Huit décennies plus tard, l’aspiration à la paix, à la dignité et à l’égalité résonne toujours alors que l’ONU célèbre ses 80 ans d’existence à New York — une ville désormais indissociable de l’identité mondiale de l’Organisation… mais qui n’était pas forcément destinée à accueillir son siège.
Hunter College en juin 1946.
Hunter College (aujourd’hui Lehman College), situé dans le quartier du Bronx à New York, fut l’un des premiers sièges temporaires des Nations Unies et le lieu de la toute première réunion du Conseil de sécurité de l’ONU sur le sol américain, le 25 mars 1946.
Le gymnase de basket-ball du Hunter College fut aménagé pour servir de salle du Conseil de sécurité en l’espace de trois semaines seulement. Les journalistes furent installés dans une piscine reconvertie. L’une des premières questions abordées par le Conseil fut celle de l’Iran.
Deux employés actuels du Lehman College tiennent une photographie du Conseil de sécurité de l’ONU datant de 1946, qui occupait autrefois le terrain de basket du collège.
Hunter College n’a jamais été assez vaste pour accueillir le personnel de l’ONU nécessaire au fonctionnement de l’organisation — sans parler des délégués des 51 pays ou États membres que comptaient alors les Nations Unies ; c’est pourquoi un nouveau siège temporaire fut établi dans une usine de munitions de la Seconde Guerre mondiale, à Lake Success, à Long Island, dans la banlieue de New York.
Des employés des Nations Unies arrivent à Lake Success en octobre 1946.
En 1946 — comme c’est le cas aujourd’hui — le personnel de l’ONU était issu d’un milieu multiculturel et international. Les articles de presse s’émerveillaient devant le caractère unique de ce spectacle : des femmes en sari côtoyant des hommes vêtus de la traditionnelle robe thawb.
À Lake Success, les réunions étaient enregistrées et diffusées à l’échelle internationale, marquant un moment sans précédent dans l’histoire de la radiodiffusion mondiale.
Eleanor Roosevelt (au centre) participe à une discussion de la Radio de l’ONU sur la Charte internationale des droits de l’homme.
La Radio des Nations Unies a été créée en 1946 ; l’une de ses premières invitées fut Eleanor Roosevelt (au centre de la photo ci-dessus), déléguée américaine (et ancienne Première dame des États-Unis) qui fut la force motrice de la Déclaration universelle des droits de l’homme.
La Journée mondiale de la radio est célébrée chaque année le 13 février — jour où la Radio des Nations Unies a pris l’antenne pour la première fois, il y a 80 ans cette année.
Une entreprise new-yorkaise se prépare à déménager les Nations Unies.
Bientôt, l’ONU eut besoin de davantage d’espace ; un accord fut donc conclu pour tenir les réunions de l’Assemblée générale sur l’ancien site de l’Exposition universelle, à Flushing Meadows, dans le Queens à New York. Le Conseil de sécurité et les autres activités de l’ONU demeurèrent, quant à eux, à Lake Success.
Le site de Flushing Meadows était froid et venteux, et cela se voyait : les délégués portaient souvent leur manteau à l’intérieur. Un huissier apparut vêtu d’un manteau mandarin matelassé, tandis que des délégués indiennes ajoutaient des châles de laine par-dessus leurs saris. Une infirmière de l’ONU se tenait à disposition pour soigner les nombreux rhumes, prouvant ainsi que même la diplomatie mondiale devait braver la rigueur du climat new-yorkais.
En dépit du froid, le Secrétaire général Trygve Lie qualifia le bâtiment et le parc environnant de « symbole puissant de la chaleur de l’amitié unissant l’ONU à sa ville hôte ».
Une patinoire fut transformée en salle de l’Assemblée générale, qui s’y réunit jusqu’en 1950. A cette date, l’ONU comptait désormais 60 États Membres. (Aujourd’hui, ils sont 193).
Un employé de l’ONU vérifie les plaques nominatives des pays participant à l’Assemblée générale des Nations Unies à Flushing Meadow.
La logistique inhérente à l’organisation de réunions internationales d’une ampleur sans précédent a incombé au personnel du Secrétariat de l’ONU — l’organe administratif et exécutif des Nations Unies, qui assure le fonctionnement de l’Organisation.
Sur la photo ci-dessus, un membre du personnel de l’ONU prépare les plaques nominatives des pays participant à une séance de l’Assemblée générale des Nations Unies à Flushing Meadow.
Des attachés de presse des Nations Unies révisent les comptes rendus intégraux des réunions de l’ONU.
Dans les coulisses, des centaines de responsables de la communication et des relations publiques s’employaient à garantir que les questions débattues au sein de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité touchent le public le plus large possible. Les comptes rendus intégraux des séances étaient établis par des attachés de presse (photographiés ci-dessus) en anglais et en français — les langues de travail de l’ONU — puis diffusés à l’échelle mondiale.
Tandis que l’ONU poursuivait ses travaux à Flushing Meadow, les efforts s’intensifiaient pour trouver un siège permanent à l’organisation mondiale.
