Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Centre satellitaire des Nations Unies (UNOSAT), la superficie agricole disponible pour la culture a diminué de plus d’un quart depuis le cessez-le-feu d’octobre 2025, alors que l’accès aux terres reste fortement restreint.
D’après cette analyse géospatiale, fondée sur des données recueillies fin juin 2026, la superficie agricole à la fois exploitable et non endommagée est passée de 601 hectares en octobre 2025 à seulement 448 hectares fin juin 2026, soit une baisse de 25,5 %.
À l’échelle de l’enclave, 27 % des terres agricoles restent physiquement accessibles, mais la quasi-totalité de ces surfaces ont subi d’importants dégâts et nécessitent de lourds travaux de réhabilitation.
Le recul de la superficie effectivement exploitable tient principalement à la diminution de l’accès aux terres depuis le cessez-le-feu d’octobre 2025, notamment avec l’extension vers l’ouest de la « ligne jaune », qui sépare la zone du cessez-le-feu de celle contrôlée par l’armée israélienne.
La plupart des terres agricoles de la bande de Gaza ont été détruites par le conflit.
Un secteur agricole toujours plus fragilisé
« La perte d’accès aux terres agricoles réduit encore davantage l’espace dont disposent les agriculteurs pour produire de la nourriture, même là où les infrastructures agricoles restent physiquement intactes », a déclaré Rein Paulsen, directeur du Bureau des situations d’urgence et de la résilience de la FAO.
Les serres sont elles aussi touchées. Leur superficie accessible et intacte s’établit désormais à 224 hectares, soit 16,6 % du total, contre 226 hectares, ou 17,3 %, en octobre. Deir al-Balah figure parmi les zones les plus affectées.
Plus largement, l’évaluation dresse un tableau sombre de la détérioration continue du secteur agricole à Gaza. Elle montre que c’est avant tout la réduction de l’accès aux terres, plutôt que l’aggravation des dégâts matériels, qui explique la diminution de la superficie agricole disponible depuis octobre 2025.
C’est à Rafah que l’inaccessibilité est la plus importante : 97,2 % des terres cultivées et 98,4 % des serres sont inaccessibles. Les dégâts matériels les plus importants restent concentrés dans les gouvernorats du nord de Gaza et de Gaza.
« Sans une action urgente visant à rétablir un accès sûr et à fournir aux agriculteurs le soutien dont ils ont besoin, les chances de rétablir la production alimentaire locale continueront de s’amenuiser », a ajouté M. Paulsen.
À Gaza, un berger nourrit ses chèvres avec des aliments fournis par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
Pénuries critiques
À ces restrictions s’ajoutent de graves pénuries d’intrants agricoles. Les agriculteurs peinent notamment à se procurer des semences, des engrais, du matériel d’irrigation, du carburant et d’autres moyens de production.
Les éleveurs rencontrent également des difficultés pour obtenir des aliments pour animaux, des fournitures vétérinaires et des services de santé animale. Les intrants disponibles à Gaza sont en outre limités, souvent de qualité moindre et à des prix devenus inabordables pour de nombreux ménages agricoles.
Avant le déclenchement de la guerre en octobre 2023, l’agriculture représentait près de 10 % de l’économie de Gaza et faisait vivre plus de 560.000 personnes.
Face à cette situation, la FAO appelle à une action urgente et durable pour rétablir la production agricole dans l’enclave. Elle demande notamment de garantir aux agriculteurs un accès sûr à leurs terres, de faciliter l’entrée des intrants essentiels et de soutenir la remise en état des terres endommagées.
« Un accès sûr et sans entrave aux terres agricoles, un accès fiable aux intrants de production et des investissements soutenus sont essentiels pour reconstruire le système agroalimentaire de Gaza, renforcer la production alimentaire locale et rétablir les moyens de subsistance liés à l’agriculture », insiste l’agence onusienne.
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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