Cette aggravation de l’insécurité alimentaire s’inscrit dans un contexte marqué par un manque de financements, une insécurité persistante et des difficultés d’accès aux marchés et à la nourriture.

En Ituri, la coexistence entre l’épidémie d’Ebola et la faim atteint un seuil critique. Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), la majorité des zones de santé affectées sont classées en phase 3 (crise) ou phase 4 (urgence) du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC). Plus de 1,15 million de personnes y ont besoin d’une aide alimentaire d’urgence.

Parmi elles, plus de 200.000 personnes sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë dans quatre zones de santé particulièrement touchées par l’épidémie : Tchomia, Mangala, Mambasa et Fataki.

Près de 3 millions de personnes en détresse alimentaire 

Au Nord-Kivu, 11 zones de santé affectées par Ebola regroupent plus de 850.000 personnes en situation d’insécurité alimentaire aiguë (IPC 3+), soit plus de 40 % de la population concernée. Au Sud-Kivu, la zone de santé de Miti-Murhesa compte à elle seule près de 100.000 personnes confrontées à cette situation.

Au total, les 33 zones de santé touchées par l’épidémie se situent dans des territoires déjà fragilisés par une crise alimentaire sévère. Selon les projections du PAM pour la période de janvier à juin 2026, près de 2,87 millions de personnes dans ces zones sont classées en situation d’insécurité alimentaire aiguë (IPC 3+).

Plus largement, près de 8,7 millions de personnes — soit 40 % de la population analysée en Ituri, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu — font face à des niveaux élevés d’insécurité alimentaire aiguë.

© IOM
Les passagers arrivant à Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo, sont soumis à un contrôle sanitaire dans le cadre des efforts de prévention contre Ebola.

Plus de 1.000 cas confirmés, 267 décès, 112 guérisons

Cette alerte sur l’insécurité alimentaire intervient alors que le nombre de cas confirmés d’Ebola a dépassé le cap des 1.000. Le dernier décompte fait état de 1.048 cas confirmés du virus Bundibugyo, dont 267 décès. Dans le même temps, 112 patients sont guéris. Le Sud-Kivu n’a enregistré aucune nouvelle transmission depuis le 26 mai 2026.

La province de l’Ituri reste l’épicentre de l’épidémie où la situation de la riposte reste hautement préoccupante avec une forte concentration des cas dans les zones de Bunia, Rwampara, Mongbalu et Nyakunde, qui continuent de représenter les principaux foyers actifs. Deux nouvelles zones de santé ont été récemment touchées (Nia-Nia et Fataki). 

Cette extension géographique de l’épidémie survient dans un contexte déjà fragilisé, où les répercussions sanitaires se doublent de conséquences économiques et alimentaires croissantes. Selon le PAM, l’épidémie d’Ebola et les mesures de riposte associées, notamment la fermeture temporaire des frontières, ont fortement perturbé le fonctionnement des marchés dans l’Est de la RDC.

Flambée des prix et accès alimentaire compromis

Dans une région fortement dépendante des échanges transfrontaliers, les restrictions ont ralenti les flux commerciaux et l’approvisionnement alimentaire, réduisant disponibilité et l’accès aux denrées. Selon le PAM, les données montrent une hausse généralisée des prix, touchant produits importés et locaux. La hausse est plus marquée pour les produits importés, dont 54 % est liée aux effets de la crise sanitaire et des perturbations logistiques. 

Les produits locaux restent influencés par des facteurs structurels (76 %), même si l’épidémie exerce une pression inflationniste. Certains produits importés comme le riz et le sel restent disponibles, mais des risques de rupture sont signalés en cas de prolongation des restrictions.

Plus largement, l’épidémie d’Ebola a déstabilisé les marchés, perturbant importations et circuits internes, compromettant l’accès à l’alimentation, notamment pour les ménages vulnérables.

Sur le terrain, la réponse humanitaire demeure partielle : parmi les cas confirmés répartis dans 33 zones de santé, 79 personnes ont reçu des repas chauds en Ituri et au Nord-Kivu, tandis que 704 restent à couvrir. Plus de 50.000 personnes ont bénéficié d’une aide alimentaire depuis le début de la crise. Toutefois, seul un tiers des familles de cas confirmés a été assisté, laissant plus de 65 % sans soutien. Selon le PAM, un renforcement rapide des partenaires est nécessaire pour combler ce déficit et limiter la propagation du virus.

© OMS/Josua Mulala Raymond
Dans le cadre de la lutte contre Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo, du matériel médical est incinéré.

Un record de cas confirmés

Alors que la barre des 1.000 cas a été franchie depuis hier lundi, l’épidémie continue de s’étendre. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), il s’agit du plus grand nombre de cas confirmés enregistré au cours du premier mois d’une épidémie d’Ebola en RDC. 

« Chaque zone sanitaire présente une dynamique différente. Dans certaines localités, la situation reste stable, tandis que dans d’autres, on observe une augmentation significative (…). Les centres de traitement actuels sont sous pression, avec 84 % des lits actuellement occupés », a déclaré lors d’un point de presse régulier de l’ONU à Genève, le Dr Abdi Mahamud, directeur des opérations d’alerte à l’OMS.

Au regard de ces constats, l’agence onusienne prône un renforcement de la surveillance, y compris dans les zones qui ne signalent pas de cas. Elle préconise également de fournir aux communautés les résultats des tests en temps opportun afin qu’elles sachent comment enterrer leurs défunts en toute sécurité et dans la dignité.

Dans ce contexte, l’OMS détaille aussi un ensemble de mesures opérationnelles destinées à consolider la réponse sanitaire sur le terrain, notamment le plaidoyer pour la construction de davantage de centres de traitement. Ces efforts doivent s’inscrire dans une réponse plus large, face à une épidémie que l’OMS décrit comme particulièrement « complexe », et qui nécessite « une action collective importante ».

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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