Il y a un peu plus d’une décennie, le monde se dirigeait vers un réchauffement de plus de 4 °C par rapport aux niveaux préindustriels. L’action climatique menée depuis l’Accord de Paris a ramené cette trajectoire à 2,3 °C, à condition que les engagements nationaux actuels soient pleinement tenus.
L’ONU est au cœur de ces efforts : elle pousse pour des plans nationaux plus ambitieux, une transition accélérée vers les énergies renouvelables et une attention accrue à l’adaptation, à la justice climatique et au financement des pays en développement.
Mais ces progrès dans la lutte contre le réchauffement s’accompagnent d’un climat qui, lui, continue de se réchauffer. Les onze dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées, la chaleur, la sécheresse, les inondations, les tempêtes et les incendies faisant peser un fardeau croissant sur les vies, les économies et le développement.
Dans ce contexte, la prochaine étape de l’action climatique consiste moins à formuler de nouvelles promesses qu’à tenir celles déjà faites, tout en rehaussant nettement l’ambition.
Un homme livre des sacs de glace à Londres durant l’été le plus chaud jamais enregistré au Royaume-Uni.
Qu’est-ce qu’un dépassement de 1,5 °C ?
La limite de 1,5 °C renvoie à la hausse moyenne de la température mondiale au-dessus des niveaux préindustriels, mesurée sur plusieurs décennies. Elle ne se détermine pas à partir d’une seule année anormalement chaude.
Un dépassement signifie que les températures franchissent ce seuil pendant une période, atteignent un pic puis, si les émissions sont réduites assez fortement, finissent par redescendre.
Mais cette baisse n’est pas garantie : elle dépend des choix que font les gouvernements aujourd’hui et dans les années à venir.
Même si les plans climatiques nationaux actuels et les engagements supplémentaires de neutralité carbone étaient pleinement mis en œuvre, le réchauffement pourrait tout de même culminer autour de 1,8 °C, selon un récent rapport du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE).
Cette différence peut sembler minime, mais elle compte. Plus les températures grimpent, et plus elles se maintiennent à un niveau élevé, plus les risques augmentent.
« Chaque fraction de degré coûtera des vies, détruira des moyens de subsistance, creusera les inégalités et rapprochera les écosystèmes de dommages irréversibles », a averti le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres.
Un homme travaille sur des panneaux solaires installés sur une mosquée à Jakarta, en Indonésie.
Pourquoi la vitesse compte-t-elle ?
Le rythme de l’action est déterminant, car l’écart entre les plans actuels et ce qu’exige la science demeure considérable.
Des pays représentant près de 90 % des émissions mondiales ont soumis des plans climatiques nationaux actualisés, appelés contributions déterminées au niveau national (CDN). Mais même pleinement mis en œuvre, ces plans ne devraient réduire les émissions que d’environ 10 % d’ici 2035.
Pour maintenir l’objectif de 1,5 °C à portée de main, les émissions devraient chuter d’environ 60 % sur la même période.
Combler cet écart suppose des réductions plus rapides des émissions — en particulier du méthane et des autres polluants climatiques à courte durée de vie —, tout en mettant fin à la déforestation et en accélérant le passage des combustibles fossiles aux énergies renouvelables.
Les pays doivent aussi disposer des infrastructures nécessaires pour accompagner cette transition : des réseaux électriques modernes, davantage de capacités de stockage et un recours accru à l’électricité propre dans les transports, le chauffage et l’industrie.
Aller plus vite peut également renforcer la sécurité énergétique. Trois personnes sur quatre vivent dans des pays qui importent plus de combustibles fossiles qu’ils n’en exportent, ce qui les rend vulnérables lorsqu’un conflit ou d’autres perturbations affectent l’approvisionnement et les prix mondiaux. Les énergies renouvelables permettent de réduire cette dépendance.
Comme l’a résumé António Guterres : « il n’y a pas d’embargo sur le soleil ni de flambée des prix pour le vent ».
Des groupes de la société civile présents à la COP29 à Bakou, en Azerbaïdjan, plaident en faveur d’initiatives de financement de la lutte contre le changement climatique.
Pourquoi le financement est-il si important ?
Tous les pays ne disposent pas des mêmes ressources pour opérer la transition vers une énergie propre.
