« Notre système alimentaire mondial est soumis à d’immenses pressions », a déclaré le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, dans un message vidéo adressé aux participants. Malgré des décennies de progrès, la faim reste à un niveau inacceptable, tandis que les conflits, le chaos climatique et la hausse des coûts rendent une alimentation de base inaccessible à des millions de personnes.
« Ce soir, une personne sur douze se couchera en ayant faim », a-t-il averti, appelant les gouvernements, les agriculteurs, les scientifiques, les peuples autochtones, les entreprises et la société civile à transformer leurs engagements en actions concrètes.
Le chef de l’ONU a également mis en garde contre la menace d’un phénomène El Niño particulièrement intense, susceptible de fragiliser davantage les systèmes alimentaires, notamment dans les pays en développement. Il a insisté sur la nécessité de préserver les chaînes d’approvisionnement en denrées alimentaires et en engrais, soulignant que la paix et le multilatéralisme sont indispensables à la sécurité alimentaire.
Une femme et un petit garçon à côté d’un grand tas de pastèques récoltées dans un champ au Kenya.
Une abondance qui ne profite pas à tous
Pour le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, la persistance de la faim dans un monde capable de produire suffisamment de nourriture constitue une tragédie évitable.
Plus d’un quart de l’humanité peine à accéder à une alimentation suffisante ou de qualité adéquate, a-t-il souligné. Pourtant, l’offre alimentaire mondiale dépasse désormais les 3 000 calories par personne et par jour, un niveau historiquement élevé.
« Le monde a suffisamment de nourriture pour tout le monde », a-t-il rappelé, dénonçant des systèmes économiques qui favorisent l’accumulation et le gaspillage, ainsi que des politiques discriminatoires qui désavantagent les petits agriculteurs, les pêcheurs et les éleveurs.
Chaque jour, les ménages jettent à eux seuls plus d’un milliard de repas, selon M. Türk. Parallèlement, un pour cent des exploitations agricoles contrôlent plus de 70 % des terres agricoles mondiales.
Les femmes agricultrices et les peuples autochtones, pourtant essentiels aux moyens de subsistance locaux et à une agriculture durable, restent souvent privés d’un soutien public suffisant et d’un accès équitable à la terre.
« Nous devons réparer les systèmes et les politiques qui affament les populations dans un monde d’abondance », a-t-il plaidé.
Le Haut-Commissaire a notamment appelé à renforcer la protection sociale, à garantir un accès équitable à la terre, à l’eau et aux semences, et à adopter des politiques agricoles qui réduisent la pauvreté. Il a également insisté sur la nécessité de protéger les défenseurs des droits humains et de l’environnement.
La faim comme arme de guerre
La nouvelle rapporteuse spéciale de l’ONU sur le droit à l’alimentation, Sofía Monsalve Suárez, a pour sa part alerté sur l’aggravation de la faim aiguë et le recours à la famine comme arme de guerre.
Si la faim chronique a reculé en 2025, la faim aiguë augmente régulièrement depuis 2016, a-t-elle indiqué. Aujourd’hui, les populations de six pays sont confrontées à des conditions alimentaires catastrophiques : 1,4 million de personnes n’ont plus aucun moyen de se procurer de la nourriture, soit neuf fois plus qu’en 2016.
Au total, 266 millions de personnes sont confrontées à la faim aiguë, notamment au Soudan, au Soudan du Sud, en République démocratique du Congo (RDC), au Yémen et dans la bande de Gaza.
« Le retour de la famine et l’utilisation délibérée de la privation de nourriture comme arme de guerre constituent un défi moral sans précédent pour notre génération », a-t-elle déclaré, déplorant l’impunité persistante face à ces crimes.
Les conflits, les restrictions imposées à l’aide humanitaire et les attaques contre les travailleurs humanitaires aggravent la situation. Selon M. Türk, la destruction liée aux conflits et les déplacements de population alimentent la faim aiguë dans 12 des 13 zones actuellement considérées comme des foyers de faim.
Mme Monsalve Suárez a également souligné que les crises actuelles s’enracinaient dans des fragilités structurelles : dépendance excessive aux importations, monocultures industrielles, surexploitation des écosystèmes et profondes inégalités dans l’accès aux ressources nécessaires pour se nourrir.
Prévenir les famines et garantir le droit à l’alimentation
Face à ces défis, la rapporteuse spéciale a appelé à renforcer les mécanismes de prévention et de responsabilisation, ainsi que la coordination entre le Conseil de sécurité, le Comité sur la sécurité alimentaire mondiale et les dispositifs de suivi de l’insécurité alimentaire.
Elle a notamment plaidé pour une meilleure alerte précoce et des interventions anticipées, en soulignant que le droit à l’alimentation impose aux États des obligations concrètes pour prévenir la faim et préserver les conditions de survie des populations.
Les survivants de la famine et les communautés touchées doivent également être placés au cœur des réponses, a-t-elle insisté.
Pour les responsables onusiens réunis à Rome, l’enjeu dépasse ainsi la seule production agricole : il s’agit de garantir un accès équitable à la nourriture, de protéger les populations contre les conflits et les chocs climatiques, et de faire respecter un droit humain fondamental.
« La nourriture est un droit humain fondamental », a rappelé António Guterres, appelant à construire ensemble des systèmes alimentaires durables, sains et équitables pour tous.
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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