Les flux illicites d’armes à feu et de munitions « continuent de renforcer et de donner du pouvoir aux gangs armés » en Haïti, a alerté le HCDH.

Le 24 août, un gang opérant dans la capitale, Port-au-Prince, aurait diffusé sur les réseaux sociaux des images montrant une nouvelle livraison d’armes en provenance de l’étranger, alors même que l’embargo imposé par l’ONU est en vigueur depuis 2022.

Ces trafics alimentent directement la capacité d’action des groupes armés. Dans un rapport publié en mars 2025, le HCDH estimait entre 270.000 et 500.000 le nombre d’armes à feu circulant illégalement dans le pays, dont la plupart seraient détenues par des groupes armés.

Appliquer l’embargo

De plus en plus sophistiquées, ces armes ne sont pas fabriquées en Haïti. Elles arrivent de l’étranger et contribuent à « alimenter un cycle de violence destructeur ».

Le HCDH appelle donc tous les acteurs concernés à appliquer strictement les réglementations nationales et internationales en matière de contrôle des armes et à faire respecter l’embargo décrété par l’ONU à l’encontre d’Haïti.

« Une récente attaque armée à Kenscoff, une commune située dans la banlieue de Port-au-Prince, rappelle de manière crue la brutalité persistante de la violence des gangs qui s’abat sur les populations locales et déplacées en Haïti », a déclaré Marta Hurtado, porte-parole du HCDH, lors du point de presse régulier de l’ONU à Genève.

Au moins 47 morts à Kenscoff

Selon le Bureau des droits de l’homme de l’ONU, au moins 47 personnes ont été tuées lors de l’attaque du 23 août, dont trois garçons et deux filles. Vingt-deux autres personnes ont été blessées et plus de 52 ont été enlevées.

Dans la soirée, quelque 150 membres de gangs lourdement armés ont pris d’assaut plusieurs localités proches du centre de Kenscoff et ouvert le feu sur des habitants qui tentaient de fuir, tuant au moins 13 personnes.

Les assaillants ont ensuite poursuivi plus de 50 habitants qui s’étaient réfugiés dans une église protestante. Après les avoir forcés à sortir, ils en ont exécuté 22 dans la cour de l’église et 12 autres derrière le bâtiment.

« Dans un enregistrement audio diffusé sur les réseaux sociaux le 24 août, le gang a menacé de les exécuter si les opérations de sécurité menées à son encontre se poursuivaient », a précisé Mme Hurtado.

© UNICEF/ Héraut Joseph
La violence armée continue de provoquer des déplacements massifs de population à travers Haïti.

1.400 morts en trois mois

L’attaque de Kenscoff intervient alors que les Haïtiens continuent de subir de graves violations des droits humains et des exactions commises dans le contexte des violences des gangs.

Entre le 1er avril et le 30 juin, le Service des droits de l’homme du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) a recensé 1.408 personnes tuées et 656 blessées dans des violences liées aux gangs.

Au cours de cette même période, 326 personnes ont été victimes de violences sexuelles, un chiffre qui, selon l’ONU, pourrait être largement sous-estimé.

Pour les services du Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Volker Türk, des enquêtes indépendantes et impartiales doivent être menées sur les allégations de violations et d’atteintes aux droits humains.

Le HCDH appelle également à accélérer le déploiement de la Force de répression des gangs (GSF) afin de lutter contre la violence des groupes armés, « dans le strict respect du droit international des droits de l’homme et des normes internationales », a conclu Marta Hurtado.

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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