Les pays en développement font souvent face à des coûts d’emprunt bien plus élevés pour leurs projets d’énergies renouvelables, ce qui rend l’investissement dans l’électricité propre, les réseaux et le stockage plus difficile, là même où le potentiel est immense.
Les Nations Unies ont réclamé à maintes reprises des financements moins coûteux, une réforme des banques multilatérales de développement et un accroissement des investissements privés dans les pays en développement.
Le financement détermine aussi qui profite de la transition. Une transition juste devrait aider les travailleurs et les communautés à s’adapter aux mutations économiques, créer des emplois décents et donner aux pays en développement un rôle plus important dans l’essor de l’économie de l’énergie propre.
Cela vaut également pour les minéraux nécessaires aux batteries et à d’autres technologies : les pays producteurs devraient pouvoir tirer davantage de valeur de ces ressources plutôt que de se contenter d’exporter des matières premières.
À Odessa, en Ukraine, des maisons construites sur un sol argileux instable s’effondrent dans la mer.
Pourquoi l’adaptation est-elle importante ?
Réduire les émissions de gaz à effet de serre est indispensable pour limiter le réchauffement futur, mais cela ne peut effacer les impacts climatiques que subissent déjà les populations aujourd’hui.
Les récentes inondations et coulées de boue au Népal et en Chine ont de nouveau montré à quel point les communautés et les infrastructures sont exposées aux événements météorologiques extrêmes. Un épisode El Niño intense, attendu jusqu’au début de 2027, pourrait accentuer ces risques dans plusieurs régions, notamment la Grande Corne de l’Afrique ainsi que certaines parties de l’Amérique latine et des Caraïbes.
C’est pourquoi l’adaptation est si essentielle. Concrètement, elle consiste à aider les populations et les pays à faire face aux effets du changement climatique qu’il n’est désormais plus possible d’éviter.
En pratique, cela peut passer par la construction de routes, de logements et de services publics plus solides ; le soutien à une agriculture et à des écosystèmes plus résilients ; une meilleure gestion de l’eau ; et le développement de systèmes d’alerte précoce, afin que les communautés disposent de plus de temps pour se préparer aux inondations, sécheresses, tempêtes et canicules.
L’adaptation nécessite elle aussi davantage de financements, en particulier pour les pays et les communautés les plus vulnérables aux impacts climatiques et déjà confrontés aux pertes et préjudices liés au climat.
Les participants arrivent à Belém, au Brésil, pour la première journée de la COP30.
Pourquoi avons-nous besoin de coopération ?
Aucun pays ne peut affronter le changement climatique entièrement seul.
Les gouvernements définissent leurs propres politiques climatiques, mais nombre des systèmes indispensables à leur mise en œuvre dépassent les frontières — des marchés de l’énergie et de la finance à la technologie et aux chaînes d’approvisionnement. Les émissions de gaz à effet de serre ne s’arrêtent pas non plus aux frontières nationales.
La coopération peut aider les pays à accélérer la transition vers les énergies renouvelables, à renforcer leur résilience et à faciliter l’accès aux financements.
Cela ne signifie pas que tout le monde doive avancer au même rythme. Certains disposent de davantage de ressources et de capacités, tandis que d’autres se heurtent à des obstacles financiers ou technologiques bien plus importants.
L’enjeu est d’aider un plus grand nombre de pays à surmonter ces obstacles et à avancer plus vite, alors même que les tensions géopolitiques actuelles rendent la coopération internationale plus difficile.
En route vers l’Assemblée générale
Ces priorités sont au cœur du Sommet sur le climat du Secrétaire général, qui se tiendra le 23 septembre au Siège de l’ONU. Ses objectifs tiennent en trois formules : accélérer la transition, débloquer les financements et protéger les populations.
La réunion rassemblera gouvernements, banques de développement, entreprises, milieux financiers et société civile pour se pencher sur les obstacles concrets à la mise en œuvre.
Dans le cadre du Sommet, des Dialogues sur les solutions se tiendront également au cours de la semaine, consacrés aux moyens concrets d’accélérer l’action dans les domaines de l’énergie, des océans, de l’adaptation, du méthane, du financement, de l’intégrité de l’information et de l’industrialisation verte.
L’accent est mis sur la traduction des engagements existants en actes et sur ce qui peut être accompli collectivement pour accélérer la mise en œuvre.
Vous pouvez suivre le sommet sur UN Web TV.
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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