L’embarcation, qui transportait 305 personnes de Djibouti vers le Yémen, a sombré aux premières heures de vendredi près de Guehere, au nord d’Obock.

Environ 82 personnes ont survécu. Trente corps supplémentaires ont été récupérés, portant le bilan de 109 à 139 morts. Les opérations de recherche et de sauvetage se poursuivent.

Selon l’OIM, il s’agit de l’un des naufrages les plus meurtriers recensés sur la route migratoire orientale, qui relie la Corne de l’Afrique à la péninsule Arabique.

Les départs se poursuivent malgré les risques

Ce naufrage survient alors que Djibouti continue de faire face à des mouvements de population dans les deux sens.

Depuis le 10 septembre, la Matrice de suivi des déplacements de l’OIM a recensé plus de 20 000 mouvements vers Djibouti depuis l’Éthiopie. Les migrants continuent de se diriger vers le Golfe malgré la reprise des combats à grande échelle au Yémen.

Sur une période à peu près équivalente, plus de 3 700 réfugiés sont arrivés du Yémen, tandis que 539 migrants éthiopiens en sont revenus.

Le 6 octobre, devant des journalistes à Genève, Alexandre Coissac, chef de mission de l’OIM à Djibouti, a expliqué que le pays faisait face à « plusieurs urgences simultanées ».

« Djibouti est donc confronté à des mouvements dans les deux sens », a déclaré M. Coissac. Il a ajouté que de plus en plus de migrants se retrouvaient bloqués : plus de 3 000 migrants ont été repérés le long des routes migratoires à Djibouti entre le 20 et le 30 septembre, souvent sans accès aux services de base.

« Personne ne monte dans une telle embarcation sans être convaincu qu’il n’existe aucune autre façon de voyager en sécurité », a déclaré la Directrice générale de l’OIM, Amy Pope.

Des voies sûres « sauvent des vies »

« Nous ne pouvons pas continuer à considérer ces décès comme normaux. Des voies sûres et légales sauvent des vies. Je demande aux gouvernements et aux donateurs d’agir avant qu’une autre embarcation ne sombre. »

Les autorités djiboutiennes poursuivent les recherches en mer, alors que les inquiétudes grandissent pour les personnes toujours portées disparues.

L’OIM apporte une aide d’urgence aux survivants dans son Centre de réponse aux migrants à Obock. Cette assistance comprend des soins de santé, un soutien psychosocial, de la nourriture, un hébergement et des services de protection.

« Profondément attristé »

Le Coordonnateur résident des Nations Unies à Djibouti, Jose Barahona, s’est dit profondément attristé par la mort d’au moins 139 personnes, dont des enfants.

« Nos pensées vont aux victimes, aux survivants et aux familles qui attendent des nouvelles de leurs proches », a déclaré M. Barahona sur les réseaux sociaux. « Nous exprimons notre solidarité et saluons les efforts de recherche et de sauvetage en cours. »

Chaque vie perdue en mer est une tragédie, a-t-il ajouté. Il a rappelé le récent avertissement du Secrétaire général : ces décès soulignent l’urgence de protéger les personnes en déplacement, d’élargir les voies de migration sûres et de renforcer la coopération internationale.

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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