Vendredi, des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait près d’une cinquantaine de morts et une centaine de blessés, selon le ministère libanais de la santé, poussant l’Iran à suspendre un nouveau cycle de négociations prévu le jour même en Suisse. Quelques heures plus tard, la presse faisait pourtant état d’un cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah libanais, une trêve accueillie avec prudence par les Nations Unies.
Stéphane Dujarric, porte-parole du Secrétaire général de l’ONU, lors du point de presse de midi, à New York.
« Nous sommes bien entendu au courant des informations faisant état d’un cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah. Si elles se confirmaient, nous nous en féliciterions », a déclaré vendredi à New York le porte-parole du Secrétaire général de l’ONU, Stéphane Dujarric. Il a appelé toutes les parties « à cesser les hostilités, à respecter les accords de cessez-le-feu existants et à privilégier le dialogue comme seule voie viable vers une sécurité et une stabilité durables ».
Mercredi 17 juin, après 110 jours de guerre, les États-Unis et l’Iran avaient officiellement signé un protocole d’accord ouvrant une période de négociations de 60 jours sur le programme nucléaire iranien. L’accord prévoyait également un arrêt des hostilités sur tous les fronts au Moyen-Orient, y compris au Liban.
Mais cette disposition avait mis immédiatement en lumière les divergences entre Washington et Israël. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, avait affirmé ne pas se considérer lié par cet accord, suscitant de rares critiques publiques de la Maison Blanche, notamment de la part du vice-président américain J. D. Vance.
Ces tensions ont éclaté au grand jour vendredi. Après la mort de quatre soldats israéliens dans une attaque contre un char tôt dans la matinée dans le sud du Liban, Israël a annoncé avoir frappé plus de 80 positions du Hezbollah, mouvement chiite soutenu par l’Iran. Les bombardements ont provoqué le report des discussions prévues à Bürgenstock, en Suisse, Téhéran ayant décidé de se retirer des pourparlers.
À New York, l’ONU s’est gardée d’y voir un revers irréversible. « Nous avons vu l’annonce selon laquelle les discussions à Bürgenstock avaient été reportées. Puis nous avons vu qu’un accord sur un cessez-le-feu avait été conclu [entre Israël et le Hezbollah] », a observé Stéphane Dujarric. « Nous espérons que toutes les parties à ce conflit comprendront que la chose la plus importante, à l’heure actuelle, est de mettre fin à ce conflit ».
Une patrouille de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL), déployée dans le sud du Liban.
Une escalade d’une rare intensité
Au moment même où circulaient les premières informations sur un cessez-le-feu, la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) décrivait une journée d’une intensité exceptionnelle.
Entre minuit et 16 heures, les Casques bleus ont détecté 748 trajectoires de tirs, dont 695 attribuées à l’armée israélienne et 53 à des acteurs armés non étatiques, vraisemblablement le Hezbollah. Ils ont également recensé 51 frappes aériennes israéliennes, 49 violations de l’espace aérien libanais et la poursuite d’importantes opérations terrestres israéliennes dans leur zone d’opération le long de la « Ligne bleue », cette zone de démarcation entre Israël et le Liban tracée par les Nations Unies après le retrait militaire israélien du Sud-Liban en 2000.
Le contraste est tout aussi saisissant sur le plan humanitaire. Alors que l’annonce d’un cessez-le-feu laissait espérer un retour progressif des déplacés, les agences des Nations Unies constatent que beaucoup continuent de fuir faute de sécurité. Dans la ville côtière libanaise de Saïda, des responsables de centres d’hébergement ont indiqué que plusieurs familles revenues après les premières annonces de désescalade avaient finalement repris le chemin des abris.
« Les habitants du Liban ont besoin de paix, ils ont besoin de temps pour reconstruire, ils ont besoin de reconstruire leur vie », a insisté Stéphane Dujarric. Le gouvernement libanais doit, a-t-il ajouté, « réaffirmer son autorité sur l’ensemble de son territoire », tandis que « les habitants du nord d’Israël doivent eux aussi pouvoir rentrer chez eux en toute sécurité ».
Interrogé sur les dizaines de civils tués dans les frappes israéliennes, le porte-parole du Secrétaire général s’est montré sans ambiguïté. « Nous continuons de condamner et d’être horrifiés par les morts de civils au Liban », a-t-il dit.
Le cessez-le-feu annoncé entre Israël et le Hezbollah offre un premier répit et pourrait permettre la reprise des discussions entre Washington et Téhéran. Mais sa chronologie souligne déjà la fragilité de l’accord signé mercredi. Avant même que la diplomatie n’ait eu le temps de produire ses premiers effets, une seule journée de combats a suffi à mettre en suspens le processus qu’elle était censée relancer.
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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