Selon le Coordonnateur résident et humanitaire de l’ONU au Yémen, « les enfants meurent et la situation va empirer ». 

« Je crains que nous n’en entendions parler que lorsque la mortalité et la morbidité auront considérablement augmenté au cours de l’année prochaine », a déclaré lors d’un point de presse à Genève, Julien Harneis.

Cette alerte fait suite à une tentative des forces affiliées au Conseil de transition du Sud (CTS) d’étendre leur présence dans les gouvernorats orientaux de l’Hadramout et d’Al Mahra, une initiative qui aurait été contrecarrée au début du mois par les forces alignées sur le gouvernement et soutenues par l’Arabie saoudite.

Un petit garçon dans les bras de sa mère à Al Hawtah, dans le gouvernorat de Lahj, au Yémen.

« Situation extrêmement compliquée »

Cette dernière crise survient après plus d’une décennie de combats entre les forces dirigées par les Houthis, qui contrôlent la capitale Sanaa, et le gouvernement internationalement reconnu d’Aden, soutenu par une coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite.

« C’est une situation extrêmement compliquée », a fait valoir M. Harneis. « Rien que le mois dernier à Aden, nous avons connu une situation où le gouvernement yéménite était aux commandes, puis, en l’espace de 48 heures, le Conseil de transition du Sud a pris le contrôle de l’ensemble des zones contrôlées par le gouvernement yéménite, y compris des zones où il n’avait jamais été présent auparavant ».

Cependant, quatre semaines plus tard, une délégation du CST a publié une déclaration à Riyad, en Arabie saoudite, annonçant qu’elle avait en fait « dissous » son mouvement, permettant ainsi au gouvernement yéménite de reprendre le contrôle des zones récemment conquises. 

« Mais dans le même temps, nous avons eu des manifestations à Aden pour dire : “Non, nous ne sommes pas [dissous], nous sommes toujours là” », a expliqué M. Harneis.

Employés de l’ONU détenus au Yémen

La semaine dernière, l’Envoyé spécial des Nations Unies pour le Yémen, Hans Grundberg, avait affirmé au Conseil de sécurité que ces derniers bouleversements politiques et sécuritaires soulignaient à quel point la stabilité pouvait rapidement s’effondrer sans un processus politique crédible et inclusif permettant de mettre fin par la négociation à cette guerre dévastatrice.

Assurer un avenir pacifique au peuple yéménite et lui fournir une aide vitale est également compliqué par la détention continue de membres du personnel des Nations Unies et de diplomates, entre autres, par les rebelles houthis, soutenus par l’Iran et contrôlant Sanaa. 

M. Harneis a décrit le calvaire des familles des personnes toujours détenues : « C’est terrible pour elles ; certaines familles n’ont pas vu leurs proches depuis cinq ans. Elles ne connaissent pas les conditions de leur détention, elles ne savent pas où ils se trouvent, elles ne savent pas s’ils vont être condamnés à mort dans les jours à venir ».

Insécurité alimentaire

Sur le plan humanitaire, les dernières données de l’ONU montrent que plus de 18 millions de Yéménites, soit environ la moitié de la population, seront confrontés à une insécurité alimentaire aiguë le mois prochain, tandis que des dizaines de milliers d’autres pourraient connaître des conditions proches de la famine.

Le système de santé est également en train de s’effondrer. Plus de 450 établissements ont déjà fermé leurs portes et des milliers d’autres risquent de perdre leur financement. Les programmes de vaccination sont aussi menacés et seuls deux tiers des enfants yéménites sont entièrement vaccinés, en grande partie en raison d’un manque d’accès dans le nord du pays.

Malgré les restrictions d’accès, les partenaires des Nations Unies ont fourni une aide alimentaire à 3,4 millions de personnes l’année dernière, ainsi qu’une aide d’urgence lors des inondations et des épidémies.

L’ONU travaille au Yémen depuis les années 1960, contribuant au développement du pays et à la protection des populations les plus vulnérables. « Et puis soudain, ces deux dernières années, cette rupture… inexplicable », a déclaré M. Harneis. « Cela a un effet terrifiant sur les travailleurs humanitaires ».

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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