Le rapport de l’Institut pour l’eau, l’environnement et la santé de l’ONU note que la consommation en eau et en électricité des centres de données devrait être multipliée par deux d’ici 2030 en raison surtout de l’explosion de la demande pour l’intelligence artificielle (IA).

Les experts onusiens ont ainsi examiné l’eau requise pour produire l’électricité qui alimente les centres de données et l’IA. Aux Etats-Unis par exemple, chaque kWh requiert 5 litres d’eau et ce chiffre passe à 7 en France. Mais au Brésil, chaque kWh nécessite 29 litres, 21 litres en Suisse ou en Suède.

Systèmes de refroidissement 

D’après le rapport, en 2025, les centres de données ont consommé 4.500 milliards de litres d’eau, soit suffisamment pour répondre aux besoins de plus de 600 millions de personnes en Afrique subsaharienne. 

Selon ses auteurs, la consommation d’eau douce imputable à l’IA et aux centres de données pourrait atteindre entre 4,2 et 6,6 milliards de mètres cubes par an d’ici à 2027. 

À l’horizon 2030, ce chiffre pourrait grimper jusqu’à 9 milliards de m3 d’eau douce, soit l’équivalent des besoins annuels du 1,3 milliard de personnes qui vivent en Afrique subsaharienne.

Ce besoin en eau n’est pas anodin. Les centres de données ont recours à l’évaporation pour refroidir leurs serveurs : des tours de refroidissement humides aspirent d’immenses quantités d’eau qui se dissipent ensuite dans l’atmosphère.

« Le débat public considère encore souvent l’IA comme un logiciel, mais l’IA, ce sont aussi des centres de données, des réseaux de transmission, une production d’électricité et des systèmes de refroidissement », a déclaré Kaveh Madani, Directeur de l’institut et principal auteur du rapport. 

© Unsplash/Geoffrey Moffett
Un centre de données en Irlande.

Des requêtes qui pèsent sur la consommation d’électricité

Sur le plan énergétique, la trajectoire est tout aussi préoccupante. La consommation d’électricité des centres de données devrait tripler d’ici à 2030 par rapport aux niveaux de 2023, pour atteindre environ 945 térawattheures ((TWh) d’électricité. Cela représente près du triple de la consommation annuelle combinée d’électricité du Pakistan, du Bangladesh et du Nigéria – des pays qui, ensemble, comptent plus de 650 millions d’habitants.

D’après le rapport, en 2025, les centres de données ont consommé 448 TWh d’électricité dans le monde, soit plus que l’ensemble de l’Arabie saoudite. L’IA a représenté un cinquième de cette consommation.

« Ce qui nous a le plus surpris, c’est de constater à quel point les choix qui semblent les plus écologiques du point de vue des émissions de carbone finissent souvent par être les plus néfastes pour l’eau ou les sols », a déclaré le Dr Miriam Aczel, chercheuse à l’Institut de l’ONU.

La génération de vidéos, une crise environnementale émergente

Le rapport onusien souligne que l’entraînement de GPT-4, un modèle de langage pour l’IA développé par OpenAI, a consommé à lui seul entre 50 et 70 GWh, ce qui équivaut à la consommation annuelle d’électricité résidentielle de 460.000 personnes en Afrique subsaharienne.

ChatGPT traite à lui seul environ 2,5 milliards de requêtes par jour, ce qui correspond à environ 383 GWh d’électricité par an pour un seul produit, note le document qui évoque également « une crise environnementale émergente » au sujet de la génération de vidéos.

Une seule courte vidéo générée par IA peut consommer autant d’électricité que 200 000 classifications de spam. 

© Unsplash/Igor Omilaev
Les processeurs graphiques (GPU) sont utilisés pour entraîner des modèles d’IA en effectuant des opérations mathématiques complexes.

Une empreinte carbone mal évaluée

Par ailleurs, le rapport révèle que le coût environnemental de l’IA est systématiquement mal évalué et que son empreinte carbone est tributaire du type d’énergie utilisé pour faire fonctionner les centres de données.

En 2025, les centres de données, à l’échelle du monde, ont généré environ 189 millions de tonnes d’équivalent CO2, selon le rapport. D’ici 2030, ces émissions de CO2 s’élèveront à 399 millions de tonnes.

Sur un autre plan, le déploiement rapide de l’IA pourrait mettre à rude épreuve les ressources foncières déjà rares et créer des montagnes de déchets électroniques. L’empreinte foncière des centres de données devrait ainsi augmenter, passant de 6.900 kilomètres carrés en 2025 à plus de 14.500 kilomètres carrés d’ici 2030, indique encore le rapport.

Alors que le document alerte sur l’envolée des impacts environnementaux, le marché mondial de l’IA ne cesse de croitre. Il devrait passer de 189 milliards de dollars en 2023 à près de 5.000 milliards de dollars d’ici 2033, soit une multiplication par 25 en moins de dix ans.

Une feuille de route pour la durabilité et l’équité

Face à cette expansion, le rapport préconise un cadre de gouvernance fondé sur six principes. Cet « écosystème d’IA responsable » va reposer sur la transparence, l’efficacité dès la conception, l’équité et la justice environnementale.

Il mise aussi sur la responsabilité tout au long du cycle de vie, la coopération mondiale et l’utilisation durable, avec des responsabilités spécifiques attribuées à l’ensemble des acteurs de l’écosystème de l’IA.

Et cette feuille de route pour la durabilité et l’équité devrait engager tout le monde, notamment les fabricants d’ordinateurs, les créateurs de modèles de langage, les chercheurs en sobriété énergétique, les organisations non gouvernementales, les médias, sans oublier les institutions politiques et de régulation et les utilisateurs, particuliers comme entreprises.

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

To submit your press release: (https://www.globaldiasporanews.com/pr).

To advertise on Global Diaspora News: (www.globaldiasporanews.com/ads).

Sign up to Global Diaspora News newsletter (https://www.globaldiasporanews.com/newsletter/) to start receiving updates and opportunities directly in your email inbox for free.