La maladie continue de progresser et suscite de nouvelles inquiétudes quant à son impact sur les enfants. Selon l’UNICEF, l’Ouganda a enregistré 19 cas confirmés et deux décès, tandis que la République démocratique du Congo (RDC) recense 676 cas confirmés, dont 136 décès.
De retour de Bunia, l’un des épicentres de l’épidémie en Ituri, le Dr Douglas Noble, responsable mondial de l’UNICEF pour les urgences de santé publique et la gestion des incidents liés à Ebola, a averti que l’évolution de l’épidémie pourrait bientôt entraîner davantage de cas chez les enfants.
« À mesure que l’épidémie évolue, nous devons nous préparer à une augmentation des transmissions au sein des ménages, ce qui signifie que nous pourrions voir davantage d’enfants touchés dans les jours à venir », a-t-il déclaré.
Une perspective particulièrement préoccupante dans une région où plus de la moitié des enfants de moins de cinq ans souffrent déjà de malnutrition chronique et où plus d’un sur cinq n’a jamais reçu ses premiers vaccins de routine, signe d’un accès limité aux soins de santé.
L’épidémie continue de s’étendre
Cette alerte de l’UNICEF survient alors que le virus continue de gagner du terrain, avec une hausse du nombre de cas et une propagation à de nouvelles zones géographiques.
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la grande majorité des infections se concentre dans la province de l’Ituri (nord-est), mais des cas ont désormais été recensés dans 34 zones de santé réparties entre l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. Ces zones s’étendent d’Aru, au nord, à Miti Murrhesa, au sud, soit plus de 1 000 kilomètres, a indiqué l’OMS.
« Presque chaque jour, de nouveaux cas sont recensés dans de nouvelles zones sanitaires. Cela reflète bien l’ampleur de cette épidémie, une ampleur bien plus importante que ce qui est actuellement détecté, ainsi que la grande mobilité de la population dans cette région de la RDC « , a alerté devant la presse à Genève, Olivier le Polain, chef de l’unité Épidémiologie et analyse pour les interventions de l’OMS.
Une équipe de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) répond à l’épidémie d’Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).
Des « zones d’ombre » sur l’ampleur réelle de l’épidémie
S’exprimant depuis Beni, dans le Nord-Kivu, le Dr Polain note que la situation s’améliore au sujet du traçage des contacts.
« Nous atteignons désormais un peu plus de 70% des contacts correctement tracés, ce qui représente une nette amélioration par rapport à la situation d’il y a une ou deux semaines ».
Toutefois, « il existe de nombreuses zones d’ombre » dans l’épidémie d’Ebola, a averti le responsable de l’OMS, suggérant que la propagation de la maladie mortelle pourrait être bien plus vaste que ne l’indiquent les estimations officielles.
« Nous avons encore des angles morts dans certaines zones à haut risque. L’ampleur réelle de l’épidémie n’est pas encore clairement établie, mais nous y verrons plus clair à mesure que la surveillance et les capacités de dépistage s’amélioreront », a-t-il détaillé.
Selon l’agence sanitaire mondiale de l’ONU, une meilleure visibilité sera obtenue à mesure que la surveillance, le traçage des contacts et les capacités de dépistage continueront d’être renforcés, notamment au Nord-Kivu. Par exemple, à Beni, un laboratoire a été mis en place hier jeudi, avec une capacité de plus de 500 tests par jour. « Cela permettra également de mieux cerner l’ampleur de l’épidémie à Beni. »
Méconnaissance d’Ebola et défi de confiance freinent la riposte sanitaire
Malgré ces progrès dans le renforcement du dépistage, plusieurs défis persistent sur le terrain, en particulier pour les populations les plus vulnérables.
Le diagnostic précoce chez les enfants reste particulièrement complexe. Les premiers symptômes – fièvre, diarrhée, vomissements, fatigue et perte d’appétit – sont proches de ceux d’autres maladies courantes en Ituri, notamment le paludisme, ce qui peut retarder l’identification du virus.
Par ailleurs, une enquête de l’UNICEF menée auprès de 50.000 jeunes en RDC révèle d’importantes lacunes en matière d’information : près des deux tiers ignorent comment Ebola se transmet ou comment s’en protéger, et un jeune sur cinq doute encore de l’existence de la maladie.
Sur le terrain, ces déficits d’information et de confiance continuent de compliquer la riposte contre l’épidémie. Alors qu’il visitait un hôpital de la région, le Dr Douglas Noble a été informé de la présence d’un corps dans un camp de déplacés voisin que la communauté n’était pas encore prête à remettre aux autorités sanitaires.
1.600 agents communautaires et mobilisateurs formés et déployés
Selon l’OMS, cet épisode illustre l’importance cruciale d’établir une relation de confiance avec les populations concernées. Face à ces défis, l’agence onusienne mise sur une approche centrée sur les communautés. Il s’agit de renforcer l’implication des populations dans la réponse à l’épidémie, en mettant l’accent sur la sensibilisation, la compréhension des enjeux sanitaires, l’éducation et l’appropriation des systèmes de santé par les communautés elles-mêmes.
Cette stratégie s’inscrit dans un plan d’intervention de plus grande ampleur déjà en cours sur le terrain et qui vise à toucher 3,7 millions de personnes. L’UNICEF indique avoir déjà formé et déployé plus de 1.600 agents de santé communautaires et mobilisateurs, ainsi que 24 équipes de décontamination, qui ont permis d’atteindre plus de 160.000 foyers.
Un expert de l’UNICEF en matière d’eau et d’assainissement explique les mesures de prévention de l’Ebola aux élèves d’une école primaire à Bunia, dans la province de l’Ituri, en RDC.
Au-delà de la réponse sanitaire directe, l’UNICEF met également en place des dispositifs d’accompagnement destinés aux familles touchées.
L’agence déploie ainsi des crèches au sein d’établissements situés à proximité des centres de traitement d’Ebola. Ces espaces sécurisés permettent la prise en charge des enfants pendant que leurs parents reçoivent des soins. La première crèche doit ouvrir dans les prochains jours à Bunia.
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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