Des milliers de personnes fuient la banlieue sud de Beyrouth après de nouvelles menaces de frappes israéliennes, a alerté lundi le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).
« Les familles partent en voiture, à moto ou à pied, n’emportant que l’essentiel. Beaucoup retournent dans des abris. La peur et l’incertitude s’intensifient », a indiqué l’agence sur son compte X.
Ces nouveaux déplacements interviennent alors que le Conseil de sécurité des Nations Unies doit se réunir lundi après-midi à la demande de la France.
Selon la presse, Paris a sollicité cette réunion après une nouvelle escalade des combats dans le sud du Liban, marquée notamment par l’annonce par Israël de la prise de la forteresse de Beaufort, site stratégique surplombant la vallée du Litani et une partie du sud du Liban, notamment la région de Nabatiyé et la vallée de la Bekaa.
La crise au Liban s’inscrit dans un contexte de tensions régionales plus larges. Le conflit a éclaté le 2 mars, quelques jours après le début des frappes menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran, auxquelles le Hezbollah a répondu en tirant des projectiles contre Israël depuis le Liban.
Un cessez-le-feu négocié sous médiation américaine entre le Liban et Israël est entré en vigueur le 17 avril, sans toutefois être pleinement respecté par les deux parties. Prolongé à deux reprises, il a été reconduit une dernière fois le 16 mai pour une période de 45 jours.
« Le sud du Liban est en flammes »
La Coordinatrice spéciale des Nations Unies pour le Liban a lancé une mise en garde alarmante face à la détérioration rapide de la situation.
« Le sud du Liban est en flammes. Les routes de Beyrouth sont engorgées par des habitants qui fuient leurs foyers », a déclaré sur son compte X Jeanine Hennis.
« Les souffrances s’aggravent tandis que les deux camps s’accrochent à l’espoir d’une victoire. Mais l’escalade suit sa propre logique. Tenter de la contenir ou de la gérer est un pari à très haut risque, dont le prix est payé par des populations qui ont déjà trop perdu », a souligné la Coordinatrice.
Selon elle, l’escalade observée ces derniers jours et le durcissement du discours des deux côtés éloignent les perspectives d’une issue viable : de nouvelles frappes aériennes ou de drones ne conduiraient qu’à des « victoires à la Pyrrhus ».
« Le dialogue mérite une chance de réussir », a plaidé Mme Hennis.
Plus d’un million de déplacés et une faim grandissante
Près de trois mois après le début du conflit, plus d’un million de personnes demeurent déplacées à travers le Liban, a par ailleurs souligné le Programme alimentaire mondial (PAM).
Depuis le 2 mars, l’agence a fourni une aide alimentaire et financière d’urgence à plus de 700.000 personnes et distribué près de cinq millions de repas chauds. Mais les bombardements quotidiens et les ordres de déplacement continuent d’entraver l’accès humanitaire, plus de la moitié des convois demandés vers le sud du pays ayant été retardés ou annulés.
Le PAM estime également que 1,24 million de personnes pourraient être confrontées à une insécurité alimentaire aiguë entre avril et août 2026.
Alors que les prix des légumes ont augmenté de plus de 20 % et ceux du pain d’environ 15 %, l’agence indique avoir besoin de 112 millions de dollars pour maintenir ses opérations jusqu’à la fin de l’été. Sans financement suffisant et prévisible, sa capacité à poursuivre l’aide d’urgence pourrait être compromise.
Le patrimoine culturel également menacé
L’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) s’est dite profondément alarmée par les dommages vérifiés affectant la citadelle de Chama’ ainsi que par les frappes signalées à proximité du château de Beaufort, désormais au cœur des récents développements militaires dans le sud du Liban.
L’organisation s’est également déclarée préoccupée par l’état de conservation de Tyr, site du patrimoine mondial de l’UNESCO, rappelant que ces biens bénéficient du plus haut niveau de protection juridique en période de conflit.
Alors que les combats s’intensifient, les Nations Unies avertissent que les civils continuent de payer le prix le plus lourd de l’escalade, entre déplacements forcés, insécurité alimentaire croissante et accès humanitaire entravé.
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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