Le 12 mars 2026, le Parlement du Sénégal a voté massivement en faveur de peines plus sévères pour les « actes contre nature », incluant l’homosexualité ainsi que la promotion ou l’encouragement de l’homosexualité.

Droits au respect, à la dignité

Dans un commentaire à la presse publié le même jour, le chef des droits de l’homme de l’ONU, Volker Türk, a estimé que l’adoption de cette nouvelle loi — qui double la peine d’emprisonnement maximale pour les relations homosexuelles consensuelles, la portant à 10 ans, et sanctionne la « promotion, le soutien ou le financement » présumés de l’homosexualité, de la bisexualité et de la transsexualité — était « profondément préoccupante ».

« Elle va à l’encontre des droits humains sacrosaints dont nous jouissons tous : les droits au respect, à la dignité, à la vie privée, à l’égalité, ainsi que les libertés d’expression, d’association et de réunion pacifique », a dit M. Türk, rappelant que ces droits sont consacrés par la Déclaration universelle des droits de l’homme, ainsi que par les traités relatifs aux droits humains auxquels le Sénégal est partie.

« Cette loi expose les individus à des crimes de haine, des abus, des arrestations arbitraires, du chantage et une discrimination généralisée dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’emploi et du logement. De surcroît, elle restreint le travail légitime des défenseurs des droits humains et des médias, ainsi que la liberté d’expression de chacun au Sénégal », a noté le chef des droits de l’homme.

Il a exhorté le Président « à ne pas promulguer cette loi néfaste » et appelé les autorités « à abroger la loi discriminatoire existante ainsi qu’à garantir le respect des droits humains de tous au Sénégal, sans aucune discrimination ».

Implications sur la santé publique

L’ONUSIDA s’est également dit profondément préoccupé par les implications de cette décision sur les acquis de santé publique du pays et a exhorté mercredi le Président à ne pas promulguer la loi.

« Le texte final adopté comprend une clause de sauvegarde essentielle en matière de santé publique, à laquelle l’ONUSIDA exhorte le Sénégal à se conformer », a déclaré l’agence onusienne dans un communiqué de presse. 

L’ONUSIDA note que le Sénégal est confronté à des défis considérables dans sa réponse au VIH, et il l’exhorte « à maintenir une attention soutenue sur les données probantes en matière de santé publique, le cadre juridique et les partenariats communautaires nécessaires pour produire un impact et assurer une riposte durable, avec des services essentiels accessibles aux personnes les plus vulnérables ».

Au Sénégal, 79 % des personnes vivant avec le VIH ont accès au traitement salvateur. Cependant, entre 2010 et 2024, les nouvelles infections à VIH ont augmenté de 36 %, faisant du pays l’un des quatre seuls pays de la région Afrique de l’Ouest et du Centre à enregistrer une hausse des nouvelles infections.

Les données probantes montrent que la criminalisation pousse les personnes à se détourner des services de santé. Les lois pénales aggravent également la stigmatisation et la discrimination à l’encontre de groupes déjà marginalisés.

Une riposte efficace au VIH, fondée sur des données probantes solides en matière de santé publique et sur des protections garantissant l’accès aux services pour les personnes les plus vulnérables, est urgente pour le Sénégal, estime l’ONUSIDA.

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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