à une exigence précise. Tout règlement durable devra inclure « le rétablissement complet des droits et libertés internationaux de navigation dans et autour du détroit d’Ormuz ».
Le chef de l’ONU place la liberté de navigation au même rang que le cessez-le-feu lui-même, signe que l’organisation voit désormais dans la sécurisation d’Ormuz non seulement un enjeu régional, mais une condition essentielle à la stabilité économique mondiale.
Une guerre qui déborde ses frontières
Lorsque les premières frappes américaines et israéliennes contre l’Iran ont déclenché la guerre, à la fin du mois de février, les affrontements semblaient concentrés sur les capacités militaires et nucléaires iraniennes. Quatre mois plus tard, le conflit s’étend bien au-delà.
Les frappes revendiquées par Téhéran visent désormais plusieurs États arabes alliés de Washington. Les infrastructures portuaires et logistiques deviennent des cibles. Les navires marchands se retrouvent pris dans la zone de danger. Les réseaux énergétiques sont exposés.
Dans le sud de l’Iran, où les températures dépassent les 38 degrés Celsius, les autorités ont même demandé aux habitants de réduire leur consommation d’électricité afin de soulager un réseau fragilisé.
Sur le terrain comme sur les marchés, les effets de la guerre se diffusent désormais loin des lignes de front. C’est ce glissement que le chef de l’ONU a voulu dénoncer avant qu’il ne devienne la nouvelle norme du conflit.
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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