Dans un récit sobre, elle est ainsi revenue sur les derniers gestes d’un matin ordinaire devenu tragédie pour de nombreuses familles de cette localité du sud du pays.

Sur l’écran de la Salle des assemblées du Palais des Nations, le visage de Mohaddeseh Falahat apparaît face aux délégués réunis pour ce débat urgent de l’organe onusien basé à Genève. Lors de ce récit, Mme Falahat n’a pas haussé la voix. Elle raconte.

« Ce matin-là était comme tous les autres. J’avais l’habitude de leur lacer les chaussures près de la porte, de leur peigner les cheveux et de leur mettre les sacs à dos sur les épaules. Rien ne laissait présager que ce serait la dernière fois », dit-elle.

« En franchissant la porte, ils m’ont simplement dit : ‘Maman, viens nous chercher après l’école’. Cette phrase toute simple résonne désormais mille fois dans mon esprit, et à chaque fois, mon cœur brûle de douleur ».

Vies suspendues, rêves brisés

Derrière ses mots, rien que des gestes simples, répétés chaque jour – préparer ses enfants, les regarder partir à l’école. Une scène banale, immuable. C’est par là qu’elle commence, comme pour retenir encore un peu ce moment précieux qui existait avant.

« Aucune mère ne s’imagine qu’elle va envoyer son enfant à l’école avec le sourire, pour n’être accueillie que par le silence ». Et puis, sans transition, affleure cette phrase brutale : « Vos enfants ne reviendront pas ». Une annonce sèche, rapportée telle quelle. Quelques mots qui suffisent à rompre le fil du quotidien et à faire basculer une vie.

Ces jours-ci, dit-elle, le monde s’est peuplé d’absences. Chaque enfant croisé dans la rue devient, l’espace d’un instant, un espoir, puis un souvenir douloureux. Peut-être que si c’étaient les siens, Mahdieh et Amin, ils courraient ainsi, riraient ainsi, vivraient ainsi.

Depuis, rien n’a vraiment bougé chez elle. Les vêtements achetés avec tant de joie pour le Nouvel An iranien, Nowruz, attendent toujours. Les cahiers sont restés ouverts, interrompus au milieu d’une page. Et puis il y a le reste, l’invisible. « Leurs rêves… des rêves qu’ils n’ont jamais eu la chance de continuer à écrire », a conclu Mme Falahat.

Des salles de classe en ruines

En écho au témoignage de la maman de deux écoliers, la réaction du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme est venue souligner la gravité du drame et l’exigence de justice, après le bombardement mortel de l’école de Minab, dans le sud du pays, qui a selon Téhéran fait plus de 165 morts.

« Le bombardement de l’école primaire Shajareh Tayyebeh à Minab a provoqué une horreur profonde », a déclaré Volker Türk devant le Conseil des droits de l’homme, soulignant qu’«il revient aux auteurs de l’attaque d’enquêter rapidement, impartialement, de manière transparente et approfondie ».

« Les images de salles de classe bombardées et de parents en deuil ont clairement montré qui paie le prix le plus élevé de la guerre : les civils, qui n’ont aucun pouvoir sur les décisions qui ont mené au conflit », a-t-il ajouté dans un message vidéo.

Pour le chef des droits de l’homme de l’ONU, quelles que soient les divergences entre les nations, « toutes doivent convenir qu’elles ne seront pas résolues en tuant des écoliers ». « Tuer des écoliers ne saurait en aucun cas constituer un moyen de résoudre les différends entre pays », a déclaré Volker Türk.

Téhéran accuse les Etats-Unis

Selon les autorités iraniennes, ce bombardement, qui a fait plus de 175 morts le 28 février, « n’était ni un simple [incident] », « ni une [erreur de calcul] ».

« Personne ne peut croire que l’attaque contre l’école ait été autre chose qu’un acte délibéré et intentionnel », a estimé vendredi le ministre iranien des affaires étrangères, Abbas Araghtchi. « Les déclarations contradictoires des Etats-Unis visant à justifier leur crime ne sauraient en aucun cas les exonérer de leur responsabilité », a-t-il poursuivi, dans un message vidéo.

« Cette atrocité ne peut être justifiée, ne peut être dissimulée et ne doit pas être accueillie par le silence et l’indifférence », a insisté dans un message vidéo le chef de la diplomatie iranienne, tout en soulignant que « plus de 600 établissements scolaires ont été détruits ou endommagés, ce qui a causé la mort de plus d’un millier d’élèves ».

Washington déclare ouvrir une enquête

En attendant, « de hauts responsables américains ont déclaré qu’une enquête était en cours concernant cette frappe ». « Je demande que cette enquête soit menée à bien dans les plus brefs délais et que ses conclusions soient rendues publiques », a affirmé M. Türk, rappelant que « justice doit être faite pour les terribles dommages causés ».

Lors de ce débat urgent, le Haut-Commissaire a également qualifié « d’imprudence incompréhensible » le fait de prendre pour cible des installations nucléaires. 

Dans la foulée de ces propos, l’alerte sur les risques d’escalade militaire se renforce. Selon le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme (HCDH), le conflit atteint des « niveaux dangereux ».

Dans ce contexte de tensions croissantes, les conséquences du recours à la force sont vivement dénoncées. « Les bombes et les missiles ne mènent pas à une paix durable. Ils apportent la mort, la destruction et la misère, et, dans de nombreux cas, ne font qu’aggraver les griefs et alimenter de futures violences », a-t-il fait valoir. Face à ces constats, M. Türk a lancé un appel pressant à la retenue et à la reprise du dialogue au Moyen-Orient.

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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