« La migration n’est pas une crise », a déclaré le Secrétaire général, António Guterres. « C’est notre incapacité à gérer ce phénomène ensemble qui génère une crise ». À ses yeux, ce ne sont pas les mouvements humains qui déstabilisent le monde, mais l’absence de coopération pour les encadrer.
Selon de nouvelles données publiées jeudi par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), au moins 7 667 personnes sont mortes ou ont disparu en 2025 sur les routes migratoires, un chiffre en recul d’environ 1 500 décès par rapport à 2024. Cette baisse s’explique en partie par la diminution des passages sur certains axes dangereux, notamment dans les Amériques. Mais l’agence souligne aussi que l’accès limité à l’information et les contraintes budgétaires entravent le recensement des morts. Autrement dit, moins de passages, moins de données – mais pas nécessairement moins de drames.
Des routes toujours meurtrières
En Méditerranée, 2 185 personnes ont péri ou disparu en 2025. Sur la route Afrique de l’Ouest et de l’Atlantique vers les îles Canaries, 1 214. En Asie, plus de 3 000 décès ont été recensés, faisant de certaines routes les plus meurtrières jamais enregistrées. Entre la Corne de l’Afrique et le Yémen, 922 personnes ont perdu la vie, contre 558 l’année précédente – presque toutes éthiopiennes, nombre d’entre elles englouties dans des naufrages de masse.
En 2026, la mortalité le long des routes migratoires demeure alarmante. Au 24 février, 606 migrants avaient déjà été enregistrés morts ou portés disparus en Méditerranée, alors même que les arrivées en Italie avaient chuté de 61 % par rapport à la même période de 2025. Cette disjonction entre baisse des passages et mortalité persistante illustre combien la fermeture des voies régulières laisse des populations exposées à des périls croissants en mer.
Une femme déplacée subit un examen médical dans un centre situé à la frontière entre le Soudan et le Soudan du Sud.
« Les migrants ne sont pas des criminels »
« Lorsque les voies sûres sont inaccessibles, les personnes sont contraintes d’entreprendre des voyages dangereux et tombent entre les mains de passeurs et de trafiquants », a averti António Guterres devant l’Assemblée générale, réunie de manière informelle pour examiner son rapport sur le « Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières ».
Pour le haut responsable, la mécanique est implacable. Fermer les routes légales ne supprime pas les départs ; cela les rend plus risqués. « Les migrants ne sont pas des criminels. Ce sont des victimes. Les véritables criminels sont ceux qui exploitent la vulnérabilité humaine. Les véritables criminels sont les réseaux impitoyables de trafic et de traite ».
Ces réseaux, a-t-il ajouté, prospèrent lorsque la coopération échoue.
Gouverner plutôt que subir
La présidente de l’Assemblée générale, Annalena Baerbock, a rappelé que la migration « reste un fait de la vie », une réalité constante depuis des siècles. Étudiants, travailleurs saisonniers, professionnels de santé ou spécialistes des technologies : les mobilités humaines ont, selon elle, de multiples visages.
Avec 304 millions de migrants dans le monde, la migration « n’est pas une question individuelle, mais une question mondiale », a-t-elle souligné, appelant à des cadres de gouvernance stables et prévisibles.
La directrice générale de l’OIM, Amy Pope, a pour sa part plaidé pour une coopération renforcée le long des principaux corridors migratoires. La plupart des migrations sont régionales et suivent des itinéraires bien établis, façonnés par la géographie et les besoins du marché du travail. Pourtant, les politiques restent souvent élaborées « une frontière à la fois », sans vision d’ensemble. Elle appelle à passer d’une gestion réactive des crises à une gouvernance réellement partagée.
Adopté en 2018, le Pacte mondial pour les migrations repose sur un principe simple : aucun pays, qu’il soit d’origine, de transit ou de destination, ne peut gérer seul les mobilités humaines. Des progrès ont été accomplis – élargissement de filières régulières, amélioration des systèmes de données, initiatives de mobilité professionnelle.
Mais « les progrès restent inégaux et bien en deçà de ce qu’exigent les réalités d’aujourd’hui », a estimé M. Guterres.
Ces réalités incluent l’accélération des effets du changement climatique, les déséquilibres démographiques et les transformations économiques qui continueront d’alimenter les mouvements de population.
Pour inverser la dynamique mortifère, le Secrétaire général appelle à élargir et simplifier les filières migratoires régulières, à investir dans l’éducation et la création d’emplois décents dans les pays d’origine, à mettre fin aux frais de recrutement abusifs et à la détention des enfants migrants, et à démanteler les réseaux de trafic et de traite. « Choisissons la coopération contre le chaos, et la dignité contre la discrimination », a-t-il lancé.
La migration continuera. Reste à savoir si la communauté internationale acceptera encore longtemps que la mer, le désert ou la jungle servent de régulateurs sanglants à défaut de politiques communes.
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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