« Quatre années de calme peuvent être perdues en quelques semaines d’escalade », a-t-il prévenu, appelant les parties à revenir « à la table des négociations ».
Les combats se sont intensifiés le long des lignes de front, tandis que les attaques des rebelles houthis (mouvement Ansar Allah) à Marib, dans l’Hadramaout et à Mokha ont fait des victimes civiles et militaires.
Les Houthis, qui contrôlent une grande partie du nord et de l’ouest du Yémen, dont la capitale Sanaa, ont également repris leurs attaques contre des navires commerciaux en mer Rouge et dans le golfe d’Aden. Une attaque au missile contre un navire, mardi, a tué plusieurs membres d’équipage.
Pour M. Grundberg, le Yémen risque de se retrouver davantage entraîné dans la confrontation régionale, alors que les flux commerciaux et énergétiques sont déjà fortement perturbés par la crise dans le détroit d’Ormuz.
Hans Grundberg (à l’écran), Envoyé spécial du Secrétaire général pour le Yémen, informe le Conseil de sécurité de la situation dans le pays.
« Une porte de sortie négociée »
Malgré la gravité de la situation, l’Envoyé spécial estime qu’une « porte de sortie négociée » reste possible. Il appelle d’abord les parties à une désescalade immédiate et à un cessez-le-feu solide, ainsi qu’à l’arrêt des attaques contre la navigation commerciale et des frappes transfrontalières.
Il exhorte également les parties à relancer le mécanisme de coordination militaire mis en place sous l’égide de l’ONU et à respecter leurs obligations de protection des civils et des infrastructures civiles.
Le deuxième impératif est économique. L’économie yéménite est devenue « elle-même une ligne de front », avec les salaires, la monnaie, le commerce, les recettes et les services essentiels de plus en plus politisés.
La reprise des exportations de pétrole, la réouverture des vols commerciaux depuis et vers l’aéroport de Sanaa et le maintien de l’accès des navires commerciaux aux ports yéménites pourraient contribuer à stabiliser le pays. Les parties doivent également trouver des accords durables sur le paiement des salaires des fonctionnaires et la restauration des services essentiels.
Enfin, M. Grundberg appelle à relancer un processus politique inclusif, dirigé par les Yéménites et soutenu par l’ONU. « La médiation ne peut pas se substituer à la volonté politique », a-t-il insisté.
Tom Fletcher (à l’écran), Coordonnateur des secours d’urgence de l’ONU, informe le Conseil de sécurité de la situation au Yémen.
Une crise humanitaire qui s’aggrave
Le Coordonnateur des secours d’urgence de l’ONU, Tom Fletcher, a de son côté dressé un tableau alarmant de la situation humanitaire.
« La faim augmente, les services de santé s’effondrent et les familles ont épuisé leurs derniers mécanismes d’adaptation », a-t-il déclaré.
Plus de la moitié de la population est désormais confrontée à une insécurité alimentaire aiguë. Quelque six millions de personnes font face à des niveaux de privation correspondant à la phase « Urgence », proche de la famine. En juin, plus de 60 % des ménages déclaraient ne pas avoir suffisamment mangé.
La situation sanitaire est tout aussi préoccupante. Près de 11 millions de femmes et de filles ont besoin d’une aide humanitaire, dont 750.000 femmes enceintes. Quatre femmes sur cinq n’ont pas accès aux services essentiels de santé reproductive et seulement un établissement de santé sur cinq assure des soins maternels. Trois femmes meurent chaque jour de complications liées à la grossesse qui pourraient être évitées.
À Marib, une épidémie de rougeole a conduit les autorités à déclarer une urgence sanitaire. La province enregistre le deuxième plus grand nombre de cas dans le monde cette année.
L’aide au bord de l’asphyxie
Cette crise est aggravée par le manque de financements. L’appel humanitaire pour le Yémen n’est financé qu’à hauteur d’environ 20 %, selon Tom Fletcher. En conséquence, les rations alimentaires sont réduites, des centres de santé ferment et les services de protection disparaissent.
Le responsable humanitaire de l’ONU a appelé les donateurs à fournir des financements « flexibles et prévisibles » et les parties à garantir la protection des civils et l’accès humanitaire.
Le changement climatique ajoute une pression supplémentaire. Le phénomène El Niño pourrait entraîner une baisse de 40 % des précipitations dans plusieurs zones agricoles, menaçant les récoltes, l’accès à l’eau et les moyens de subsistance ruraux.
Enfin, 73 membres du personnel de l’ONU restent détenus par les Houthis, aux côtés de travailleurs d’ONG, de la société civile et de missions diplomatiques. Hans Grundberg et Tom Fletcher ont tous deux appelé à leur libération immédiate et sans condition.
Pour l’ONU, le choix est désormais clair : « les parties doivent choisir le dialogue ». Faute de quoi, ce sont une nouvelle fois les Yéménites qui paieront le prix de l’escalade.
Retrouvez les temps forts de la réunion du Conseil de sécurité grâce à la couverture en direct assurée par la Section de la Couverture des réunions des Nations Unies :
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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