Parallèlement, dans la bande de Gaza, les opérations humanitaires des Nations Unies se poursuivent malgré des pénuries croissantes, aggravées par les restrictions israéliennes sur les importations de matériaux destinés aux abris d’urgence.
Plus à l’est, dans le détroit d’Ormuz, quelque 11 000 marins attendent toujours d’être évacués du golfe Persique après les perturbations provoquées par la guerre déclenchée fin février par les États-Unis et Israël contre l’Iran. L’opération d’évacuation engagée par l’Organisation maritime internationale (OMI) a toutefois été suspendue jeudi, à la suite d’une nouvelle attaque contre un navire dans le golfe d’Oman.
L’Organisation maritime internationale (OMI) a toutefois suspendu jeudi l’opération d’évacuation qu’elle venait de lancer, après une nouvelle attaque contre un navire dans le golfe d’Oman.
Des Casques bleus de l’ONU appartenant à la force opérationnelle maritime de la FINUL participent à un exercice au large des côtes libanaises.
Trois dossiers distincts, mais désormais liés par une même inconnue : l’issue des négociations de paix engagées entre Washington et Téhéran. La signature, la semaine dernière, d’un protocole d’accord prévoyant la fin des hostilités entre les deux pays et la réouverture du détroit d’Ormuz a donné lieu à un premier cycle de pourparlers, achevé lundi en Suisse.
Depuis, les déclarations contradictoires livrées par les deux capitales sur l’état des discussions entretiennent l’incertitude.
Au Liban, un cessez-le-feu sous surveillance
Selon la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL), le cessez-le-feu entré en vigueur le 19 juin continue « dans l’ensemble » d’être respecté. Les observateurs onusiens n’ont relevé ni nouveau tir de missile ni frappe aérienne depuis les deux projectiles détectés mardi.
L’accalmie reste toutefois toute relative. La FINUL continue d’observer des violations de l’espace aérien libanais par des drones israéliens, ainsi que des mouvements de blindés, des travaux de génie militaire et des opérations logistiques de l’armée israélienne dans sa zone d’opérations.
Mercredi, les Casques bleus ont également observé trois chars israéliens ouvrir le feu à la mitrailleuse lourde et lancer six grenades de 40 millimètres près de la route côtière d’Al Bayada. Deux patrouilleurs israéliens ont par ailleurs été aperçus dans les eaux territoriales libanaises au large de Naqoura, où se trouve le quartier général de la mission.
Les frappes semblent avoir cessé. Le dispositif militaire, lui, demeure largement en place.
Une Palestinienne peint sur un mur encore debout de sa maison familiale détruite, à Sheikh Ajlin, à l’ouest de la ville de Gaza.
À Gaza, une urgence qui ne faiblit pas
Dans la bande de Gaza, les agences humanitaires des Nations Unies décrivent une crise qui continue de s’aggraver.
Le point de passage de Kerem Shalom reste la seule porte d’entrée opérationnelle pour les cargaisons destinées aux organisations humanitaires. Chaque jour, les équipes de l’ONU y récupèrent nourriture, kits d’hygiène et équipements sanitaires avant de les acheminer dans l’enclave.
La semaine dernière, les partenaires de santé ont assuré près de 240 000 consultations médicales dans 194 points de soins. Les infections respiratoires aiguës, les maladies de peau et les diarrhées aiguës demeurent les pathologies les plus fréquentes.
Mais l’aide se heurte à des obstacles toujours plus nombreux. Les pénuries de carburant, d’huile pour les générateurs, de pièces détachées, de médicaments et de matériel médical compliquent le fonctionnement des services de santé.
La situation est tout aussi préoccupante pour les abris d’urgence, malgré le fait que plus de 4 000 ménages ont reçu, la semaine dernière, des tentes, des bâches, de la literie ou une aide financière.
« Cela s’explique par de graves pénuries de matériaux d’hébergement, liées aux restrictions sur les importations, à l’accès limité à certaines zones de Gaza, au manque de financements et à une multitude d’autres défis », a expliqué le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric.
Des marins à pied d’œuvre sur un navire en mer.
Dans le détroit d’Ormuz, les marins attendent toujours
Cette incertitude régionale est également au cœur de la Journée internationale des gens de mer, célébrée jeudi sous l’égide de l’Organisation maritime internationale (OMI).
L’agence rappelle que l’intensification des tensions géopolitiques – du détroit d’Ormuz à la mer Rouge, en passant par la mer Noire et la mer d’Azov – expose les équipages à des risques croissants alors même qu’ils assurent la continuité du commerce mondial.
Après avoir annoncé le lancement d’une opération d’évacuation des navires et de leurs équipages bloqués dans le golfe Persique, l’OMI a toutefois indiqué suspendre temporairement sa mise en œuvre.
Selon le chef de l’agence, Arsenio Dominguez, plusieurs navires ont déjà pu être évacués avec succès. Mais une attaque menée jeudi contre un navire dans le golfe d’Oman, après son passage par le détroit d’Ormuz, a conduit l’organisation à interrompre l’opération afin de vérifier que « les garanties de sécurité nécessaires » demeurent réunies pour les bâtiments figurant sur sa liste d’évacuation, ainsi que pour l’ensemble des navires présents dans la région. L’objectif, a rappelé M. Dominguez, est d’éviter que les marins bloqués ne se transforment en « de devenir des victimes collatérales de ce conflit géopolitique ». Le bâtiment visé ne participait pas au dispositif coordonné par l’OMI.
Dans un message à l’occasion de la journée, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a rappelé le coût humain de ces crises.
« Lorsque les nations s’affrontent, les marins se retrouvent souvent pris entre deux feux. Les événements récents dans le détroit d’Ormuz ont vu des dizaines de milliers de marins bloqués alors qu’ils travaillaient loin de chez eux pour assurer l’approvisionnement en carburant et en denrées alimentaires du monde entier », a-t-il déclaré. « Les marins ne doivent jamais être les victimes ou les pions de conflits géopolitiques ».
Du Liban à Gaza, jusqu’au détroit d’Ormuz, les fronts se sont figés sans que la région soit véritablement sortie de la guerre. La suspension de l’opération d’évacuation de l’OMI rappelle combien le moindre incident peut encore remettre en cause les fragiles avancées enregistrées depuis l’ouverture des négociations entre Washington et Téhéran.
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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