« Les opérations de sécurité, aussi importantes soient-elles, ne sont que la première étape », a-t-il déclaré lors d’une réunion ministérielle du Groupe consultatif spécial du Conseil économique et social de l’ONU (ECOSOC) sur Haïti. « Le véritable test est de savoir si nous pouvons préserver ces acquis et les traduire en changements durables pour la population haïtienne ».
La Force de répression des gangs est basée au camp Vertières à Port-au-Prince, la capitale haïtienne.
« Un peuple qui ne peut plus attendre »
Le Premier ministre haïtien Alix Didier Fils-Aimé a lui aussi appelé à accélérer les efforts pour rétablir la sécurité et permettre aux Haïtiens de reprendre une vie normale.
« Il y a un peuple. Un peuple qui ne peut plus attendre », a-t-il déclaré. « Un peuple qui attend de retrouver la sécurité, de rentrer chez lui pour travailler, d’envoyer ses enfants à l’école et de choisir librement ses dirigeants ».
Environ 6,4 millions de personnes ont actuellement besoin d’une aide humanitaire en Haïti et près de 1,5 million sont déplacées. Les gangs contrôlent de vastes zones de Port-au-Prince ainsi que des axes de transport stratégiques, entravant l’accès aux services essentiels et à l’aide humanitaire.
M. Fils-Aimé a également insisté sur la nécessité de s’attaquer aux flux d’armes, de munitions et aux réseaux criminels transnationaux qui alimentent la violence. « La sécurité d’Haïti […] dépend de notre capacité collective à combattre les flux illicites qui alimentent la violence », a-t-il affirmé.
Le Premier ministre haïtien Alix Didier Fils-Aimé prend la parole lors d’une réunion sur Haïti au siège des Nations Unies à New York.
De la sécurité aux services publics
Alors que le Conseil de sécurité de l’ONU doit examiner avant la fin du mois le renouvellement du mandat de la Force de répression des gangs (FRG), M. Ruiz Massieu a insisté sur la nécessité de maintenir l’unité internationale autour de cette force et d’accélérer son déploiement.
Autorisée par le Conseil de sécurité fin 2025, la FRG mène des opérations anti-gangs aux côtés des forces haïtiennes. Elle vise à réduire la capacité des groupes armés, sécuriser les principaux axes routiers et permettre à l’État de réaffirmer son autorité. Elle ne compte toutefois que 1.083 effectifs sur le terrain, contre 5.500 autorisés, a précisé le responsable de l’ONU.
Mais la sécurité ne peut, à elle seule, stabiliser le pays.
Lorsqu’une zone redevient accessible, « l’État et les services de base doivent suivre », a expliqué M. Ruiz Massieu : police, autorités locales, écoles, justice et activité économique. Sans ce retour de l’État, « le vide demeure et les gangs ont la possibilité de revenir ».
Le Premier ministre a souligné que « Haïti doit, à terme, reposer sur les capacités de l’État haïtien », tout en indiquant que le pays renforçait ses forces de sécurité en recrutant et en formant davantage de policiers et de soldats.
« Sortir de la violence »
Autre priorité : empêcher les gangs de recruter et de reconstituer leurs rangs, notamment en tarissant les flux d’armes et de munitions qui alimentent les violences.
Le désarmement, démantèlement et réintégration (DDR) doit donc être engagé parallèlement aux opérations de sécurité, a estimé le responsable de l’ONU. L’objectif est notamment de créer des voies crédibles pour ceux qui souhaitent quitter la violence, avec des dispositifs spécifiques pour les enfants.
La protection des enfants a occupé une place particulière dans les discussions. « Protéger les enfants contre la violence et le recrutement par des gangs, tout en offrant des voies de sortie sûres aux enfants associés à des groupes armés, doit être une priorité dans l’ensemble de nos efforts », a souligné Amar Bendjama, président de l’ECOSOC.
« Ils ont besoin d’accéder à la protection, à l’éducation et aux services essentiels. Ils ont également besoin d’opportunités pour se bâtir un avenir sûr et protégé », a-t-il ajouté.
M. Fils-Aimé a également indiqué que deux unités judiciaires haïtiennes spécialisées contribuent à lutter contre l’impunité, la criminalité financière, les atrocités de masse et les violences sexuelles.
À Port-au-Prince, la capitale haïtienne, les habitants font la queue pour obtenir de l’aide humanitaire.
La sécurité, condition des élections
Ces efforts doivent enfin ouvrir la voie au retour à une vie politique normale. Le processus électoral est en cours, mais son rythme dépendra largement de l’instauration de conditions minimales de sécurité.
La réouverture des routes stratégiques, le rétablissement de la présence de l’État et la liberté de circulation sont donc aussi des conditions nécessaires à la tenue d’une véritable vie démocratique.
Selon le calendrier annoncé par le Conseil électoral provisoire, le premier tour des élections présidentielle et législatives, ainsi qu’une révision constitutionnelle, est prévu le 13 décembre 2026, sous réserve notamment d’un climat sécuritaire acceptable et de ressources suffisantes.
Pour M. Ruiz Massieu, sécurité, DDR, justice et élections doivent avancer ensemble. « Sans voies crédibles pour sortir de la violence, les gains sécuritaires resteront fragiles ; sans justice, le DDR risque d’être perçu comme une voie vers l’impunité ; et sans progrès politique, aucun de ces acquis ne pourra finalement durer ».
Il a appelé la communauté internationale à saisir « cette fenêtre d’opportunité », notamment à travers le nouveau Fonds fiduciaire multipartenaires destiné à mobiliser et coordonner les ressources en soutien aux priorités définies par les autorités haïtiennes.
« Elle doit être saisie », a-t-il insisté.
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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