Selon la dernière analyse de la Classification intégrée de la sécurité alimentaire (IPC), il s’agit de l’un des niveaux d’insécurité alimentaire aiguë les plus élevés au monde à l’heure actuelle. 

Par ailleurs, 2,5 millions de personnes se trouvent en situation d’urgence (phase 4 de l’IPC) et 5,3 millions en situation de crise (phase 3).

« Depuis le début de l’année, nous avons constaté une recrudescence significative des conflits dans les États de Jonglei et du Haut-Nil, ainsi que des blocages répétés qui entravent nos tentatives d’accéder aux populations de ces régions », a déclaré Ross Smith, Directeur des urgences du Programme alimentaire mondial (PAM).

73.000 personnes menacées par la famine

Parmi les personnes qui devraient être en situation d’insécurité alimentaire aiguë, 73.300 sont confrontées à une situation de catastrophe (phase 5 de l’IPC), le niveau le plus grave d’insécurité alimentaire aiguë. Cela représente une « hausse spectaculaire de 160 % » par rapport à la dernière estimation des Nations Unies. 

Les agences onusiennes mettent en garde contre un risque crédible de famine dans quatre comtés des États du Haut-Nil et de Jonglei. Les communautés touchées par le conflit ont été coupées de l’approvisionnement alimentaire, des marchés et des services essentiels, dans un scénario catastrophe marqué par l’escalade du conflit, de nouveaux déplacements de population et un accès humanitaire restreint. 

Le rapport prévoit que 11 comtés des États du Haut-Nil, d’Unity et de Jonglei seront confrontés à une situation de malnutrition aiguë de niveau 5 (extrêmement critique). L’aide humanitaire est en cours de renforcement dans certaines zones, mais sa couverture reste inégale, certaines communautés restant inaccessibles et ne recevant que peu ou pas d’aide, selon l’ONU.

MINUSS
Des femmes et des enfants se rassemblent à Poktap, une zone touchée par le conflit dans l’État de Jonglei, au Soudan du Sud.

2,2 millions d’enfants malnutris

« Nous sommes désormais engagés dans une course contre la montre pour accélérer et intensifier nos livraisons vers les zones reculées, en prévision d’une saison des pluies précoce », a ajouté M. Smith.

Chez les enfants, la situation nutritionnelle n’a cessé de se détériorer. A l’heure actuelle, 2,2 millions d’enfants âgés de 6 mois à 5 ans souffrent de malnutrition aiguë, soit une augmentation de 100.000 cas par rapport à il y a six mois. 

D’ici la fin du mois de juillet de cette année, on estime que 700.000 enfants seront touchés par la malnutrition aiguë sévère, la forme la plus mortelle. De même, 1,2 million de femmes enceintes et allaitantes souffrent de malnutrition aiguë, ce qui expose les mères et les nourrissons à un risque accru.

« Nous assistons à une spirale mortelle. Chaque jour de retard dans l’accès humanitaire et la livraison de l’aide est un jour où la vie et l’avenir d’un enfant sont en jeu », a mis en garde Lucia Elmi, Directrice des opérations d’urgence du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF). 

La malnutrition aiguë est exacerbée par le manque d’accès aux services de santé et de nutrition, les établissements ayant été endommagés ou fermés en raison du conflit.

Conflits, climat et effondrement économique

Plus largement, la crise est alimentée par l’escalade du conflit, les déplacements massifs de population, le déclin économique, les chocs climatiques, les inondations et une production agricole inférieure à la capacité, autant de facteurs qui réduisent la disponibilité alimentaire et limitent l’accès des familles à une alimentation suffisante. 

Dans le seul État de Jonglei, près de 300.000 personnes ont été déplacées, laissant de nombreuses communautés coupées de l’aide humanitaire.

Face à l’ampleur de la crise, les agences humanitaires appellent à une mobilisation urgente pour éviter une aggravation irréversible de la situation.

« Un financement soutenu pour l’aide alimentaire, les programmes nutritionnels, l’eau potable et l’assainissement, ainsi que les services de santé, est essentiel pour empêcher une nouvelle détérioration de la situation », ont insisté les agences, relevant que « sans une intervention rapide et à grande échelle, la population du Soudan du Sud risque de faire face à une catastrophe humanitaire irréversible ».

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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