Le bilan humain continue de s’alourdir. Lundi, les autorités vénézuéliennes faisaient état de plus de 1 700 morts et 5 000 blessés, auxquels s’ajoutent près de 16 000 personnes touchées ou déplacées. Mais derrière ces chiffres, c’est désormais la survie des rescapés qui préoccupe les agences humanitaires.
Dans l’État côtier de La Guaira, le plus durement touché, les pénuries alimentaires sont généralisées, a averti mardi le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).
« Les services essentiels se sont effondrés et les communications sont largement interrompues », a indiqué une porte-parole de l’agence, Carlotta Wolf. Dans le même temps, les tensions s’exacerbent à mesure que l’accès à l’aide reste limité. « La panique est palpable. Les habitants veulent accéder à l’aide le plus rapidement possible ».
Une évaluation rapide menée par le HCR dans les États de La Guaira, de Miranda, d’Aragua, de Carabobo, ainsi que dans la capitale Caracas et ses alentours, montre l’ampleur des besoins. Environ la moitié des personnes interrogées ont trouvé refuge chez des proches ou des voisins. Près de 40 % d’entre elles vivent toutefois dans la rue, dans des espaces publics, des églises, des écoles ou des abris improvisés.
Ces installations « ne répondent pas aux normes minimales de protection », a souligné la porte-parole, évoquant l’absence d’espaces sûrs, d’intimité et de conditions d’hygiène satisfaisantes. Le HCR s’inquiète également de la présence d’enfants non accompagnés ou séparés de leur famille parmi les sinistrés.
Des personnes déplacées par les séismes du 24 juin dans l’État de La Guaira, au Venezuela, vivent désormais dans des tentes.
Des hôpitaux au bord de la rupture
À mesure que les opérations de sauvetage se poursuivent, les établissements de santé peinent à absorber l’afflux de blessés, d’après les observations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
« Les services de santé sont aujourd’hui soumis à une pression extrême », a déclaré mardi Christian Lindmeier, un porte-parole de l’agence sanitaire.
Sur les 21 établissements de santé évalués à Caracas ainsi que dans les États de La Guaira, Miranda et Falcón, trois sont désormais considérés comme étant dans un état critique et six autres ont subi des dommages structurels ou ne fonctionnent que partiellement. Les autres restent ouverts, mais au prix d’une surcharge permanente.
Le porte-parole de l’OMS décrit un fonctionnement devenu « chaotique », marqué par des hôpitaux saturés, des interventions chirurgicales sans cesse reportées, des protocoles de biosécurité de plus en plus difficiles à appliquer et des soignants épuisés.
À ces difficultés s’ajoutent de graves défaillances des services médico-légaux et des morgues, ainsi que des lacunes dans l’enregistrement des victimes et le recensement des personnes disparues.
Des images satellites montrent des immeubles à Caraballeda, dans l’État de La Guaira, au nord du Venezuela, avant (à gauche) et après les tremblements de terre qui ont frappé la zone le 24 juin.
Une menace sanitaire grandissante
Au-delà des traumatismes provoqués par le séisme, les autorités sanitaires redoutent désormais l’apparition d’épidémies.
« Le risque de flambées de maladies évitables par la vaccination, comme la rougeole, la diphtérie ou la coqueluche, est désormais plus élevé, tout comme celui de la fièvre jaune et d’autres maladies transmises par les moustiques ou par l’eau, notamment la dengue, le chikungunya, le virus Zika, la fièvre d’Oropouche et le paludisme », a averti M. Lindmeier.
Selon l’OMS, cette menace est renforcée par une couverture vaccinale déjà insuffisante avant les séismes et par les difficultés actuelles d’accès aux vaccins.
L’organisation s’inquiète également de la disparition de plusieurs professionnels de santé à La Guaira, notamment des équipes chargées de l’ensemble de la prise en charge des femmes enceintes dans la région. Leur absence crée une rupture critique dans les soins obstétricaux au moment même où les besoins augmentent.
Face à cette situation, les renforts internationaux continuent d’arriver. Mardi, un avion affrété par l’UNICEF a livré 47 tonnes de fournitures médicales, de matériel pour l’approvisionnement en eau et d’équipements éducatifs provenant de la réserve humanitaire de l’Union européenne à Copenhague. Cette cargaison, qui s’ajoute à une précédente expédiée depuis le Panama, devrait permettre d’aider plus de 100 000 enfants et membres de leurs familles au cours des trois prochains mois.
L’UNICEF estime toutefois que près de 680 000 enfants ont aujourd’hui besoin d’une assistance humanitaire et lance un appel de fonds de 52 millions de dollars pour financer la poursuite de ses opérations.
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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