Dans une nouvelle évaluation sans concession, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) a marqué mercredi la Journée mondiale de l’aide humanitaire en avertissant que 907 travailleurs humanitaires avaient été victimes de violences l’année dernière, alors qu’ils s’acquittaient simplement de leur mission vitale face à un danger croissant dans les zones de conflit.
Le nombre de décès a baissé en 2025 mais est resté à un niveau historiquement élevé, avec 350 membres du personnel humanitaire tués – le deuxième bilan le plus lourd jamais enregistré.
La tendance générale à la violence ne montre aucun signe d’apaisement cette année, avec 322 travailleurs humanitaires supplémentaires blessés et 235 enlevés à ce jour, selon la base de données sur la sécurité des travailleurs humanitaires de « Humanitarian Outcomes », financée par les gouvernements australien et canadien.
Dans son message à l’occasion de cette journée, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a rendu hommage aux travailleurs humanitaires du monde entier, qui sont confrontés à des menaces, à des arrestations et à des détentions. « La désinformation sape la confiance. Les financements humanitaires sont réduits. Et l’accès humanitaire est restreint », a-t-il déclaré, appelant les États membres à les défendre, tout comme eux-mêmes défendent les millions de personnes qui comptent sur leur aide à travers le monde.
Gaza reste la zone la plus meurtrière
Malgré la proclamation d’un cessez-le-feu en octobre dernier, Gaza est restée en 2025, pour la troisième année consécutive, la zone la plus meurtrière pour les travailleurs humanitaires, avec 186 morts, dont 68 % ont été victimes de bombardements aériens.
Au Soudan, la poursuite d’un conflit intense a entraîné une hausse du nombre de victimes pour la cinquième année d’affilée, avec un nombre record de 71 travailleurs humanitaires tués, principalement par des tirs d’armes légères.
Parmi les autres zones à forte insécurité en 2025 figuraient l’Ukraine, l’Éthiopie, la Syrie, Haïti, le Tchad et le Cameroun, où les formes de violence les plus courantes étaient les enlèvements et les bombardements aériens.
Depuis le début de l’année 2026, 82 travailleurs humanitaires ont été tués, 97 blessés et 39 enlevés à travers le monde.
« Plus de 1.000 travailleurs humanitaires ont été tués en seulement trois ans, ce qui est tout à fait inacceptable », a affirmé Tom Fletcher, Coordinateur des affaires humanitaires et des secours d’urgence des Nations Unies.
« Mais le simple fait de dénoncer cette situation ne suffira pas à protéger le prochain travailleur humanitaire. Les États doivent faire respecter le droit international humanitaire et utiliser tous les moyens à leur disposition pour protéger les civils et nos collègues. Et pour ceux qui enfreignent les règles, il doit y avoir de réelles conséquences », a-t-il ajouté.
La mort venue du ciel
Les organisations humanitaires sont également confrontées à un champ de bataille en pleine mutation, où des drones armés, peu coûteux et adaptables, mettent des moyens meurtriers entre les mains d’un plus grand nombre de personnes et permettent aux attaques à l’explosif de pénétrer plus profondément dans les villes.
Au Soudan, les drones armés ont été à l’origine de 80 % des décès de civils au cours des quatre premiers mois de 2026, frappant notamment des marchés et des établissements de santé, selon l’OCHA.
En Ukraine, les drones ont tué 80 civils rien qu’au mois d’avril de cette année. En Russie, des attaques de drones ont également fait des victimes parmi la population civile et endommagé des infrastructures civiles.
En Colombie, les attaques impliquant des drones armés ont quadruplé entre 2024 et 2025.
Les travailleurs humanitaires sont de plus en plus exposés à cette même menace. Le personnel de santé et les travailleurs humanitaires sont de plus en plus souvent pris pour cible. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déjà recensé 639 attaques contre des structures de santé cette année.
En mars dernier, un travailleur humanitaire a été tué lorsqu’un drone a frappé un immeuble résidentiel en République démocratique du Congo (RDC). En Ukraine, quatre convois humanitaires ont été touchés par des attaques en l’espace d’une seule semaine en mai.
« Les drones armés sont devenus le nouveau visage d’un vieux danger : la destruction délibérée ou imprudente de vies civiles », a déclaré M. Fletcher. « La technologie peut évoluer, mais les lois de la guerre, elles, ne changent pas. »
Des travailleurs humanitaires dispensent des soins médicaux dans un centre soutenu par l’UNICEF au Soudan.
Les sacrifices des travailleurs humanitaires
La campagne de la Journée mondiale de l’aide humanitaire de cette année, « Agir pour l’Humanité », met l’accent sur les personnes qui se cachent derrière les statistiques.
À travers des entretiens avec leurs proches, la campagne raconte l’histoire des travailleurs humanitaires tués alors qu’ils venaient en aide à autrui, ainsi que celle des familles qu’ils ont laissées derrière eux.
Après avoir survécu à une attaque d’un groupe armé en juin 2024 dans l’est de la RDC, Emmanuel Madragule a repris le chemin du terrain. « Je ne peux pas abandonner mes collègues comme ça. Je dois rester avec eux », a-t-il confié à l’ONU, porté par le souvenir de l’aide qui avait sauvé son oncle blessé par balle en 2008. (Lire son témoignage ici)
Son histoire met en lumière les risques croissants et les sacrifices auxquels sont confrontés les travailleurs humanitaires en RDC.
Le droit international humanitaire impose aux parties à un conflit armé de protéger les civils et de respecter le personnel humanitaire qui œuvre pour leur venir en aide.
Les organisations humanitaires s’efforcent cette année de venir en aide à 87 millions de personnes confrontées aux besoins les plus pressants à travers le monde.
En mémoire de l’hôtel Canal
Cette journée internationale est célébrée chaque année le 19 août, date anniversaire de l’attentat à la bombe perpétré en 2003 contre l’hôtel Canal à Bagdad, en Iraq.
Vingt-deux membres du personnel onusien ont perdu la vie, dont le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU pour l’Irak, Sergio Vieira de Mello.
Cinq ans plus tard, l’Assemblée générale des Nations Unies a désigné le 19 août comme Journée mondiale de l’aide humanitaire. Cette année, les Nations Unies exhortent les décideurs à #Agirpourl’humanité.
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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