Face à la menace de nouvelles frappes américaines contre l’Iran, après des mois de tensions régionales et d’incertitudes sur l’avenir du dossier nucléaire iranien, la continuité de ces échanges – indirects et discrets – témoigne d’une volonté de maintenir un canal diplomatique ouvert entre les deux pays. Un canal fragile, mais que l’ONU considère comme essentiel.
Le Secrétaire général « appelle les parties à continuer de travailler avec détermination et de bonne foi en vue d’un accord durable », a précisé son porte-parole. L’enjeu est aussi bien d’éviter l’enlisement que de prévenir une nouvelle escalade militaire dans une région déjà traversée par de multiples crises.
La lente désintégration de l’accord de Vienne
Négocié à Vienne en juillet 2015, le Plan d’action global commun devait sceller un compromis durable : des restrictions drastiques et vérifiables sur l’utilisation par Téhéran de la technologie nucléaire à des fins militaires, en échange d’un allégement des sanctions qui asphyxiaient l’économie du pays. Pendant deux ans, le dispositif tient.
Puis, en 2018, le retrait unilatéral des États-Unis, durant le premier mandat du président Donald Trump, rompt l’équilibre. Privé de l’un de ses garants centraux, l’accord survit, mais se fragilise.
À partir de 2019, l’Iran s’affranchit progressivement de ses engagements. En février 2021, le pays cesse d’appliquer une partie essentielle des mesures prévues, limitant l’accès des inspecteurs internationaux. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) continue de surveiller ce qu’elle peut, mais sa vision devient lacunaire. Ce décrochage ancien est au cœur du diagnostic posé par l’ONU.
La bascule survient à l’été 2025. En juin, l’AIEA alerte sur l’ampleur des stocks d’uranium enrichi à 60 %, un seuil techniquement proche de celui requis pour une arme nucléaire, et reconnaît avoir « perdu la continuité de sa connaissance » du programme iranien.
Dans la foulée, une confrontation entre l’Iran et Israël quitte le registre clandestin pour celui de l’affrontement direct. Frappes israéliennes, ripostes iraniennes, puis raids américains sur des sites sensibles à Fordo, Ispahan et Natanz : le nucléaire iranien devient un théâtre militaire.
Un dialogue minimal, mais indispensable
Dans ce contexte, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni notifient au Conseil de sécurité, le 28 août, leur intention d’activer le mécanisme dit de « snapback », qui autorise tout signataire de l’accord de Vienne à demander un rétablissement des sanctions en cas de non-respect par Téhéran de ses obligations.
À l’issue du délai prévu de 30 jours, faute d’accord pour en empêcher l’issue, les sanctions antérieures à 2015 sont automatiquement rétablies, le 27 septembre 2025. Elles impliquent notamment un embargo sur les armes vers et en provenance de l’Iran, ainsi que la suspension par le pays de ses activités d’enrichissement et de retraitement d’uranium.
Après l’échec des tentatives de relance formelle de l’accord, les discussions indirectes facilitées actuellement par Oman constituent un nouvel espoir diplomatique.
Oman s’est imposé ces dernières années comme un intermédiaire discret dans plusieurs dossiers sensibles du Moyen-Orient. Son rôle actuel s’inscrit dans cette tradition de diplomatie silencieuse.
La vérification, condition non négociable
Un autre point du message onusien retient l’attention. António Guterres « souligne qu’une vérification pleine et entière par l’Agence internationale de l’énergie atomique est essentielle à toute résolution réussie de la question nucléaire iranienne ».
En insistant sur une vérification « pleine et entière », le Secrétaire général rappelle que toute issue durable suppose un mécanisme technique robuste, indépendant et crédible. Autrement dit, aucun compromis politique ne saurait se substituer à un contrôle effectif des activités nucléaires.
Si ces dernières années, les relations entre l’AIEA et Téhéran ont été marquées par des tensions, notamment concernant l’accès à certains sites et la transmission d’informations, le rappel de l’ONU vise donc à ancrer toute avancée diplomatique dans un cadre multilatéral clair. Sans transparence technique, la confiance restera fragile et la stabilité régionale, incertaine.
Une équation toujours instable
La poursuite des discussions intervient dans une région déjà traversée par des conflits ouverts et des rivalités stratégiques exacerbées. Toute détérioration du dossier nucléaire iranien aurait des répercussions immédiates sur l’ensemble du Moyen-Orient.
En saluant la continuité des échanges tout en rappelant l’exigence d’une supervision internationale rigoureuse, l’ONU tente de maintenir un cadre multilatéral dans un contexte dominé par la logique de rapport de force.
Rien ne garantit que ces discussions indirectes déboucheront sur un accord durable. Mais entre diplomatie sous médiation omanaise et démonstration de force américaine, le dossier nucléaire iranien évolue désormais sur une ligne de crête.
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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