Entre décembre 2025 et janvier 2026, 170 civils ont été tués lors de 408 frappes aériennes recensées.

Selon le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme (HCDH), les élections n’ont eu lieu que dans 263 des 330 communes, souvent exclusivement dans les centres urbains sous contrôle militaire, et ont été limitées dans les zones de conflit. En conséquence, une grande partie de la population, en particulier les personnes déplacées et les minorités, telles que l’ethnie rohingya, ont été exclues.

« Beaucoup de gens ont choisi de voter ou de ne pas voter uniquement par peur, ce qui est en totale contradiction avec leurs droits civils et politiques garantis au niveau international et a des répercussions sur leur jouissance des droits économiques, sociaux et culturels », a affirmé dans un communiqué, le Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Volker Türk.

L’armée multiplie arrestations et répression

Le conflit et l’insécurité se sont poursuivis sans relâche dans une grande partie du pays. Les services du Haut-Commissaire Türk citent, à cet égard, une frappe aérienne militaire le 22 janvier, dans la commune de Bhamo, dans l’État de Kachin. Ce raid sur une zone peuplée où aucun combattant n’était signalé aurait tué jusqu’à 50 civils. 

Selon l’ONU, des groupes armés opposés à l’armée auraient également attaqué certains bureaux de vote et des responsables électoraux.

Parallèlement à ces frappes meurtrières, l’armée multiplie les arrestations pour asseoir son autorité et dissuader toute opposition. Afin de réprimer toute dissidence, l’armée a arrêté 324 hommes et 80 femmes en vertu de sa loi sur la protection des élections adoptée unilatéralement, y compris pour des activités mineures en ligne. 

Des cas de coercition des électeurs ont été également signalés dans tout le pays. Lors d’un incident emblématique survenu le 6 janvier 2026, plus de 100 villageois de la région de Sagaing ont été arbitrairement détenus et contraints de voter par anticipation. Ils ont été libérés le lendemain. 

D’autres ont déclaré avoir voté sous la menace d’une conscription forcée, d’une privation d’accès à la nourriture ou de sanctions administratives telles que le refus de leur délivrer des laissez-passer frontaliers, de renouveler leur passeport ou de leur permettre de s’inscrire à l’université. D’autres encore ont déclaré avoir été menacés par des groupes armés pour qu’ils ne votent pas.

Appel à agir pour la démocratie

Ces intimidations font partie d’une stratégie plus large visant à contrôler la population et à étouffer toute contestation politique. « Depuis cinq ans maintenant, le régime militaire se caractérise par la répression de la dissidence politique, les arrestations arbitraires massives, la conscription arbitraire, la surveillance généralisée et la limitation de l’espace civique », a fait valoir M. Türk. 

Cette répression politique s’accompagne également de conséquences sociales et économiques dramatiques, touchant directement la vie quotidienne de la population. Selon l’ONU, près du quart de la population est aujourd’hui confrontée à une grave insécurité alimentaire, et plus d’un tiers a des besoins humanitaires urgents. 

Dans ce contexte de souffrance généralisée, la communauté internationale est appelée à intervenir sans tarder pour mettre fin à la violence et soutenir les aspirations démocratiques de la population du Myanmar. « Le moment est venu de trouver de nouvelles voies pour rétablir la démocratie et le respect de tous les droits humains, comme le réclame le peuple birman depuis cinq ans », a conclu M. Türk.

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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