Mercredi, le directeur de l’agence sanitaire des Nations Unies, Tedros Ghebreyesus, a rappelé dans un message sur X que les calendriers vaccinaux ne sont pas établis au hasard. Ils reposent sur des données constamment réévaluées afin de déterminer à quel âge les enfants sont les plus exposés aux infections, quelle protection leur apporter et selon quel schéma administrer les doses « en toute sécurité ».
Cette mise au point intervient deux jours après la signature, lundi, par le président américain Donald Trump, d’un décret préconisant un calendrier de vaccination infantile réduit à 11 vaccins. Le locataire de la Maison Blanche a affirmé que cette mesure offrirait aux enfants une protection « de référence » et rapprocherait les États-Unis d’autres pays développés recommandant moins de vaccins.
Retarder les doses ne les rend pas plus sûres
Pour l’OMS, cependant, les données scientifiques disponibles ne justifient pas cette réduction du calendrier vaccinal.
« Tout parent souhaite garder ses enfants en sécurité », a souligné le chef de l’OMS, tout en rappelant que la vaccination demeure l’un des moyens les plus efficaces de prévenir des maladies potentiellement mortelles.
« Ces données sont réexaminées en permanence à mesure que de nouvelles informations émergent à travers le monde. Les données actuelles sont sans équivoque : les vaccins, y compris le vaccin ROR (rougeole-oreillons-rubéole), sont sûrs et ne provoquent pas d’autisme », a insisté le Dr Tedros, soulignant que retarder la vaccination ou espacer inutilement les doses ne rend pas la vaccination plus sûre et peut laisser les enfants sans protection.
L’OMS souligne toutefois que ses recommandations mondiales ne constituent pas un calendrier uniforme imposé à tous les pays. Elles servent de référence aux experts nationaux, qui les adaptent en fonction de la circulation locale des maladies, des caractéristiques des systèmes de santé et des besoins de leur population.
Mardi déjà, le porte-parole de l’organisation, Tarik Jašarević, avait rappelé, lors d’une conférence de presse à Genève, que les recommandations vaccinales reposent sur plus de 60 ans de recherches menées par l’OMS, les autorités sanitaires nationales et des groupes d’experts indépendants.
Dans la plupart des pays, des groupes consultatifs techniques nationaux, composés d’experts de plusieurs disciplines, examinent ces données avant de formuler des recommandations aux gouvernements. Ils s’appuient notamment sur les orientations du Groupe consultatif stratégique d’experts sur la vaccination (SAGE) de l’OMS, chargé d’évaluer les données scientifiques et de formuler des recommandations indépendantes de toute influence industrielle ou politique.
« Nous espérons que tous les pays utiliseront ces données scientifiques de pointe dont nous disposons », a déclaré M. Jašarević.
Le timing de la vaccination compte
Au cœur de la mise en garde de l’OMS se trouve aussi la question du calendrier. Le choix de l’âge auquel un vaccin est administré répond à l’évolution du risque : les experts examinent la manière dont une maladie se propage, les populations qu’elle touche le plus et les périodes de la vie où ses conséquences peuvent être les plus graves.
Pour chaque vaccin, l’OMS publie ainsi des documents de référence réunissant les données sur la maladie concernée, l’efficacité et l’innocuité des produits disponibles ainsi que le moment recommandé pour administrer chaque dose.
« Les recommandations de l’OMS reposent sur des données scientifiques […]. Chaque vaccin est recommandé au moment où il offre la meilleure protection contre les formes graves de la maladie : un type de vaccin peut être nécessaire à la naissance, un autre à l’adolescence », a insisté M. Jašarević.
Pour l’agence onusienne, réduire le nombre de vaccins ou repousser certaines injections ne constitue donc pas, en soi, une approche plus prudente. Cela peut au contraire prolonger la période pendant laquelle les enfants restent exposés à des maladies évitables.
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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