Près d’un million de personnes dans la région sont déplacées à l’intérieur de leur propre pays, tandis que des milliers d’autres franchissent les frontières, selon de nouvelles données de l’ONU. Environ 17 700 Libanais et Iraniens ont gagné les pays voisins.

En Iran, les données sur les déplacements sont limitées, mais les signes sont clairs : des milliers de familles ont été déplacées de leur domicile, selon le chef de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) en Iran, Salvador Gutierrez. 

De son côté, le plus haut responsable humanitaire de l’ONU a déclaré que la guerre au Moyen-Orient s’intensifiait plus rapidement que les équipes humanitaires ne parvenaient à y répondre.

« À travers le Moyen-Orient, nous constatons que ces crises s’aggravent rapidement et entrent de plus en plus en collision de manière dangereuse. Nous voyons la violence se propager au-delà des frontières », a dit Tom Fletcher, mercredi, devant la presse à Genève.

Il a annoncé qu’un appel éclair humanitaire de trois mois serait lancé à Beyrouth plus tard cette semaine afin d’intensifier l’aide aux civils libanais touchés par le conflit.

De la nourriture est distribuée à des familles déplacées réfugiées dans une école publique à Tariq Jdide, dans la capitale libanaise, Beyrouth.

Les systèmes de santé sous pression

Depuis Le Caire, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a averti que les systèmes de santé à travers le Moyen-Orient subissent une pression croissante à mesure que le nombre de victimes et l’ampleur des déplacements augmentent.

Les autorités signalent plus de 1 300 décès et 9 000 blessés en Iran, tandis que le Liban a enregistré au moins 570 décès et plus de 1 400 blessés en raison du conflit entre le Hezbollah, allié de l’Iran, et Israël. En Israël, 15 personnes ont été tuées et plus de 2 100 blessées.

Les risques environnementaux suscitent également une inquiétude croissante. En Iran, les incendies de pétrole et les fumées émanant d’infrastructures endommagées exposent les communautés voisines à des polluants toxiques, susceptibles de provoquer des problèmes respiratoires, des irritations oculaires et cutanées, ainsi que la contamination des sources d’eau et de nourriture.

L’OMS a confirmé des attaques contre les soins de santé, tant en Iran qu’au Liban. Ces attaques ont tué ou blessé des agents de santé et perturbé davantage des services déjà mis à rude épreuve. Parallèlement, la surpopulation des abris pour personnes déplacées et la dégradation des infrastructures accroissent le risque d’épidémies et d’autres menaces pour la santé publique, en particulier au sein des communautés vulnérables.

Effondrement du trafic maritime

Le trafic à travers le détroit d’Ormuz s’est effondré, passant de plus de 140 navires par jour avant la guerre à une poignée seulement, suscitant des inquiétudes quant aux marchés de l’énergie, au commerce et à la sécurité alimentaire.

Le détroit est une voie maritime mondiale stratégique par laquelle transite environ 20 % du pétrole mondial.

Mercredi matin, des rapports ont indiqué que trois navires commerciaux avaient été touchés dans le détroit d’Ormuz. Depuis le début de la guerre le 28 février, un total de 21 incidents ont été signalés par des navires opérant dans le golfe Persique, le détroit d’Ormuz et le golfe d’Oman, ainsi que dans leurs environs.

Ces événements surviennent alors que les États-Unis ont annoncé mardi avoir ciblé des navires iraniens mouilleurs de mines à proximité du détroit.

Des écoles transformées en abris au Liban

Des tentes installées à l’intérieur d’un établissement scolaire à Beyrouth, au Liban, offrent un hébergement aux personnes déplacées par le conflit.

Au douzième jour de la guerre au Moyen-Orient, l’afflux massif de déplacés transforme 328 écoles libanaises en abris collectifs. Conséquence : près de 105.00 enfants voient leur accès à l’éducation compromis.

Parmi les populations déplacées, les enfants sont particulièrement touchés. Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), plus de 180.000 personnes déplacées sont des enfants d’âge scolaire.

Face à cette situation, les autorités éducatives ont annoncé des mesures d’adaptation. Le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur a mis à jour les modalités de continuité de l’apprentissage à compter de cette semaine dans les écoles publiques et privées, en introduisant des modalités d’apprentissage flexibles pour accueillir les élèves qui ne peuvent pas se rendre physiquement à l’école, y compris les enfants déplacés.

De leur côté, les agences humanitaires soutiennent les enfants déplacés par le biais d’activités psychosociales et récréatives, en coordination avec le secteur de la protection de l’enfance, tout en identifiant des options d’apprentissage, y compris des modalités à distance et alternatives, afin de favoriser la continuité de l’apprentissage.

Risque d’aggravation de la crise des droits humains en Iran

© Unsplash/Mohammad Takhsh

Téhéran, la capitale iranienne, avant le conflit actuel.

La Mission internationale indépendante d’établissement des faits sur l’Iran a averti jeudi que la crise des droits de l’homme qui sévit déjà dans le pays risque de s’aggraver, alors qu’elle vient de publier un rapport au Conseil des droits de l’homme, couvrant la période d’avril 2025 au 18 février 2026.

Le rapport met en évidence une tendance claire : la protection des civils devient extrêmement précaire lors d’un conflit armé, et la répression d’État s’intensifie par la suite, notamment lorsque, comme actuellement, une coupure des communications et d’Internet est imposée.

À l’instar des hostilités de juin 2025, également déclenchées par des frappes aériennes américaines et israéliennes, et des récentes manifestations depuis décembre 2025, la coupure actuelle isole le peuple iranien du monde extérieur.

Le rapport constate que les schémas bien établis de répression étatique non seulement persistent, mais évoluent et s’intensifient. 

La persécution des femmes et des filles demeure un pilier central de la politique de l’État. Elles continuent d’être harcelées — et certaines battues — pour un manquement présumé au port obligatoire du hijab. 

La Mission met en garde contre le risque que la situation sécuritaire actuelle ne serve, une fois de plus, à justifier de nouvelles arrestations massives, un durcissement des restrictions à la liberté d’expression et une recrudescence des violences à l’encontre de toute voix dissidente.

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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