« Ils ne peuvent pas continuer comme ça sans un soutien et un appui financier urgents des États membres », a déclaré le chef de l’ONU lors d’une conférence d’annonces de contributions volontaires à l’UNRWA organisée à l’Assemblée générale des Nations Unies.

L’agence fait face à un déficit de trésorerie de 100 millions de dollars qui menace sa capacité à remplir son mandat dans la région. Malgré des mesures d’austérité et de réduction des coûts, l’UNRWA peine à maintenir ses services essentiels, alors que les besoins humanitaires ne cessent de croître.

Chaque année, les États membres se réunissent pour promettre leur soutien à l’agence. Toutefois, les fonds effectivement versés ne correspondent pas toujours aux montants annoncés, ce qui complique le fonctionnement de l’agence et l’a contrainte à réduire ses activités.

Ainsi, en 2025, les promesses de dons ont atteint 878 millions de dollars, mais l’UNRWA n’a reçu que 839 millions de dollars, une situation qui s’était déjà produite en 2024.

© PAM/ Maxime Le Lijour
Une grande partie de Gaza devra être reconstruite après la guerre avec Israël.

Principal fournisseur de soins de santé primaires à Gaza

À Gaza, où les conditions de vie sont « absolument catastrophiques », selon le Secrétaire général de l’ONU, les Palestiniens sont confrontés aux conséquences dévastatrices du conflit : munitions non explosées, eaux usées à ciel ouvert, infestations de rongeurs, maladies, températures extrêmes et déplacements massifs.

« Beaucoup dorment encore à la belle étoile ou se couchent le ventre vide », a-t-il souligné.

Depuis le cessez-le-feu annoncé en octobre dernier, plus d’un millier de Palestiniens auraient été tués dans des attaques israéliennes à Gaza, a rappelé António Guterres. Dans la bande de Gaza, l’UNRWA reste le principal fournisseur de soins de santé primaires, assurant notamment des campagnes de vaccination, des dépistages nutritionnels, des services d’eau et d’assainissement, ainsi qu’un soutien psychosocial et éducatif d’urgence.

Au-delà de Gaza, le Secrétaire général a également alerté sur la situation des réfugiés palestiniens en Cisjordanie occupée, au Liban, en Syrie et en Jordanie, confrontés à des conditions de vie extrêmement précaires.

Soutien à près de 6 millions de réfugiés

Créée en 1949 par l’Assemblée générale, l’UNRWA fournit aujourd’hui des services essentiels à près de 5,9 millions de réfugiés palestiniens enregistrés dans ses cinq zones d’opération : la Jordanie, le Liban, la Syrie, la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, et Gaza.

La Présidente de l’Assemblée générale des Nations Unies, Annalena Baerbock, a rappelé que l’agence n’était « jamais destinée à devenir permanente », son existence étant liée à la perspective d’un règlement politique fondé sur une solution à deux États (Israël et Palestine). Mais, a-t-elle ajouté, « c’est la réalité à laquelle nous sommes confrontés » : trois générations de réfugiés dépendent désormais de l’aide, de la protection et des services fournis par l’UNRWA.

L’agence soutient notamment 543.000 élèves dans 706 écoles et fournit chaque année plus de 7 millions de consultations médicales dans ses 140 centres de soins.

« Si l’UNRWA ne peut pas fonctionner, qui le fera à sa place ? », a interrogé Annalena Baerbock, appelant les gouvernements, les fondations, le secteur privé et les particuliers à augmenter leurs contributions.

Pressions politiques

L’UNRWA est également confrontée à de fortes pressions politiques et opérationnelles. António Guterres a dénoncé les campagnes de désinformation, les restrictions opérationnelles et les attaques visant l’agence, rappelant que plus de 390 employés de l’ONU avaient été tués à Gaza depuis l’attaque sanglante du Hamas dans le sud d’Israël en octobre 2023, suivie par une vaste opération militaire israélienne dans l’enclave palestinienne.

Malgré ces difficultés, l’UNRWA a renforcé ses mécanismes de neutralité et de responsabilité, notamment en mettant en œuvre les recommandations d’un examen indépendant dirigé par l’ancienne ministre française des Affaires étrangères Catherine Colonna.

Mais les réformes ne suffisent pas à elles seules, a insisté le chef de l’ONU, appelant à préserver une agence qu’il considère comme essentielle pour répondre aux besoins immédiats des réfugiés palestiniens et maintenir l’espoir d’une paix durable au Moyen-Orient.

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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