Durant ses entretiens à Juba avec le président Salva Kiir, l’une des vice-présidentes sud-soudanaises, Rebecca Nyandeng De Mabior, et plusieurs ministres, M. Fletcher n’a eu de cesse de plaider pour « la paix, l’accès humanitaire et la protection des civils et des travailleurs humanitaires ».
Selon une mise à jour du bureau onusien des affaires humanitaires (OCHA), publiée lundi, le haut responsable a également rappelé lors d’une visite dans le nord du pays une évidence trop souvent démentie par les faits : « les civils ne devraient jamais être une cible ».
Le chef des affaires humanitaires de l’ONU, Tom Fletcher (au centre), rend visite à l’hôpital du comté d’Akobo, dans l’État de Jonglei, où les médecins travaillent sans relâche pour traiter les personnes blessées par la reprise des combats.
Des déplacements qui s’accumulent
À Malakal, capitale de l’État du Nil supérieur, dans le nord-est, environ 45 000 personnes vivent toujours dans un ancien site de protection créé à l’époque de la guerre civile et désormais sous responsabilité gouvernementale. Beaucoup y survivent depuis des années, sans perspective claire de retour ni d’intégration durable.
À proximité, au centre de transit de Bulukat, d’autres familles arrivent du Soudan voisin, fuyant la guerre civile qui y fait rage depuis avril 2023. Elles disent vouloir « la paix et la sécurité » et réclament « un soutien urgent pour reconstruire leur vie dans la dignité ». Des attentes qui se heurtent à la faiblesse des infrastructures sud-soudanaises et aux tensions locales persistantes.
Samedi, Tom Fletcher s’est rendu à Akobo, ville tenue par l’opposition dans l’État du Jonglei, où environ 42 000 déplacés ont fui les combats récents avec les forces gouvernementales dans plusieurs comtés voisins. À l’hôpital du comté, l’OCHA précise que les médecins travaillent sans relâche pour soigner les blessés. Le responsable onusien y a notamment rencontré un enfant de 18 mois et une femme de 70 ans atteints par balles, deux illustrations brutales des affrontements qui continuent de frapper indistinctement civils et combattants.
Un pays encore hanté par sa guerre civile
Depuis son indépendance en 2011, arrachée après des décennies de conflit avec le pouvoir soudanais à Khartoum, le plus jeune État du monde peine à stabiliser ses institutions. La guerre civile déclenchée fin 2013 entre le président Salva Kiir, issu de la communauté dinka, majoritaire dans le pays, et son ancien vice-président Riek Machar, figure politique de la communauté nuer, a fait des centaines de milliers de morts et déplacé des millions de personnes avant l’accord de paix de 2018, censé instaurer un partage du pouvoir fragile.
Mais les tensions politiques entre les deux rivaux historiques se sont ravivées l’an dernier, nourrissant des affrontements localisés dans le nord et le centre du pays. L’arrestation en mars 2025 de Riek Machar, suivie d’épisodes de violences armées, a ravivé les craintes d’un retour à un conflit plus large, même si les autorités affirment vouloir préserver l’accord de paix.
Appels à la paix et à la responsabilité politique
À Juba, diplomates, ONG et responsables religieux rencontrés par Tom Fletcher ont appelé à la paix, à davantage de responsabilité politique et à une protection accrue des civils. Tous soulignent, selon l’OCHA, que la moindre détérioration sécuritaire complique l’acheminement de l’aide dans un pays où une grande partie de la population dépend déjà de l’assistance humanitaire.
Entre instabilité chronique, retours forcés depuis le Soudan et déplacements internes persistants, le Soudan du Sud reste suspendu à un équilibre fragile. Et, une fois encore, ce sont les civils – déplacés de longue date, familles revenues trop tôt, blessés anonymes – qui en subissent les conséquences les plus immédiates.
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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