Trois ans après le 7-Octobre, les otages ayant survécu sont revenus, mais Gaza attend toujours la paix.
Dans un message publié à l’occasion de l’anniversaire de l’attaque menée par le Hamas et d’autres groupes armés palestiniens contre Israël, le Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a évoqué les deux tragédies qui, depuis trois ans, se répondent sans se confondre : celle des Israéliens massacrés ou enlevés ce jour-là, et celle des Palestiniens de Gaza emportés par la guerre qui a suivi.
Le haut responsable a qualifié le 7 octobre 2023 d’« attaque terroriste odieuse et de grande ampleur ».
Ce jour-là, plus de 1 200 Israéliens et ressortissants étrangers ont été tués par des commandos ayant franchi la frontière depuis Gaza et 251 personnes prises en otage dans l’enclave palestinienne. Des civils ont été assassinés chez eux, dans leurs communautés et lors du festival de musique Nova. Des captifs ont subi des actes de torture, des traitements cruels et des violences sexuelles. « Rien ne peut justifier ces atrocités », a insisté M. Guterres.
Trois ans plus tard, le traumatisme continue de travailler la société israélienne. A quelques semaines des élections législatives du 27 octobre, au moins neuf personnes directement touchées par l’attaque – parents de victimes, proches d’otages ou acteurs des combats de cette journée – sont candidates, signe de la place qu’occupe encore le 7-Octobre dans la vie politique du pays.
Après 737 jours de détention par le Hamas, Nimrod Cohen (au centre) embrasse sa famille à son retour en Israël, le 13 octobre 2025.
Un cessez-le-feu qui n’a pas fait la paix
Mais le message d’António Guterres ne s’arrête pas au 7-Octobre. « Les hostilités dévastatrices qui ont suivi ont infligé des souffrances indicibles aux Palestiniens de Gaza, notamment des pertes humaines massives, des déplacements et des destructions », a-t-il dit, avant d’ajouter : « Leurs souffrances aussi doivent prendre fin, maintenant ».
La guerre déclenchée par Israël après l’attaque du Hamas a fait plus de 74 000 morts dans la bande de Gaza, selon le ministère de la santé du territoire. Les destructions ont rendu inhabitables des quartiers entiers. Plus de 80 % des structures de l’enclave ont été endommagées et quelque 61 millions de tonnes de décombres doivent désormais être évacuées.
Le paradoxe de cet anniversaire tient à ce qu’un cessez-le-feu est en vigueur depuis près d’un an. L’accord conclu le 10 octobre 2025 sous l’impulsion du président américain, Donald Trump, a mis fin aux combats les plus intenses et permis, au terme de sa première phase, la libération des derniers otages israéliens en échange de prisonniers palestiniens.
Il n’a pourtant pas produit la paix promise. Les frappes israéliennes se poursuivent : au moins 1 358 Palestiniens ont été tués dans l’enclave depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu. La reconstruction, elle, n’a pratiquement pas commencé. Plus d’un million de personnes vivent encore dans des sites de déplacement précaires, tandis que des familles retournent dans des immeubles endommagés au risque de les voir s’effondrer.
« Le cessez-le-feu de l’année dernière a apporté un certain soulagement. Mais il n’a pas encore permis d’assurer la sécurité, une aide humanitaire suffisante ni une voie crédible vers le relèvement et la paix », a constaté M. Guterres.
Une rue de Gaza après un bombardement en octobre 2023.
Le « jour d’après » toujours repoussé
C’est désormais là que se situe l’impasse. La deuxième phase du plan américain devait organiser le désarmement du Hamas, le retrait progressif des forces israéliennes, une nouvelle gouvernance palestinienne et la reconstruction de Gaza.
Près d’un an après l’accord, ces chantiers restent largement bloqués.
Un plan présenté en septembre par le « Conseil de la paix » créé sous l’impulsion de Washington chiffre à 35,2 milliards de dollars les dommages physiques et à environ 71,4 milliards le coût du relèvement et de la reconstruction de Gaza au cours de la prochaine décennie. Plus de 2 millions d’habitants restent concentrés sur environ un tiers du territoire.
C’est cette transition introuvable entre trêve et règlement politique que vise le Secrétaire général, qui a appelé les parties à « passer à la prochaine phase » du cessez-le-feu.
« Il est temps que le cessez-le-feu devienne permanent. Il est temps de permettre l’acheminement de l’aide humanitaire à grande échelle. Et il est temps de respecter le droit international », a-t-il martelé.
Trois ans après le 7-Octobre, l’urgence n’est donc plus seulement d’arrêter une guerre qui a déjà dévasté Gaza et bouleversé Israël, mais d’empêcher qu’un cessez-le-feu sans règlement politique ne devienne une autre forme de conflit permanent.
M. Guterres en revient à l’horizon que l’ONU défend depuis le début de la guerre : une paix permettant aux Israéliens et aux Palestiniens de vivre côte à côte « dans la paix et la sécurité, leurs droits, leur dignité et leurs aspirations étant respectés ».
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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