Le rapport documente des cas d’intimidation et de représailles recensés dans 32 États entre le 1er mai 2025 et le 30 avril 2026. Les victimes comprennent des défenseurs des droits de l’homme, des représentants de la société civile, des journalistes, des avocats, des syndicalistes ainsi que des personnes ayant elles-mêmes subi des violations ou des atteintes aux droits fondamentaux.
Les actes signalés vont de la détention arbitraire et des agressions physiques aux menaces, au harcèlement en ligne, à la surveillance, aux restrictions de déplacement et à la confiscation de passeports. Dans certains cas, les proches des personnes visées ont également été intimidés.
« Défendre les droits de l’homme ne devrait jamais se faire au détriment de sa propre sécurité et de son intégrité physique », a déclaré Claudia Fuentes Julio, Sous-Secrétaire générale aux droits de l’homme, qui dirige les efforts du système des Nations Unies pour lutter contre les représailles.
Un climat de peur
L’ONU souligne que les cas recensés ne donnent qu’une image partielle de la situation. De nombreuses victimes renoncent à signaler les représailles par crainte d’être davantage ciblées, tandis que d’autres demandent que leur identité reste confidentielle.
La réduction de l’espace civique et l’intensification de la surveillance, en ligne comme hors ligne, contribuent à instaurer un climat qui dissuade la société civile de dialoguer avec l’ONU et ses mécanismes de défense des droits de l’homme.
« La réduction de l’espace civique et la surveillance accrue, tant en ligne que hors ligne, alimentent un climat hostile qui entrave la coopération de la société civile avec l’ONU et ses mécanismes de défense des droits de l’homme », a averti Mme Fuentes Julio.
Des représailles qui franchissent les frontières
Le rapport met également en évidence une tendance préoccupante : les représailles ne s’arrêtent plus nécessairement aux frontières nationales.
Au moins 43 personnes et quatre organisations ont été ciblées en dehors de leur pays d’origine, notamment par des actes de surveillance, des menaces, des détentions arbitraires, des agressions physiques, du harcèlement en ligne, des restrictions de déplacement ou la confiscation de documents de voyage.
Les technologies numériques jouent un rôle croissant dans ces pratiques. Elles sont utilisées pour surveiller, intimider et réduire au silence des personnes qui cherchent à dialoguer avec les mécanismes internationaux de défense des droits de l’homme.
Des lois utilisées pour restreindre la société civile
Le rapport relève également que plus de la moitié des États mentionnés ont appliqué, adopté ou modifié des lois qui criminalisent ou restreignent davantage certaines activités essentielles de la société civile.
L’ONU s’inquiète notamment de l’utilisation abusive de législations relatives à la lutte contre le terrorisme, à la cybercriminalité et à la sécurité nationale pour limiter l’action des défenseurs des droits de l’homme et des organisations de la société civile.
Les jeunes militants, les femmes, les défenseurs de l’environnement et les peuples autochtones semblent particulièrement exposés.
« Il est particulièrement alarmant et totalement inacceptable que de jeunes militants, des femmes, des défenseurs de l’environnement et des peuples autochtones continuent, semble-t-il, d’être exposés à des risques accrus d’être pris pour cible pour avoir exercé leur droit d’interagir avec l’ONU et de défendre leurs communautés, leurs terres et l’environnement », a déclaré Mme Fuentes Julio.
Même à l’intérieur de l’ONU
Les tentatives d’intimidation peuvent également viser la participation aux travaux de l’Organisation.
Le rapport fait état de pratiques destinées à empêcher ou compliquer la présence de représentants de la société civile aux réunions de l’ONU, notamment par le blocage ou le retard des accréditations, ainsi que par le harcèlement de participants dans l’enceinte de l’Organisation.
Des experts indépendants des droits de l’homme, notamment des titulaires de mandats au titre des procédures spéciales, ont eux aussi été visés.
Pour l’ONU, ces actes ont des conséquences qui dépassent les personnes directement ciblées : ils peuvent dissuader d’autres individus et organisations de coopérer avec l’Organisation et ses mécanismes de défense des droits fondamentaux.
Le rapport recense parallèlement des initiatives visant à renforcer la participation de la société civile aux travaux de l’ONU et à améliorer la prévention, la protection et l’obligation de rendre des comptes en cas de représailles.
« Les personnes doivent pouvoir coopérer librement avec l’ONU. Une interaction sûre et significative avec la société civile est fondamentale pour faire progresser les droits de l’homme dans le monde entier », a conclu Mme Fuentes Julio, appelant tous les États à protéger les personnes qui coopèrent avec l’Organisation.
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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