Alors que les affrontements perturbent presque totalement le trafic dans le détroit d’Ormuz, les Nations Unies s’inquiètent à la fois du sort de milliers de marins bloqués en mer et des répercussions sur le commerce mondial.
S’exprimant devant le Conseil de sécurité lors d’un débat consacré au règlement pacifique des différends, M. Guterres a dressé un constat alarmant de la situation.
« La situation échappe à tout contrôle. Elle vacille au bord de l’impensable », a-t-il déclaré, estimant que la région est entraînée dans « un cercle de confrontation toujours plus large », où « une crise en alimente une autre » et « une escalade en déclenche une nouvelle ».
Le chef de l’ONU a jugé que les objectifs politiques des différents acteurs étaient désormais éclipsés par la logique même de la confrontation.
« Il est temps de prendre du recul », a-t-il insisté. « Les attaques contre les infrastructures civiles sont inacceptables. Il n’existe pas de solution militaire à ce conflit. Les combats doivent cesser partout dans la région. » Il a également appelé au rétablissement complet des droits et libertés de navigation dans les détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb (qui relie la mer Rouge au golfe d’Aden).
Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, s’adresse au Conseil de sécurité réuni pour un débat sur le renforcement des mécanismes de règlement pacifique des différends.
« La diplomatie est la seule voie »
António Guterres a réaffirmé que seule une solution politique permettra d’éviter un embrasement régional.
« La diplomatie est la seule voie à suivre », a-t-il déclaré, saluant les efforts de médiation du Pakistan et de plusieurs pays de la région visant à réduire les tensions. Selon lui, ces initiatives doivent être renforcées afin de créer les conditions d’un règlement durable du conflit.
Plus tard, lors d’un point de presse, son porte-parole, Stéphane Dujarric, a averti que les conséquences humanitaires de l’escalade continuent de s’aggraver.
Selon lui, les violences menacent davantage le commerce maritime, les liaisons aériennes, les postes-frontières et les chaînes d’approvisionnement régionales dont dépendent des millions de personnes. Toute nouvelle perturbation risque d’accroître les besoins humanitaires à un moment où les opérations de secours sont déjà sous-financées et sous forte pression.
Le détroit quasiment à l’arrêt
L’Organisation maritime internationale (OMI) affirme que « très peu de navires, voire aucun » ne franchissent actuellement le détroit d’Ormuz depuis la reprise des attaques contre les bâtiments commerciaux à la mi-juillet. Environ 6.000 marins, répartis sur 500 navires, restent bloqués dans le Golfe persique, incapables de rejoindre la haute mer.
Dans un entretien avec ONU Info, le Secrétaire général de l’OMI, Arsenio Dominguez, rappelle que ces équipages sont des civils qui assurent une mission indispensable.
« Ce sont des personnes innocentes (…) qui ne sont pas formées au combat », a-t-il souligné, rappelant que 90 % du commerce mondial transite par voie maritime. Sans les marins, les marchandises essentielles ne pourront plus atteindre les populations.
En temps normal, le détroit d’Ormuz voit transiter près de 20 % des exportations mondiales de pétrole et de gaz, ce qui explique les inquiétudes croissantes concernant les marchés de l’énergie et les chaînes logistiques mondiales.
Pas de solution sans désescalade
Pour l’OMI, la priorité est désormais d’évacuer les équipages immobilisés avant de sécuriser le détroit et de permettre une reprise progressive du trafic, qui atteignait environ 135 navires par jour avant la crise.
L’agence estime toutefois que les discussions sur la gestion future du passage ne pourront véritablement avancer qu’une fois les combats terminés.
En outre, l’OMI a condamné les récentes attaques contre des navires en mer Rouge, estimant qu’elles mettent en péril la vie des marins, la sécurité du transport maritime international et la stabilité des chaînes d’approvisionnement mondiales.
L’ONU préoccupée par les civils en Iran
Parallèlement, des experts indépendants mandatés par le Conseil des droits de l’homme ont condamné la reprise des hostilités entre les États-Unis et l’Iran, affirmant que les civils paient un lourd tribut.
Ils font état de frappes ayant touché des infrastructures civiles, notamment des ports, des installations électriques, des voies ferrées, une usine de dessalement, un silo à blé, une usine d’eau embouteillée ainsi que des zones proches d’un hôpital pédiatrique. Selon les autorités iraniennes, au moins 50 personnes ont été tuées et plus de 500 blessées depuis la reprise des combats.
Enfin, la Mission internationale indépendante d’établissement des faits sur l’Iran a exhorté les autorités iraniennes à suspendre immédiatement les exécutions de dix jeunes hommes condamnés à mort après des manifestations, avertissant qu’une accélération des procédures judiciaires fait craindre de nouvelles condamnations capitales dans les prochaines semaines.
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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