Présentant son rapport fau Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à Genève, le Rapporteur spécial sortant chargé d’examiner la situation au Myanmar, Tom Andrews, a exhorté les gouvernements à redoubler d’efforts pour protéger les civils et soutenir la population du pays, mise à rude épreuve.
« Le climat géopolitique actuel est peu propice à la promotion des droits de l’homme au Myanmar et au-delà », a-t-il déclaré. « L’Organisation des Nations Unies, ainsi que les principes sur lesquels elle a été fondée il y a plus de 80 ans, sont soumis à une pression extrême ».
M. Andrews — qui a reçu du Conseil le mandat d’agir en tant qu’expert indépendant et n’est pas un fonctionnaire de l’ONU — a mis en garde contre les conséquences dévastatrices que pourraient avoir le relâchement de la pression internationale et la diminution des financements humanitaires pour une population qui subit déjà une violence généralisée et de graves privations.
« Les mesures prises par la communauté internationale pour affaiblir la capacité de la junte militaire à se maintenir au pouvoir et à poursuivre ses attaques contre la population du Myanmar se sont révélées prometteuses », a-t-il affirmé. « Il est toutefois alarmant de constater que certains signes indiquent un fléchissement de la détermination des gouvernements ».
Le bilan humain du coup d’État
Le Myanmar est plongé dans un conflit depuis que l’armée a pris le pouvoir en février 2021, renversant le gouvernement civil et arrêtant ses principaux dirigeants, notamment le président Win Myint et la conseillère d’État Aung San Suu Kyi. Ce coup d’État a également déclenché des manifestations à l’échelle nationale, suivies de mouvements de résistance armée qui contrôlent désormais de vastes pans de ce pays fracturé.
Les violences à l’encontre des civils se sont, elles aussi, intensifiées de manière spectaculaire. On a recensé neuf frappes aériennes sur des cibles civiles en 2021, contre 1 140 l’année dernière.
Plus de 100 000 habitations ont été incendiées, tandis que l’utilisation de mines terrestres par les forces de la junte a fortement augmenté, plongeant les communautés à travers le pays dans une peur constante.
Une crise humanitaire qui s’aggrave
Le conflit a alimenté une urgence humanitaire qui ne cesse de s’intensifier.
Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), près d’un tiers de la population du Myanmar a désormais besoin d’une aide humanitaire, et plus de 12 millions de personnes sont confrontées à une faim aiguë.
Plus de 3,6 millions de personnes sont déplacées à travers le pays, alors que les combats s’étendent à plusieurs régions — notamment Sagaing, Magway, Chin, Bago et Kayin — où d’intenses affrontements et des frappes aériennes continuent de chasser les habitants de leurs domiciles.
Le nombre de victimes civiles est également en hausse.
Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDDH) rapporte que les frappes aériennes attribuées aux forces armées du Myanmar ont tué au moins 982 civils en 2025, soit une augmentation de 53 % par rapport à l’année précédente.
Dans le seul État de Rakhine, plus de 190 personnes ont été tuées lors d’attaques aériennes qui ont également détruit des habitations, des établissements médicaux et des camps de personnes déplacées à l’intérieur du pays.
Appels à une action plus ferme
Malgré la détérioration de la situation, M. Andrews a déclaré que les mesures internationales visant à isoler la junte avaient porté leurs fruits.
Les sanctions ciblant les entreprises contrôlées par l’armée ainsi que les réseaux d’approvisionnement en armes ont entravé la capacité de la junte à acquérir des armements, a-t-il noté, tandis que le régime peine à acquérir une légitimité internationale.
La communauté internationale est confrontée à un choix crucial, a-t-il ajouté : « Va-t-elle intensifier les mesures qui se sont avérées efficaces et apporter son soutien au peuple du Myanmar, qui continue de faire preuve d’un courage et d’une ténacité remarquables ? Ou bien se retirera-t-elle et abandonnera-t-elle le peuple du Myanmar, précisément au moment où il a le plus besoin de ce soutien ? ».
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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