La Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) appelle les autorités de facto à prendre des mesures concrètes en faveur de l’inclusion, des droits fondamentaux et d’un engagement international durable.

La baisse des violences a permis à de nombreux Afghans de retrouver une certaine stabilité et ouvert des perspectives pour la reconstruction, le développement et la coopération économique régionale. L’interdiction de la culture du pavot à opium constitue également une évolution positive, selon la MANUA.

« Les cinq dernières années ont montré que les Afghans accordent une grande importance à la paix et à la stabilité après des décennies de guerre », souligne Georgette Gagnon, représentante spéciale adjointe du Secrétaire général et responsable par intérim de la MANUA.

Mais « une paix et une prospérité durables exigent davantage que la simple absence de conflit », insiste-t-elle. « L’avenir de l’Afghanistan dépend de la construction d’une société dans laquelle les droits et le potentiel de tous les Afghans sont pleinement réalisés et où les institutions sont réactives et responsables. »

ONU Info / Ezzat El-Ferri
Le centre de traitement de la drogue d’Agoosh, géré par les talibans, dans la capitale afghane Kaboul.

Les femmes et les filles toujours exclues

Pour l’ONU, les restrictions imposées aux femmes et aux filles constituent l’un des principaux obstacles à cette trajectoire. L’accès à l’éducation, à l’emploi et à la vie publique reste sévèrement limité, avec de lourdes conséquences sociales et économiques pour l’ensemble de la population.

Ces restrictions freinent également l’engagement et les investissements internationaux, tandis que les contraintes visant l’espace civique, la liberté d’expression ainsi que le travail des femmes humanitaires et du personnel de l’ONU réduisent encore les possibilités de coopération.

La MANUA appelle donc les autorités de facto à lever les restrictions imposées aux femmes et aux filles, à protéger les droits et libertés fondamentaux et à répondre aux préoccupations internationales en matière de sécurité et de terrorisme.

© UNICEF/Amin Meerzad
Deux filles traversent dans un village de la province de Baghlan, en Afghanistan.

« Nous avons perdu tout espoir »

Les conséquences humaines de ces restrictions sont particulièrement visibles dans les régions les plus pauvres du pays.

Lors d’une récente visite à Daikundi, province montagneuse et isolée du centre de l’Afghanistan, Olga Cherevko, porte-parole du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), s’attendait à entendre parler avant tout de nourriture, d’eau et d’autres besoins essentiels.

Mais les femmes qu’elle a rencontrées lui ont d’abord parlé de l’interdiction faite aux filles d’accéder à l’éducation.

« Elles m’ont confié qu’elles avaient, en substance, perdu tout espoir quant à l’avenir de leurs filles et, bien sûr, quant au leur », a-t-elle témoigné. « Cela m’a profondément marquée », a ajouté Mme Cherevko, soulignant que ces femmes appartiennent à une communauté qui lutte déjà quotidiennement pour survivre.

Un engagement international à maintenir

L’ONU estime que la stabilité de l’Afghanistan passe aussi par un engagement international soutenu, fondé sur des principes mais pragmatique. Les échanges avec les pays voisins ont créé certaines opportunités économiques, mais les préoccupations liées au terrorisme continuent de peser sur les relations régionales et internationales.

Pour la MANUA, un Afghanistan en paix avec lui-même et ses voisins, pleinement réintégré dans la communauté internationale, reste un objectif possible. Mais il nécessitera des progrès sur les droits humains, la participation de tous les Afghans et la sécurité, ainsi qu’un soutien international de long terme.

Cinq ans après le changement de pouvoir, l’ONU estime ainsi que la consolidation de la paix ne pourra pas reposer uniquement sur l’absence de conflit. Elle devra aussi permettre aux Afghans, femmes et hommes, de participer pleinement à la reconstruction et de retrouver des perspectives d’avenir.

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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