Selon la dernière analyse du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), environ 5 % des personnes déplacées vivant à Baidoa, dans la région de Bay, devraient être confrontées entre octobre et décembre à des niveaux de faim correspondant à la famine, ainsi qu’à un effondrement de leurs moyens de subsistance.
L’une des principales villes de Somalie, Baidoa accueille des centaines de milliers de personnes ayant fui les conflits, la sécheresse et la faim.
Des familles vivant dans un village près de Baidoa en Somalie ont été déplacées par la sécheresse et les conflits et tentent de reconstruire leur vie (photo d’archives).
Des inondations qui pourraient tout emporter
Les prochains mois s’annoncent particulièrement difficiles. De fortes pluies liées au phénomène El Niño pourraient provoquer des inondations, notamment dans les communautés rurales installées le long des cours d’eau et dans les zones agropastorales.
Les cultures et le bétail pourraient être détruits, tandis que des milliers de familles risquent de perdre l’accès aux marchés et à leurs principales sources de revenus. De nouveaux déplacements pourraient alors venir grossir les rangs d’une population déjà confrontée à une faim aiguë.
Selon l’Agence somalienne de gestion des catastrophes, 2,5 à 3,5 millions de personnes pourraient être exposées aux inondations, dont près d’un million pourraient être déplacées des zones où elles cultivent leurs terres et font paître leur bétail.
« La crise humanitaire en Somalie demeure grave et des millions de personnes sont menacées en raison de ces niveaux élevés de faim et de malnutrition », a déclaré George Conway, Coordonnateur humanitaire pour la Somalie.
Plus de 5,4 millions de Somaliens, soit 26 % de la population analysée, sont déjà confrontés à une insécurité alimentaire de niveau « crise » ou pire. Parmi eux, 1,5 million connaissent des niveaux de faim correspondant à la phase d’Urgence ou à une phase plus grave.
Une femme portant de l’eau marche devant des abris temporaires en Somalie.
La malnutrition reste une menace majeure
La situation nutritionnelle demeure tout aussi préoccupante. Quelque 1,92 million d’enfants de moins de cinq ans auront besoin d’un traitement contre la malnutrition aiguë entre juillet 2026 et juin 2027. Parmi eux, 433.000 souffrent de malnutrition aiguë sévère, la forme la plus meurtrière.
Dans le district de Burhakaba, également situé dans la région de Bay, la situation s’est toutefois améliorée. Le district, qui était exposé à un risque de famine en avril, a bénéficié des pluies de la saison Gu et d’un renforcement de la réponse humanitaire.
Mais à l’échelle du pays, les effets de plusieurs saisons agricoles difficiles continuent de se faire sentir.
« Des millions de personnes en Somalie peinent à se relever de la sécheresse, de l’insécurité et du coût élevé des denrées alimentaires, et de nombreuses familles ont épuisé les ressources sur lesquelles elles pouvaient compter », a souligné Hameed Nuru, représentant et directeur pays du Programme alimentaire mondial (PAM).
Les communautés agropastorales figurent parmi les plus exposées. Les zones rurales représentent à elles seules 62 % de la charge de la malnutrition, et les inondations attendues pendant la saison Deyr, d’octobre à décembre, pourraient encore aggraver la situation.
« Les familles déjà confrontées à la faim ne peuvent pas se permettre de perdre leurs récoltes ou leur bétail dans les inondations », a averti Etienne Peterschmitt, représentant de la FAO en Somalie.
« Avant qu’il ne soit trop tard »
Face à ces risques, les agences des Nations Unies renforcent leurs interventions en matière de nutrition, de santé, d’eau, d’assainissement et d’hygiène, ainsi que leur soutien à la sécurité alimentaire dans les zones les plus exposées.
La priorité est notamment donnée aux districts classés en phase 4 ou au-delà du cadre IPC et aux sites accueillant des personnes déplacées à Beledweyne et Baidoa.
Mais le manque de financements réduit la capacité des agences à maintenir ces services essentiels au moment où les besoins augmentent.
Selon l’ONU, le niveau de soutien financier reçu dans les prochaines semaines déterminera le nombre de familles qui pourront être aidées avant que la situation ne se détériore davantage.
Le Gouvernement fédéral somalien et les Nations Unies appellent donc à une action urgente pour éviter que la crise alimentaire et nutritionnelle ne s’aggrave.
« Un soutien urgent est nécessaire pour aider à maintenir les services de prise en charge jusqu’à la fin de l’année et à garantir que les fournitures nutritionnelles essentielles parviennent aux enfants et aux communautés qui en ont le plus besoin, avant que l’accès aux zones concernées ne devienne plus difficile », a plaidé Sandra Lattouf, représentante de l’UNICEF en Somalie.
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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