Selon l’Unicef, près de 2,6 millions d’enfants ont dû fuir leur foyer depuis le 24 février 2022, dont environ 791 000 à l’intérieur du pays et 1,8 million à l’étranger. « Pour les enfants en Ukraine, la sécurité est de plus en plus difficile à trouver », a souligné mardi Regina De Dominicis, qui dirige le bureau européen de l’agence. «  D’une certaine manière, la guerre suit ces enfants ».

Alors que la crise humanitaire dans le pays s’aggrave, des négociateurs ukrainiens et russes participent à Genève à de nouveaux pourparlers de paix, sous médiation américaine, pour tenter de desserrer un conflit sur le point d’entrer dans sa cinquième année.

Kherson, ville sous pression permanente

Dans la ville méridionale de Kherson, proche des combats, la vie quotidienne reste dominée par les bombardements. « Cette zone de première ligne est couverte de filets anti-drones, et l’enfance s’est littéralement déplacée sous terre », a expliqué mardi Munir Mammadzade, représentant de l’Unicef en Ukraine, dans un entretien depuis un sous-sol transformé en centre de protection de l’enfance.

Sur les 60 000 enfants qui vivaient dans la ville avant février 2022, seuls environ 5 000 y résident encore. « Aujourd’hui, les enfants apprennent, jouent et dorment dans des sous-sols juste pour rester en sécurité », a-t-il précisé.

Les frappes continuent de viser des infrastructures civiles. Selon les autorités ukrainiennes, l’hôpital pour enfants de Kherson a été touché à huit reprises mardi matin. Ailleurs dans le pays, les attaques nocturnes contre les installations énergétiques plongent régulièrement des dizaines de milliers de personnes dans le froid, sans chauffage ni eau.

Dans ce contexte, les humanitaires alertent sur les risques sanitaires, notamment pour les nourrissons et les jeunes enfants, exposés aux maladies respiratoires et à l’hypothermie lors des longues coupures d’énergie hivernales.

Une génération marquée durablement

Depuis le début de l’invasion totale du territoire ukrainien par Moscou, plus de 3 200 enfants ont été tués ou blessés par les bombardements, selon les données vérifiées par l’ONU. L’an dernier encore, les victimes infantiles ont augmenté d’environ 10 %, troisième année consécutive de hausse.

Au-delà des blessures physiques, les conséquences psychologiques deviennent un sujet majeur. « La peur constante des attaques, les abris interminables dans les sous-sols et l’isolement à domicile […] ont laissé les enfants et les adolescents en difficulté, avec des conséquences pour leur santé mentale et physique », a averti Munir Mammadzade.

Une enquête récente de l’Unicef indique qu’un adolescent déplacé sur trois âgé de 15 à 19 ans a déjà dû fuir au moins deux fois. Un quart d’entre eux disent désormais perdre espoir quant à leur avenir dans le pays.

L’UNICEF/Ian Dobronosov est détenu par l’UNICEF.

Les pompiers interviennent suite à une attaque nocturne à Kiev, la capitale de l’Ukraine.

Des services essentiels fragilisés

La guerre a profondément dégradé les infrastructures dont dépendent les enfants. Plus de 1 700 établissements scolaires ont été endommagés ou détruits, empêchant un enfant sur trois de suivre une scolarité en présentiel à temps plein. Les structures médicales sont également touchées. Près de 200 ont été endommagées ou détruites pour la seule année 2025.

Face à ces défis, l’Unicef poursuit une assistance d’urgence à grande échelle – soutien psychologique, aide financière hivernale, accès à l’eau potable, centres éducatifs temporaires – tout en appuyant la remise en état des services publics essentiels.

Mais pour les responsables humanitaires, la réponse ne peut être uniquement humanitaire. « Chaque enfant a le droit de grandir en sécurité et ce droit doit être respecté sans exception », a rappelé Regina De Dominicis.

Bientôt quatre ans après le début de la guerre actuelle, ce droit reste, pour des millions d’enfants ukrainiens, suspendu aux négociations d’un accord de paix encore hors de portée.

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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