Quelques jours après une élection présidentielle jugée calme et bien organisée, l’ONU a réuni à Sao Tomé, une cinquantaine de membres de la Commission électorale nationale ainsi qu’une quarantaine de journalistes et de représentants de la société civile pour deux sessions de travail consacrées aux enseignements du scrutin du 19 juillet et aux défis du prochain rendez-vous électoral.

Pour Hiroyuki Saito, directeur du Centre d’information des Nations Unies (CINU) à Dakar, la qualité de l’information officielle constitue l’un des piliers de la confiance démocratique.

« Quand l’information officielle est difficile à trouver, arrive trop tard ou est difficile à comprendre, elle ouvre la voie aux rumeurs et à la confusion », a-t-il averti devant des membres de la Commission.

CINU Dakar
Des membres de la Commission électorale nationale, des journalistes et des représentants de la société civile participent à des sessions organisées par l’ONU pour renforcer la communication électorale avant les élections de septembre à São Tomé-et-Príncipe.

Prévenir plutôt que démentir

À Sao Tomé-et-Principe, la Commission électorale nationale est chargée d’organiser les élections. Ses membres sont désignés de manière ad hoc pour chaque cycle électoral, sans structure permanente de direction.

Les Nations Unies accompagnent ses travaux dans le cadre du Projet d’assistance électorale mis en œuvre par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), avec le soutien financier du gouvernement du Japon et l’expertise du CINU Dakar sur les questions d’intégrité de l’information.

Les discussions ont porté sur un objectif commun : empêcher que les fausses informations ne prennent le dessus avant même qu’elles ne soient démenties.

Les participants ont ainsi analysé plusieurs exemples de désinformation ayant circulé pendant la présidentielle, qu’il s’agisse de faux résultats, d’allégations de fraude ou d’interrogations récurrentes des électeurs concernant leur bureau de vote, leur inscription sur les listes électorales ou la publication des résultats.

Pour M. Saito, les autorités électorales doivent désormais adopter une communication plus proactive.

« L’information officielle doit être publiée rapidement, avec exactitude et clarté. Mais il ne suffit pas qu’elle existe : le public doit savoir où la trouver », a-t-il insisté, appelant à mobiliser les radios communautaires, les services d’information téléphonique et les points d’information physiques afin d’atteindre également les personnes peu connectées.

Le défi de l’abstention

La présidentielle du 19 juillet s’est soldée par la réélection dès le premier tour du président sortant Carlos Vila Nova, crédité de 55,94 % des suffrages exprimés. Sur les 142.191 électeurs inscrits, 58.764 ont participé au scrutin.

Si les observateurs, notamment ceux de l’Union européenne, ont salué le bon déroulement des opérations de vote, un autre chiffre a retenu l’attention : près de 59 % des électeurs se sont abstenus, un niveau présenté comme historiquement élevé pour le pays.

Cette faible participation a nourri de nombreux échanges lors des deux ateliers.

Les membres de la Commission ont notamment plaidé pour une meilleure mise à jour des listes électorales, une prise en compte des effets des migrations, un accompagnement renforcé des primo-votants ainsi qu’une éducation civique menée tout au long de l’année.

Ils ont également souligné la nécessité d’adapter la communication aux usages numériques.

« En période électorale, nous devrions pouvoir répondre 24 heures sur 24 si possible, afin que, lorsqu’une information apparaît sur les réseaux sociaux, quelqu’un soit là pour y répondre », a estimé l’un des participants.

Vérifier avant de publier

L’après-midi, les échanges se sont poursuivis avec les journalistes et les organisations de la société civile autour des bonnes pratiques en matière de couverture électorale.

Ndeye Fatou Diery Diagne, analyste de l’intégrité de l’information au CINU Dakar, a rappelé que la rapidité constitue aujourd’hui l’un des principaux risques pour la qualité de l’information.

« La vitesse, aujourd’hui, est une menace contre la bonne information », a-t-elle déclaré, invitant les journalistes à vérifier systématiquement leurs sources avant toute publication, quels que soient les délais. « La première personne à publier une fausse information est la première responsable. »

Elle a également mis en garde contre les risques liés à l’intelligence artificielle, capable aussi bien de fabriquer de faux contenus convaincants que d’alimenter le doute sur des contenus authentiques. Elle a en outre alerté sur la désinformation visant spécifiquement les femmes.

« L’un des principaux effets de ces campagnes, c’est que les femmes se retirent de l’espace public », a-t-elle averti. « C’est pourquoi la désinformation genrée est une atteinte à la démocratie elle-même. »

Un partenariat pour des élections plus inclusives

Au-delà de la lutte contre la désinformation, le Projet d’assistance électorale entend rendre les élections plus inclusives et transparentes.

Lancé en mai 2026 par le gouvernement de Sao Tomé-et-Principe, le gouvernement du Japon, le PNUD et la Commission électorale nationale, il prévoit notamment l’aménagement de bureaux de vote accessibles aux personnes handicapées, des centres de vote plus sûrs pour les femmes, des campagnes d’éducation civique destinées aux jeunes et aux populations rurales, ainsi que la formation et le déploiement de 200 observateurs citoyens, dont au moins 40 % de femmes.

« Les femmes représentent environ 52 % de la population, mais leur participation et leur représentation dans la vie politique restent limitées », a rappelé le Représentant résident du PNUD, Luc Gnonlonfoun. « L’objectif n’est pas seulement d’encourager les femmes à voter, mais d’accompagner l’émergence d’une génération plus forte de femmes leaders politiques. »

En renforçant la transparence, l’accès à une information fiable et la participation citoyenne, les partenaires espèrent consolider la confiance dans le processus électoral avant les scrutins de septembre et contribuer à des élections pacifiques, inclusives et crédibles.

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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