Le Secrétaire général de l’ONU, Trygve Lie (au centre), accepte un don de 8,5 millions de dollars en mars 1947 pour l’achat d’un terrain sur l’East River, à Manhattan.
New York a dû faire face à la concurrence de Boston, Philadelphie, San Francisco et du comté de Fairfield (dans l’État du Connecticut), ainsi que du comté de Westchester (dans l’État de New York).
Un don de 8,5 millions de dollars, offert par l’industriel américain — et probablement l’homme le plus riche du monde à l’époque — John D. Rockefeller, a permis d’acquérir le site de 17 acres qu’occupe actuellement le siège des Nations Unies, sur l’East River à Manhattan.
Sur cette image ci-dessus, le Secrétaire général des Nations Unies de l’époque, Trygve Lie (au centre), accepte ce don des mains de John D. Rockefeller Jr. (à droite), en présence également du maire de New York, William O’Dwyer.
En 1947, les travaux de déblaiement du terrain pour la construction du Siège des Nations Unies débutent.
Les travaux de déblaiement du site ont commencé ; trois cents ans plus tôt, celui-ci était un champ de tabac, mais il avait plus récemment servi d’entrepôts de conditionnement de viande.
Des ouvriers se lavent après une journée de construction au siège des Nations Unies à New York, en 1947.
Un reporter de la Radio de l’ONU s’est rendu sur le site et a interrogé un passant :
Qu’est-ce qui vous fascine dans ce spectacle ?
Le passant : Ce qui m’intéresse, ce sont ces hommes, là en bas, qui sont en train de creuser un trou.
Le reporter : Quel est votre sentiment — en tant que New-Yorkais, en tant qu’Américain, en tant que citoyen de l’une des nations représentées aux Nations Unies ? Quel est votre sentiment sincère, franc, à propos de tout cela ?
Le passant : Je trouve cela tout simplement merveilleux. Je pense que si les Nations Unies parviennent à fonctionner, ce sera la chose la plus merveilleuse qui nous soit jamais arrivée.
Le reporter : J’ai remarqué que vous avez nuancé votre propos. À votre avis, qu’est-ce qui pourrait empêcher ce projet de fonctionner ?
Le passant : Nous seuls ; les gens, tout simplement.
Le reporter : C’est la meilleure réponse que l’on m’ait jamais donnée.
La construction du Siège des Nations Unies à Manhattan — dirigée par une équipe internationale d’architectes de renom, parmi lesquels Le Corbusier et Oscar Niemeyer — a duré environ trois ans.
Le personnel a commencé à emménager dans le bâtiment en 1951 et, lorsque celui-ci fut finalement achevé en 1952, il offrait des espaces de bureaux pouvant accueillir quelque 3 000 personnes.
Un laveur de vitres est perché de manière précaire sur une fenêtre, côté First Avenue, au siège des Nations Unies, en 1951.
La relation entre l’ONU et la ville de New York remonte désormais à 80 ans, et l’historien Chris McNickle affirme n’avoir « aucun doute sur le fait que les Nations Unies se trouvent exactement là où elles doivent être ».
« New York est la grande ville d’immigration par excellence à l’échelle mondiale. C’est un message fort que la ville adresse au monde : des personnes de tous horizons, de toutes les régions du globe, de toute race, de toute couleur, de toute croyance et de toute religion peuvent travailler ensemble et s’entendre ; et je pense que cela reste vrai aujourd’hui ».
Les États-Unis, membre fondateur de l’ONU, ont joué un rôle moteur tant dans la conception de l’organisation que dans sa concrétisation physique.
L’ambassadeur américain Warren R. Austin, président du comité chargé de l’aménagement du complexe de l’ONU, a déclaré que « les Nations Unies reposent sur des principes qui perdureront bien au-delà de l’acier et de la pierre de n’importe quelle structure matérielle. Les Nations Unies se dressent, régies par la loi divine, comme le principal instrument créé par l’homme pour résoudre les problèmes et unir les peuples du monde ».
Le bâtiment du Secrétariat se dresse derrière la salle de l’Assemblée générale au siège de l’ONU à New York.
Comment ce reportage a-t-il été réalisé ?
ONU Info a participé à une visite des sites, situés à New York et dans ses environs, qui ont accueilli les Nations Unies avant que l’Organisation ne s’installe définitivement à Manhattan. Cette visite était organisée à l’intention des guides officiels de l’ONU, dans le cadre de leur perfectionnement professionnel et avec le soutien de l’un des archivistes de l’Organisation. Les incroyables archives audiovisuelles de l’ONU — qui renferment les documents historiques de l’Organisation depuis le tout premier jour de son existence — ont été passées au crible afin d’en extraire les plus anciens enregistrements de réunions clés et les reportages réalisés par les journalistes de la Radio de l’ONU. Les images ont été fournies par ONU Photo.
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
To submit your press release: (https://www.globaldiasporanews.com/pr).
To advertise on Global Diaspora News: (www.globaldiasporanews.com/ads).
Sign up to Global Diaspora News newsletter (https://www.globaldiasporanews.com/newsletter/) to start receiving updates and opportunities directly in your email inbox for free.




























