Les indicateurs de la faim s’améliorent légèrement à Gaza, mais les moyens pour y répondre diminuent. Confronté à un déficit de financement, le PAM a déjà réduit son aide en espèces dans l’enclave palestinienne et s’apprête à diviser par deux son assistance alimentaire en Cisjordanie, où les besoins ont plus que doublé depuis 2023.
Le paradoxe est particulièrement préoccupant à Gaza. Selon le PAM, les récentes améliorations enregistrées par le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) ne doivent pas donner « un faux sentiment de sécurité ». Les deux tiers de la population vivent toujours dans une situation de crise ou d’urgence alimentaire. Sans maintien de l’aide humanitaire, jusqu’à 90 % des habitants pourraient être confrontés à des niveaux élevés d’insécurité alimentaire d’ici à la fin de l’année.
Or les ressources disponibles se contractent. En juillet, le PAM avait déjà réduit de 40 % l’aide en espèces versée à 375 000 personnes à Gaza. Faute de nouveaux financements, d’autres coupes sont attendues. L’agence, dont 1,5 million d’habitants de l’enclave dépendent actuellement, estime avoir besoin de 386 millions de dollars supplémentaires au cours des six mois à compter de septembre pour venir en aide à environ deux millions de personnes à Gaza et en Cisjordanie.
La farine de blé enrichie du PAM est distribuée aux familles palestiniennes les plus vulnérables de Gaza et de Cisjordanie (archives)
En Cisjordanie, des besoins qui ont doublé
La Cisjordanie est désormais directement touchée par ces restrictions budgétaires. Le PAM va y réduire de moitié son aide alimentaire alors que près de 900 000 personnes sont en situation d’insécurité alimentaire et que les besoins ont plus que doublé depuis 2023.
La dernière analyse trimestrielle de l’agence montre que les trois quarts des ménages ont subi une baisse significative de leurs revenus. « La recrudescence des violences commises par les colons et les déplacements de population perturbent les moyens de subsistance, aggravent la faim et plongent davantage les familles dans la crise », a déclaré mardi à Genève Shaun Hughes, représentant du PAM dans les territoires palestiniens occupés.
À Gaza, les difficultés financières se doublent de restrictions persistantes sur l’acheminement de l’aide et de l’insécurité sur le terrain. « Les frappes aériennes et les bombardements se sont multipliés ces derniers jours, y compris ce matin. Les entrepôts du PAM ont été touchés et endommagés dans de nombreuses zones », a indiqué M. Hughes. À proximité de la « ligne jaune », associée au contrôle militaire israélien, l’accès aux terres agricoles et aux habitations reste fortement entravé.
Le PAM demande notamment que davantage de marchandises puissent entrer dans l’enclave. « Le PAM appelle les autorités israéliennes à autoriser l’entrée de ces produits en quantités suffisantes, par les voies appropriées et sans plus tarder », a ajouté son représentant.
Ibrahim Ibrahim Abdel Nabi, un Palestinien déplacé à Gaza, marchant avec une prothèse faite à la main, soutenu par sa femme.
L’eau, autre menace sanitaire
À la précarité alimentaire s’ajoute une dégradation rapide de l’accès à l’eau. À Gaza, les habitants dépendent largement de camions-citernes et doivent parfois faire la queue dans les rues pour obtenir des quantités qui restent insuffisantes.
« Alors que nous ne parvenons pas à leur fournir les quantités minimales d’eau nécessaires, la qualité de l’eau et sa contamination restent un problème majeur », a expliqué, depuis Gaza, la Dre Reinhilde Van De Weerdt, de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Les analyses de l’OMS témoignent d’une nette détérioration. Parmi plus de 6 700 échantillons d’eau prélevés entre janvier et août, la proportion présentant une contamination microbiologique est passée de moins de 6 % à plus de 18 %. Parallèlement, le nombre de cas de diarrhée aqueuse aiguë est passé d’environ 27 000 en mars à plus de 48 000 en août.
L’arrivée des pluies pourrait encore accroître les risques. « Des montagnes de déchets, hautes de plusieurs mètres, continuent de présenter des risques sanitaires. Les égouts débordent dans toute la bande de Gaza », a averti la Dre Van De Weerdt. Dans les sites surpeuplés, les inondations pourraient mêler eaux usées, déchets et eau contaminée autour des abris de fortune.
Le système de santé est d’autant plus vulnérable que l’entrée de certains matériels de laboratoire et de diagnostic, notamment des réactifs de dépistage, reste interdite, selon l’OMS.
Des Palestiniens font la queue en attendant un camion de livraison d’eau potable.
Des milliers d’amputés toujours sans prothèse
Les restrictions affectent également la prise en charge à long terme des blessés. Depuis mai 2024, aucun équipement prothétique ou de rééducation de l’OMS n’est entré à Gaza. En juillet 2026, seuls 12 % des 4 600 amputés recensés depuis octobre 2023 avaient reçu une prothèse acheminée par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).
Plus de 6 600 personnes ont désormais besoin d’une réadaptation à long terme ainsi que d’équipements prothétiques ou orthétiques, selon l’OMS. Depuis 2024, environ 60 % des 32 000 aides techniques jugées nécessaires ont pu entrer dans l’enclave, mais leur acheminement continue d’être ralenti par les procédures administratives.
Face à l’accumulation de ces besoins, l’OMS réclame de « permettre l’entrée sans entrave et accélérée de médicaments et de fournitures essentiels à grande échelle ». Une exigence qui rejoint celle du PAM : au moment où les besoins restent considérables, l’aide disponible risque, elle, de reculer.
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
To submit your press release: (https://www.globaldiasporanews.com/pr).
To advertise on Global Diaspora News: (www.globaldiasporanews.com/ads).
Sign up to Global Diaspora News newsletter (https://www.globaldiasporanews.com/newsletter/) to start receiving updates and opportunities directly in your email inbox for free.


























