À Genève, la Rapporteure spéciale sur les droits de l’homme en Fédération de Russie a décrit lundi un système « structurel et soutenu par l’État ». « La répression à l’intérieur du pays et l’agression à l’étranger relèvent d’une même politique », a déclaré Mariana Katzarova.
Selon elle, Moscou agit de trois façons : en menant directement des opérations à l’étranger ; en faisant appliquer par d’autres États ses listes de personnes visées et ses poursuites ; et en profitant de son statut d’État d’accueil pour faciliter la répression menée par d’autres gouvernements.
Menaces de mort
Dans cet arsenal de repression, « la forme la plus grave reste la violence directe et les menaces de mort ».
Depuis l’invasion à grande échelle de l’Ukraine il y a plus de quatre ans, la Russie est devenue, selon Mme Katzarova, l’un des auteurs les plus prolifiques de répression transnationale. Ces actes restent impunis : les autorités russes nient toute implication, allant parfois jusqu’à promouvoir ou décorer les auteurs présumés.
Au moins neuf départements du Service fédéral de sécurité sont impliqués, avec des incidents documentés dans le monde entier, aux côtés des services de renseignement militaire et extérieur, des parquets et des ministères.
La répression passe aussi par des mandats d’arrêt, des bases de données, des banques, des systèmes numériques et des serveurs proxy — des moyens moins coûteux, évolutifs et conçus pour échapper à toute identification.
Mais pour l’experte indépendante onusienne, le renvoi forcé reste « la mesure la plus dangereuse », car il livre la personne visée aux autorités contre lesquelles elle cherchait à se protéger.
Les autorités russes se sont ainsi appuyées sur des qualifications comme celles d’« agent étranger » ou de « personne indésirable », sur des accusations de « censure de guerre », voire sur des charges non politiques « fabriquées de toutes pièces », pour réclamer l’extradition de dissidents en exil.
Répression financière et numérique
La répression s’exerce également par le biais du système financier international. Le registre des « terroristes et extrémistes » tenu par Rosfinmonitoring recense ainsi 21.500 personnes. À cette pression financière s’ajoute désormais un volet numérique, devenu « central ».
Début 2026, une campagne visant les comptes de messagerie sécurisée a compromis des défenseurs des droits humains, des journalistes et plus de 300 responsables politiques européens, selon la Rapporteuse spéciale.
Ces différents mécanismes, qui s’étendent au-delà les frontières russes, s’inscrivent dans une même stratégie de répression transnationale. Celle-ci constitue à la fois une violation du droit international des droits de l’homme et une atteinte à la souveraineté des États d’accueil ainsi qu’à l’ordre juridique international, a conclu Mme Katzarova.
À noter que la délégation russe n’était pas présente dans la salle pour faire ses observations au titre de pays concerné.
Note : Les rapporteurs spéciaux, experts indépendants et groupes de travail sont des experts indépendants des droits de l’homme nommés par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies. Ils exercent leurs fonctions à titre individuel et sont indépendants de tout gouvernement ou organisation, y compris du Haut-Commissariat aux droits de l’homme et des Nations Unies.
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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