Au cours de la nuit et de la journée de jeudi, de nouvelles frappes meurtrières ont été signalées à travers le Moyen-Orient, propulsant le prix du pétrole brut jusqu’à 107 dollars en début de séance. Les espoirs d’une fin rapide du conflit se sont amenuisés alors que le Président américain Donald Trump a évoqué mercredi soir encore « deux à trois semaines » d’attaques, parallèlement à des discussions « en cours » avec Téhéran.
« Chaque jour de guerre aggrave les souffrances humaines », a constaté le chef de l’ONU lors d’un point de presse jeudi matin à New York, dénonçant l’intensification des attaques indiscriminées, le ciblage de civils et la destruction d’infrastructures essentielles. Selon lui, la région se trouve « au bord d’une guerre plus large » aux conséquences mondiales.
Les répercussions économiques se font déjà sentir bien au-delà du Moyen-Orient. La perturbation de la navigation maritime, notamment dans le détroit d’Ormuz, entraîne une hausse des prix de l’énergie et des denrées alimentaires, affectant particulièrement les populations les plus vulnérables, des Philippines au Sri Lanka en passant par le Mozambique.
Mettre fin à la guerre
Face à cette spirale « de mort et de destruction », le chef de l’ONU a appelé à un arrêt immédiat des hostilités. Il a exhorté les États-Unis et Israël à « mettre fin à la guerre » et l’Iran à cesser ses attaques contre ses voisins.
Des efforts diplomatiques sont en cours pour ouvrir une voie vers la paix, a-t-il précisé, annonçant l’envoi de son envoyé personnel, Jean Arnault, dans la région. Ces initiatives doivent s’appuyer sur le respect du droit international et de la Charte des Nations Unies.
M. Arnault a été nommé par le Secrétaire général le mois dernier. Ce diplomate français chevronné compte près de 40 ans d’expérience dans la diplomatie internationale, notamment dans le domaine du règlement pacifique des différends et de la médiation.
« Les conflits ne s’arrêtent pas d’eux-mêmes », a conclu M. Guterres. « Ils prennent fin lorsque les dirigeants choisissent le dialogue plutôt que la destruction. Ce choix doit être fait maintenant ».
Au moment où le Secrétaire général lançait cet appel, le Conseil de sécurité tenait une réunion sur la coopération entre l’ONU et le Conseil de coopération du Golfe, une organisation régionale regroupant l’Arabie saoudite, Oman, le Koweït, Bahreïn, les Emirats arabes unis et le Qatar. Jeudi après-midi, une autre réunion était prévue sur la coopération entre l’ONU et la Ligue des États arabes.
Faisant le point de la situation devant les membres du Conseil lors de la réunion du matin, le Sous-Secrétaire général de l’ONU, Khaled Khiari, a prévenu que « le Moyen-Orient se trouve au bord d’un dangereux précipice ».
Risque d’une flambée de la faim dans le monde
En écho aux propos du Secrétaire général, le Programme alimenaire mondial (PAM) a averti jeudi que les premiers impacts de la crise au Moyen-Orient rappellent ceux observés au début de la guerre en Ukraine en 2022, lorsque les perturbations de l’approvisionnement avaient entraîné une forte hausse des prix alimentaires.
Si la crise perdure, on estime que 45 millions de personnes supplémentaires pourraient être confrontées à une insécurité alimentaire aiguë cette année.
Le PAM prévoit une recrudescence de la faim aiguë liée au conflit, sur la base de modélisations analysant la répercussion de la flambée mondiale des prix de l’énergie sur les coûts alimentaires nationaux.
Cérémonie d’hommage aux Casques bleus tués au Liban
Un avant-poste des Casques bleus de la FINUL sur une colline près de la Ligne bleue au Liban.
A Beyrouth, la capitale libanaise, une cérémonie solennelle s’est tenue jeudi à l’aéroport international pour rendre hommage aux trois Casques bleus de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) tués dans le contexte des hostilités entre le Hezbollah pro-iranien et Israël.
Les trois Casques bleus indonésiens tués sont le caporal Farizal Rhomadon, le major Zulmi Aditya Iskandar et le sergent-chef Muhammad Nur Ichwan. Ils ont perdu la vie lors de deux incidents distincts : l’un le 29 mars et l’autre le 30 mars.
« Ils ont péri alors qu’ils s’acquittaient courageusement de leur mandat et de leurs fonctions de maintien de la paix au sein de la FINUL », a dit le porte-parole du Secrétaire général, Stéphane Dujarric, lors d’un point de presse à New York.
Les trois Casques bleus ont reçu à titre posthume les médailles de la FINUL et des Forces armées libanaises, en reconnaissance de leur dévouement au service de la mission de la FINUL dans le sud du Liban.
Parallèlement, la situation sur le terrain demeure préoccupante, a dit le porte-parole. La FINUL fait état de tirs de roquettes continus en direction d’Israël, ainsi que de frappes aériennes et de tirs d’artillerie provenant d’Israël et touchant plusieurs localités du sud du Liban.
Les hostilités continuent de mettre en danger les Casques bleus. Jeudi matin, un Casque bleu a été blessé à l’épaule par une balle alors qu’il se trouvait à un poste de l’ONU près de Meiss Jebel. La FINUL a immédiatement émis une demande de cessez-le-feu. Le Casque bleu a reçu des soins au sein de l’installation médicale du poste. La balle, retombant sur le site, provenait vraisemblablement d’affrontements entre le Hezbollah et l’armée israélienne dans cette zone.
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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