La famine, les violences et les maladies dévastent le pays, notamment l’Etat du Darfour du Nord, où plus de la moitié des enfants souffrent de malnutrition aiguë.

Face à la détérioration rapide des conditions, l’agence onusienne appelle à un cessez-le-feu immédiat pour permettre un accès humanitaire vital.

Cet avertissement fait suite à la publication de nouvelles données du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), provenant de trois localités du Darfour du Nord – Um Baru, Kernoi et At Tine – qui indiquent des taux de malnutrition « catastrophiques ».

« Si la famine menace là-bas, elle peut s’installer partout où cette guerre atteint. Et cette guerre atteint presque partout. Le temps pour empêcher des pertes humaines importantes est compté », a déclaré lors d’un point de presse régulier de l’ONU, un porte-parole de l’UNICEF, Ricardo Pires.

© UNICEF/Ahmed Mohamdeen Elfatih

La détérioration de la situation au Soudan risque d’entraîner une augmentation du nombre de personnes confrontées à une faim extrême et à une malnutrition aiguë.

Les seuils de famine franchis à Um Baru et Kernoi

Selon l’agence onusienne, la faim extrême et la malnutrition touchent en premier lieu les enfants, les plus jeunes, les plus petits, les plus vulnérables. « Au Soudan, cela se propage… Il s’agit d’enfants âgés de six mois à cinq ans, et le temps leur est compté », a ajouté M. Pires.

Les seuils de famine pour la malnutrition ont été dépassés dans des endroits qui n’étaient pas considérés comme à risque auparavant, tels que Um Baru et Kernoi. En cause, les conflits, les déplacements massifs de population, l’effondrement des services et le blocage des accès « dans de vastes régions du Soudan ».

Par exemple, depuis la chute d’El Fasher en octobre dernier, plus de 127 000 personnes ont fui vers des régions déjà en situation désespérée. Aujourd’hui, de nouveaux combats ont éclaté et les enfants sont pris au piège dans ce qui pourrait être la bataille finale pour le Darfour. « La ville de Kernoi est en grande partie déserte. À Um Baru, les familles ont trop peur pour passer la nuit sur place ».

De nouveaux combats ont contraint les partenaires humanitaires à suspendre leurs opérations, limitant ainsi l’accès aux soins. Selon M. Pires, seuls 23 % des enfants souffrant de malnutrition sévère à Um Baru et 14 % à Kernoi recevaient des soins au moment du dépistage.

Les travailleurs de la santé examinent un enfant pour la malnutrition dans un centre de nutrition soutenu par l’UNICEF à Tawila, dans le Darfour du Nord, au Soudan.

« Les enfants dépérissent sous nos yeux »

Le porte-parole de l’UNICEF a également mis en garde contre la prévalence des maladies, qui constituent une menace supplémentaire pour la survie des enfants.

« Ces enfants ne souffrent pas seulement de la faim », a-t-il fait valoir. « Près de la moitié des enfants d’At Tine ont été malades au cours des deux dernières semaines. La fièvre, la diarrhée, les infections respiratoires, la faible couverture vaccinale, l’insalubrité de l’eau et l’effondrement du système de santé transforment des maladies traitables en condamnation à mort pour des enfants déjà souffrant de malnutrition ».

Il a appelé le monde à « cesser de détourner le regard » des enfants du Soudan, avertissant que plus de la moitié des jeunes d’Um Baru « dépérissent sous nos yeux ».

« Ce ne sont pas des statistiques. Ce sont des enfants qui ont un nom et un avenir qui leur est volé », a insisté le porte-parole de l’UNICEF.

Le conflit entre l’armée soudanaise et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), qui a débuté en avril 2023, a fait des milliers de morts et déplacé des millions de personnes.

Une salle détruite à l’hôpital spécialisé d’Aalia à Omdurman, au Soudan.

205 attaques contre des établissements de santé

Alors que dans deux mois, la guerre entrera dans sa troisième année, les violences poussent le système de santé soudanais au bord du gouffre. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le système de santé a été « ravagé par les attaques, la perte et l’endommagement des équipements et des fournitures, la pénurie de personnel de santé et le manque de fonds opérationnels ».

Depuis le début de la guerre en avril 2023, l’OMS a vérifié 205 attaques contre des structures de santé qui ont fait 1 924 morts et 529 blessés. 

« De telles attaques privent les communautés de soins pour les années à venir, semant la terreur parmi les patients et les professionnels de santé et créant des obstacles insurmontables à l’accès aux traitements vitaux », a affirmé le Dr Shible Sahbani, Représentant de l’OMS au Soudan.

Parallèlement, le pays est confronté à de multiples épidémies, notamment le choléra, le paludisme, la dengue et la rougeole. L’agence onusienne rappelle donc la nécessité d’améliorer l’accès, mais aussi la protection des professionnels et des établissements de santé, conformément au droit international humanitaire.

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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