Selon l’agence onusienne, près de 1 500 de ces femmes devraient accoucher au cours des 30 prochains jours. Environ 1 500 autres restent dans le sud du Liban sans accès fiable à un personnel de santé qualifié ou à des structures d’accouchement sûres.

« Lorsque les maternités et les hôpitaux sont endommagés ou détruits, ce sont les femmes enceintes qui ne peuvent plus accéder à des services susceptibles de leur sauver la vie », a déclaré Anandita Philipose, représentante de l’UNFPA au Liban, lors d’un point de presse à New York.

Une nouvelle vague de déplacements

Les inquiétudes de l’UNFPA surviennent alors qu’une nouvelle vague de déplacements touche le pays.

Selon les Nations Unies, environ 200 000 personnes ont quitté la banlieue sud de Beyrouth après l’ordre d’évacuation émis le 1er juin par l’armée israélienne. Les autorités locales font également état du déplacement de 30 000 familles dans le gouvernorat du Sud et de 4 000 autres dans celui de Nabatiyé.

Près de 135 000 personnes sont désormais enregistrées dans des centres collectifs d’hébergement, qui deviennent de plus en plus surpeuplés, tandis que des milliers d’autres trouvent refuge dans les rues ou sur le littoral.

L’UNHCR est détenu par le HCR.
Au Liban, la détérioration des conditions de vie dans les centres d’hébergement accueillant les personnes déplacées expose davantage les femmes et les filles aux risques de violences basées sur le genre.

Des risques accrus pour les femmes et les filles

Le manque d’intimité, l’insuffisance de l’éclairage et des installations sanitaires inadéquates figurent parmi les signes de la détérioration des conditions de vie dans les centres d’hébergement accueillant les personnes déplacées, selon l’UNFPA. Ces conditions augmentent les risques de violences basées sur le genre, notamment pour les adolescentes, les femmes cheffes de ménage, les femmes enceintes et les personnes vivant avec un handicap.

L’agence poursuit ses activités de santé maternelle mobile, de soutien psychosocial et de protection avec ses partenaires locaux. Son appel d’urgence n’est toutefois financé qu’à hauteur de 30 %, et elle sollicite 25 millions de dollars afin de poursuivre ses opérations jusqu’au mois d’août.

« Réduire nos opérations signifierait priver plus de 75 000 femmes de services essentiels de protection contre les violences basées sur le genre, de gestion de cas et d’espaces sûrs au moment même où elles en ont le plus besoin », a averti Mme Philipose.

© HCR/Dar Al Mussawir (uniquement en anglais)
Destruction dans un quartier résidentiel de Tyr, au sud du Liban, le 31 mai 2026 à la suite d’une frappe aérienne israélienne.

La destruction complique les retours dans le sud

Pour de nombreux déplacés, les perspectives de retour restent limitées alors que les combats se poursuivent dans le sud du pays.

Selon le porte-parole de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL), Tilak Pokharel, les échanges de tirs se sont intensifiés ces derniers jours de part et d’autre de la Ligne bleue.

« Nous avons constaté davantage de trajectoires tirées par les deux parties », a-t-il indiqué dans un entretien accordé à Nancy Sarkis d’ONU Info.

Selon M. Pokharel, l’armée israélienne a progressé plus profondément à l’intérieur du territoire libanais et d’importantes destructions d’habitations et d’infrastructures civiles ont été observées dans le sud du pays.

« Cela a forcé les habitants à quitter leurs maisons et ils n’ont pas pu y retourner », a-t-il déclaré.

Le porte-parole a ajouté que « la plupart des bâtiments et autres infrastructures ont été démolis ou détruits » dans les secteurs situés à proximité de la Ligne bleue.

Ponts visés le long du Litani

La FINUL signale également d’importants obstacles aux déplacements dans la région.

Selon M. Pokharel, de nombreux ponts ont été visés le long du fleuve Litani, tandis que des barrages routiers et des mines compliquent les mouvements sur le terrain.

© FNUIL/Kandice Ardiel
Un casque bleu surveille la zone de Green Hill à Naqoura, au Liban.

« Les Casques bleus rencontrent de nombreux barrages routiers ainsi que des mines placées sur les routes. C’est une situation extraordinaire dans laquelle nous opérons », a-t-il expliqué.

Malgré ces difficultés, la mission continue d’escorter des convois humanitaires et de faciliter l’accès des organisations d’aide aux populations restées dans la zone.

Les Casques bleus eux-mêmes sont confrontés à des conditions difficiles. Depuis le début des hostilités le 2 mars, six d’entre eux ont perdu la vie dans l’exercice de leurs fonctions au Liban-Sud. Lors des récentes escalades, certaines positions de la mission sont restées plusieurs jours sans ravitaillement.

« Certains soldats se sont retrouvés sans nourriture, ou sans nourriture fraîche ni eau pendant plusieurs jours », a indiqué le porte-parole.

La FINUL a observé lundi une intensification des activités militaires israéliennes dans sa zone d’opérations. La mission a enregistré 70 violations de l’espace aérien libanais par l’armée israélienne, environ 24 frappes aériennes et 21 tirs de projectiles du nord vers le sud, présumés lancés par le Hezbollah. Elle a également recensé environ 826 trajectoires de projectiles tirés depuis des positions israéliennes situées au sud de la Ligne bleue. Selon l’ONU, il s’agit, pour le troisième jour consécutif, du niveau le plus élevé enregistré depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu du 17 avril.

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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