Avec plus d’un Haïtien sur dix ayant fui son domicile en raison des violences, le pays risque une instabilité prolongée.
Le déplacement de populations, notamment par la migration, pourrait accentuer les pressions sur les pays voisins et compromettre la stabilité économique et sécuritaire régionale.
« La violence des gangs affecte les communautés dans tout le pays, avec des conséquences particulièrement dévastatrices pour les femmes, les enfants et les jeunes, et mine le tissu social du pays à long terme » – António Guterres
La ville de Les Cayes, dans le sud d’Haïti, a été inondée suite au passage de l’ouragan Melissa en octobre 2025.
Gangs, violence et répression
La violence armée s’est intensifiée au cours des trois derniers mois de 2025 et reste la force dominante qui façonne le quotidien des Haïtiens.
Des gangs lourdement armés utilisent la violence sexuelle et les enlèvements contre rançon pour asseoir leur contrôle, tandis que les opérations de police – parfois soutenues par la Force de répression des gangs, appuyée par le Conseil de sécurité des Nations Unies – ont permis de reprendre le contrôle de certaines zones et d’ouvrir des axes routiers importants.
Malgré quelques succès tactiques, les meurtres restent généralisés, notamment en dehors de la capitale, et les représailles contre les civils se poursuivent.
« Plus de 8 100 meurtres ont été recensés dans tout le pays entre janvier et novembre 2025. …Des rapports font également état d’une augmentation de la traite des enfants, ces derniers continuant d’être utilisés par les gangs dans divers rôles, y compris lors d’attaques violentes » – António Guterres
Politique : une transition face à une échéance cruciale
La transition politique en Haïti approche d’une échéance critique. Un décret électoral et un calendrier laissent désormais espérer que des élections auront lieu, permettant l’installation d’un président et d’un parlement élus début 2027.
« Il est urgent que les acteurs nationaux trouvent un terrain d’entente pour mettre fin à la transition et accélérer les préparatifs des élections » – António Guterres
Certains observateurs se demandent si des élections sont réalisables sans une amélioration significative de la sécurité.
Des citoyens votent lors d’élections à Port-au-Prince, la capitale d’Haïti, en octobre 2015 (photo d’archives).
Besoins humanitaires : un système au bord de l’effondrement
La situation humanitaire continue de se détériorer en Haïti, les pénuries de financement limitant la portée de l’aide vitale.
- L’insécurité alimentaire touche 5,7 millions de personnes, dont près de deux millions se trouvent en situation d’urgence.
- Le nombre de personnes déplacées a doublé en un an pour atteindre 1,4 million.
- De nombreux établissements de santé fonctionnent à peine et le choléra reste une « préoccupation majeure de santé publique ».
- Au cours de l’année scolaire 2024-2025, 1 600 écoles ont fermé en raison des violences, privant 1,5 million d’enfants d’accès à l’éducation.
« La réponse humanitaire reste gravement sous-financée et l’accès humanitaire est de plus en plus difficile » – António Guterres
Beaucoup d’enfants d’Haïti ont du mal à poursuivre leurs études.
Droits humains : les femmes en situation de risque extrême
Les femmes et les filles figurent parmi les personnes les plus touchées par la crise en Haïti.
Les gangs utilisent régulièrement la violence sexuelle, y compris les viols collectifs, comme instrument d’intimidation et de contrôle. Le signalement des incidents reste faible en raison de la peur et de la stigmatisation, et l’accès aux services adaptés aux victimes est limité, ce qui aggrave les traumatismes et l’impunité.
« Je reste profondément préoccupé par le recours continu à la violence sexuelle par les gangs, qui terrorise les communautés et porte systématiquement atteinte à la sécurité et à la dignité des femmes et des filles » – António Guterres
Quelle est la voie à suivre ?
L’ONU a constamment souligné que le rétablissement de la sécurité est essentiel, mais qu’il ne suffit pas à lui seul.
Sans progrès en matière de gouvernance, de justice, de reddition des comptes et de services sociaux, notamment pour les jeunes, les acquis en matière de sécurité resteront fragiles.
Un consensus national et un soutien international durable sont essentiels pour briser le cycle de violence et d’instabilité.
« Les efforts de maintien de l’ordre ne suffiront pas à eux seuls à résoudre les problèmes de gouvernance plus larges qui ont déclenché la crise de violence des gangs » – António Guterres
Comment l’ONU intervient-elle ?
Les Nations Unies soutiennent Haïti de plusieurs manières.
- La mission politique, le BINUH, assure le suivi des droits humains et l’assistance électorale, et soutient le développement de la police.
- Les agences humanitaires des Nations Unies fournissent une aide vitale aux communautés les plus vulnérables. Le Plan de réponse humanitaire pour 2026 vise à recueillir 880 millions de dollars pour venir en aide à 4,2 millions de personnes.
- Des préparatifs sont en cours pour que le Bureau d’appui des Nations Unies en Haïti, récemment créé, fournisse un soutien logistique et opérationnel à la Force de répression des gangs.
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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