Le Conseil de sécurité s’est réuni dans l’après-midi à la demande du gouvernement yéménite, qui dénonce de récentes violations de ses résolutions par les rebelles houthis soutenus par l’Iran. Cette demande a été appuyée par le Royaume-Uni, Bahreïn, la France et les États-Unis.

« Le Yémen et la région ne peuvent pas se permettre un nouveau cycle d’escalade », a averti, lors de cette réunion, le Sous-Secrétaire général des Nations Unies pour le Moyen-Orient, l’Europe, les Amériques, l’Asie et le Pacifique, Khaled Khiari, appelant toutes les parties à privilégier le dialogue sous l’égide de l’ONU.

Une montée des tensions

Les tensions se sont ravivées après qu’un avion iranien aurait effectué un aller-retour entre Téhéran et l’aéroport international de Sanaa le 3 juillet. Ce vol aurait notamment transporté une délégation houthie venue assister aux funérailles du défunt Guide suprême de l’Iran. Le gouvernement yéménite a dénoncé une violation de son espace aérien et de sa souveraineté.

Lundi, un second appareil iranien transportant une délégation houthie de retour de Téhéran aurait atterri à l’aéroport de Hodeïda, après des frappes signalées contre l’aéroport de Sanaa, que les Houthis attribuent à l’Arabie saoudite. Selon le gouvernement yéménite, ces frappes visaient à empêcher cet avion d’atterrir. Les Houthis ont ensuite annoncé la « fin de la phase de désescalade » avec Riyad et auraient lancé des missiles balistiques contre le royaume, interceptés par la défense saoudienne.

Face à cette montée des tensions, l’Envoyé spécial de l’ONU pour le Yémen, Hans Grundberg, a intensifié ses contacts avec toutes les parties, y compris leurs représentants militaires, afin d’éviter une reprise généralisée des hostilités.

« Il n’existe pas d’alternative à un processus politique inclusif dirigé par les Yéménites », a insisté M. Khiari.

L’ONU appelle les parties à préserver le calme relatif observé depuis la trêve négociée en avril 2022. Cet accord avait notamment permis la reprise des vols commerciaux entre Sanaa et Amman, en Jordanie, démontrant que des avancées concrètes étaient possibles lorsque les parties acceptaient de faire des compromis.

Plus récemment, en mai, le gouvernement et les Houthis sont également parvenus, sous médiation onusienne, à un accord prévoyant la libération de plus de 1.600 détenus liés au conflit, le plus important échange depuis le début de la guerre. Le 11 juillet, les deux camps ont réaffirmé leur engagement à mettre pleinement en œuvre cet accord.

« Les mesures unilatérales ne rapprocheront pas le Yémen de la paix », a toutefois averti M. Khiari. « Au contraire, elles risquent d’accentuer les divisions, d’accélérer la fragmentation du pays et d’accroître le risque d’une nouvelle confrontation militaire ».

© UNFPA
De l’aide est distribuée à des familles du gouvernorat d’Al-Jawf, au Yémen.

Une crise humanitaire qui s’aggrave

Sur le terrain, la situation humanitaire continue de se détériorer.

« La crise humanitaire au Yémen s’aggrave alors même que notre capacité à y répondre a été fortement réduite », a alerté le Sous-Secrétaire général des Nations Unies par intérim aux affaires humanitaires, Indrika Ratwatte.

Le Yémen fait face simultanément à une aggravation de l’insécurité alimentaire, aux effets attendus du phénomène El Niño sur les récoltes et les moyens de subsistance, ainsi qu’à une chute sans précédent du financement humanitaire.

Plus de 18 millions de personnes souffrent aujourd’hui de la faim, faisant du Yémen l’une des pires crises alimentaires au monde.

La malnutrition menace des millions d’enfants ainsi que les femmes enceintes et allaitantes, tandis que le système de santé, fragilisé par plus d’une décennie de conflit, continue de s’effondrer. Au cours de la seule année écoulée, 450 établissements de santé, dont 76 hôpitaux, ont fermé faute de financements.

Les organisations humanitaires sont désormais contraintes de réduire leurs programmes et de réserver leur assistance aux cas les plus critiques.

« Chaque réduction de financement a un visage humain », a souligné M. Ratwatte. « Cela signifie moins d’enfants traités contre la malnutrition, moins de centres de santé capables de répondre aux besoins essentiels et moins de services de protection pour les femmes et les filles ».

L’ONU avertit qu’une nouvelle escalade militaire risquerait d’entraîner de nouveaux déplacements de population, de faire grimper les prix des denrées alimentaires et du carburant et de compliquer encore davantage l’acheminement de l’aide.

Les Nations Unies ont également renouvelé leur appel à la libération immédiate et sans condition des 73 membres de leur personnel, ainsi que d’employés d’organisations non gouvernementales et de la société civile, toujours détenus arbitrairement par les Houthis.

POUR EN SAVOIR PLUS, lire ci-dessous la couverture en direct des discussions assurée par l’équipe de la Section de la Couverture des réunions des Nations Unies.

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

To submit your press release: (https://www.globaldiasporanews.com/pr).

To advertise on Global Diaspora News: (www.globaldiasporanews.com/ads).

Sign up to Global Diaspora News newsletter (https://www.globaldiasporanews.com/newsletter/) to start receiving updates and opportunities directly in your email inbox for free.