Malgré une baisse de 6 % par rapport à 2026, les besoins mondiaux continuent de dépasser largement les places disponibles. Selon le HCR, cette diminution globale masque des réalités contrastées. 

Les besoins de réinstallation de certains groupes, notamment les réfugiés syriens, reculent à la faveur de l’évolution de la situation politique dans leur pays et de perspectives accrues de retour volontaire. 

A l’inverse, les réfugiés soudanais et sud-soudanais sont confrontés à une aggravation ou à la persistance des crises qui les ont contraints à fuir, entraînant une hausse de leurs besoins de protection.

© UNHCR/Chris Melzer
Un adolescent syrien retrouve sa famille en Allemagne.

Afghans, Soudanais et Syriens

« Dans l’ensemble, l’ampleur des besoins mondiaux prévus en matière de réinstallation continue de dépasser largement les possibilités disponibles », a déclaré lors d’un point de presse régulier de l’ONU à Genève, Jackie Keegan, cheffe du Service des solutions durables et du soutien à la protection sur le terrain au HCR.

Plus globalement, les Afghans restent le groupe le plus important ayant besoin d’une réinstallation, suivis par les réfugiés du Soudan du Sud, du Soudan, de Syrie et les réfugiés rohingyas, qui se trouvent principalement au Bangladesh et continuent de faire face à des risques aigus et à des alternatives limitées. 

Parallèlement, les déplacements de population au Soudan, au Soudan du Sud et en République démocratique du Congo (RDC), ainsi que l’instabilité généralisée dans la Corne de l’Afrique, continuent d’accroître les besoins dans de nombreuses régions. Les Rohingyas et les Vénézuéliens continuent également d’occuper une place prépondérante parmi les populations nécessitant une protection internationale et l’accès à des solutions.

Des besoins en hausse, des places en baisse

Face à cette hausse continue des besoins, les capacités de réinstallation peinent toutefois à suivre. En 2025, environ 37.000 réfugiés ont rejoint un nouveau pays dans le cadre d’une réinstallation assistée par le HCR à l’échelle mondiale, un chiffre en forte baisse par rapport aux plus de 116.000 enregistrés en 2024 et qui ne représente qu’une fraction des personnes dans le besoin.

Cette baisse des départs s’inscrit dans un contexte plus large de recul des engagements de réinstallation pris ces dernières années. En 2022, la communauté internationale s’était fixé un objectif de 130 000 places de réinstallation pour 2027. « Mais la baisse des quotas signifie que cet objectif a peu de chances d’être atteint » a fait valoir Mme Keegan.

L’agence onusienne explique cette baisse des réinstallations par une combinaison de changements politiques dans les pays de destination qui ont conduit à des suspensions des admissions, à des critères plus restrictifs et à des retards dans le traitement des dossiers.

© UNHCR/Andrew McConnell
Des réfugiés soudanais fuyant les violences arrivent à la ville frontalière d’Adre, au Tchad (photo d’archive).

Deux tiers des réfugiés accueillis dans les pays du Sud

Pour les pays qui accueillent le plus grand nombre de réfugiés, cette contraction des possibilités de réinstallation renforce la nécessité d’un partage plus équitable des responsabilités. Car l’essentiel de l’effort d’accueil continue de reposer sur les pays en développement, qui accueillent 68 % des réfugiés.

Dans ce contexte, le HCR rappelle que la réinstallation demeure l’un des principaux outils de partage des responsabilités au niveau international. Un dispositif qui favorise la stabilité et aide à réduire les voyages périlleux vers d’autres destinations. « Il est urgent et possible d’étendre la réinstallation », a insisté Mme Keegan.

Pour le HCR, la réinstallation ne relève pas de la charité mais constitue une solution durable permettant de rompre le cycle des déplacements forcés pour les générations futures. « Les réfugiés réinstallés participent à la vie économique et sociale de leurs pays d’accueil, notamment par le travail et l’entrepreneuriat, tout en continuant à soutenir leurs proches restés dans leur pays d’origine ou dans leur premier pays d’asile », a fait observer la responsable de l’agence onusienne.

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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