Alors que, partout dans le monde, la plupart des filles en âge d’être scolarisées s’apprêtent à reprendre le chemin de l’école, en Afghanistan, c’est une tout autre date qui marque leur calendrier : quatre ans d’interdiction d’enseignement secondaire par les talibans.
Mais selon une enquête nationale publiée vendredi par ONU Femmes, 92 % des Afghans jugent « important » que les adolescentes poursuivent leur scolarité secondaire – un soutien massif qui transcende les clivages géographiques, de genre et d’origine sociale.
Dans les campagnes, l’agence onusienne militant pour l’égalité des sexes révèle que 87 % des hommes et 95 % des femmes défendent ce droit. En ville, la proportion atteint 95 % pour les deux sexes. Un plébiscite silencieux, qui contraste avec l’interdiction toujours imposée par les autorités de facto aux filles en âge de se rendre au collège et au lycée de poursuivre leur éducation.
Selon les données récentes de l’UNESCO, l’agence onusienne chargée de la défense de l’éducation, elles sont aujourd’hui près de 2,2 millions à être privées d’enseignement secondaire et supérieur, en raison de plus de 70 décrets talibans bafouant leur droit à l’éducation.
« C’est presque toujours la première chose que nous disent les filles : elles brûlent d’apprendre et réclament simplement une chance d’aller à l’école », confie Susan Ferguson, représentante spéciale d’ONU Femmes en Afghanistan. « Les familles expriment aussi le souhait que leurs filles puissent réaliser ce rêve. Elles savent que l’alphabétisation et l’éducation peuvent transformer le destin d’une enfant, dans un pays où la moitié de la population vit dans la pauvreté ».
Un quotidien de plus en plus contraint
L’enquête nationale menée par ONU Femmes, auprès de plus de 2.000 Afghans met aussi en lumière l’effet corrosif des restrictions accumulées. Dans les régions où l’interdiction pour les femmes de travailler pour des ONG est appliquée, 97 % d’entre elles disent en subir directement les conséquences dans leur vie quotidienne. Plus de la moitié des organisations humanitaires affirment ne plus pouvoir atteindre les bénéficiaires féminines avec des services pourtant vitaux.
Mené en coopération avec la mission politique de l’ONU en Afghanistan (MANUA) et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), l’enquête d’ONU Femmes dessine un paysage d’isolement et d’effacement. Trois quarts des Afghanes déclarent n’avoir aucune influence sur les décisions de leur communauté et la moitié n’en ont pas davantage au sein de leur famille élargie. Seules 41 % sortent de chez elles chaque jour, contre 88 % des hommes.
Entre désespoir et persistance
La charge mentale est écrasante : près des trois quarts des femmes, toutes régions confondues, décrivent leur santé psychologique comme « mauvaise » ou « très mauvaise ». Et pourtant, malgré la fermeture de l;espace public, 40 % continuent de croire qu’un avenir plus égalitaire reste envisageable.
Cette obstination, conjuguée au soutien quasi unanime de la population pour l’éducation des filles, révèle un fossé grandissant entre la société afghane et ses dirigeants. Tandis que le régime verrouille l’espace des femmes, les familles persistent à rêver d’un tableau noir, d’un cahier ouvert, d’une vie différente pour leurs filles.
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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