Cette condamnation sans appel intervient quatre jours après l’intervention militaire américaine dans la capitale vénézuélienne, à l’issue de laquelle le président Maduro et son épouse, Cilia Flores, ont été capturés puis transférés aux États-Unis, où le couple fait l’objet d’un mandat d’arrêt pour trafic de drogue.

Initialement présentée par le représentant américain à l’ONU, Mike Waltz, comme une simple arrestation visant à « mettre en œuvre la législation » américaine, l’opération prend désormais une tournure géopolitique. Mercredi, le secrétaire américain à l’énergie, Chris Wright, a confirmé que les États-Unis entendaient prendre la main sur la commercialisation du brut vénézuélien. « À l’avenir, nous vendrons la production qui sortira du Venezuela sur le marché mondial », a-t-il déclaré, selon la presse, évoquant un contrôle appelé à durer.

La veille, le président américain avait affirmé que Caracas livrerait entre 30 et 50 millions de barils aux États-Unis – l’équivalent de près de deux mois de production – et que Washington en contrôlerait les bénéfices. Aucun cadre juridique clair n’a été avancé. À Caracas, les autorités n’ont pas officiellement réagi.

Un pétrole sous contrainte américaine

Cette prise de contrôle économique se double d’une démonstration de force navale. Les Etats-Unis ont annoncé mercredi la saisie de deux pétroliers, l’un battant pavillon russe dans l’Atlantique Nord, l’autre sans pavillon en mer des Caraïbes, soupçonnés de contourner les sanctions américaines visant les exportations énergétiques du Venezuela. Dans le premier cas, les garde-côtes américains ont intercepté un navire enregistré en Russie après deux semaines de poursuite. L’intervention s’est déroulée selon la presse sans affrontement direct avec des navires russes, mais elle marque une escalade supplémentaire dans la confrontation avec Moscou, allié historique de Caracas.

C’est ce continuum – frappes, capture, contrôle des flux énergétiques – que dénoncent des experts indépendants de l’ONU dans un communiqué publié mercredi à Genève. Ils y condamnent « l’action militaire de grande ampleur menée par les États-Unis contre la République bolivarienne du Venezuela », le bombardement de Caracas et d’autres villes, ainsi que « l’enlèvement forcé » du président Maduro et de son épouse.

Mais leur mise en garde la plus sévère porte sur la finalité de l’intervention. « Les vastes ressources naturelles du Venezuela, y compris les plus importantes réserves prouvées de pétrole au monde, ne doivent pas être exploitées de manière cynique à travers des prétextes à peine voilés pour légitimer une agression militaire, une occupation étrangère ou des stratégies de changement de régime », préviennent-ils.

Le droit international mis à l’épreuve

Les experts estiment que l’usage non provoqué de la force armée sur le territoire vénézuélien constitue une violation manifeste de l’article 2 de la Charte des Nations Unies, qui interdit le recours à la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique d’un État. Ils rappellent également qu’en droit international coutumier, un chef d’État en exercice bénéficie d’une immunité devant les juridictions pénales étrangères – indépendamment de toute reconnaissance diplomatique – principe affirmé par la Cour internationale de justice en 2002.

Ils alertent surtout sur les déclarations publiques du président américain affirmant que les États-Unis « dirigeront le pays jusqu’à ce qu’une transition sûre, appropriée et judicieuse soit possible » et qu’ils vont « extraire du sol une quantité considérable de richesses ». Pour les experts, ces propos traduisent un mépris flagrant du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et de leur souveraineté sur leurs ressources naturelles, piliers du droit international des droits humains.

« Pris dans leur ensemble, ces agissements signalent une remise en cause délibérée de l’ordre juridique international et du principe fondamental selon lequel la puissance doit être contrainte par le droit », avertissent-ils, dénonçant « un retour à la diplomatie de la canonnière ».

Une onde de choc régionale

Sur le terrain, les conséquences se font déjà sentir. À Caracas, des habitants évoquent la présence accrue de milices armées gouvernementales. À Cuba, privée de pétrole vénézuélien, la perspective d’un effondrement énergétique inquiète un pays déjà frappé par des pénuries chroniques. Et en mer, l’arraisonnement du pétrolier russe ouvre un nouveau front dans une confrontation qui dépasse désormais largement le seul Venezuela.

« Si l’Amérique latine porte les cicatrices historiques de nombreuses interventions coloniales et impérialistes, elle incarne aussi une longue tradition de luttes de résistance et d’émancipation », rappellent les experts onusiens. Leur appel est sans ambiguïté : « L’avenir du Venezuela doit être déterminé par le peuple vénézuélien seul, en pleine souveraineté… sans coercition extérieure, sans force militaire ni strangulation économique. »

À défaut, préviennent-ils, la normalisation de telles pratiques risquerait d’entériner un monde où la force prime sur le droit — et où le pétrole redevient, une fois encore, la monnaie d’un rapport de domination.

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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