La même technologie qui ouvre des perspectives inédites crée aussi de nouveaux risques.

  • Les abus en ligne : l’IA facilite la production et la diffusion de contenus à caractère sexuel, notamment de deepfakes explicites. Les femmes et les enfants figurent parmi les personnes les plus exposées.
  • La désinformation : l’IA peut générer des contenus faux mais extrêmement crédibles, brouillant la frontière entre réalité et manipulation et fragilisant la confiance dans l’espace public et les processus démocratiques.
  • La criminalité : des acteurs malveillants exploitent déjà l’IA pour mener des cyberattaques, perfectionner des fraudes et développer des techniques d’ingénierie sociale plus sophistiquées.
  • La santé mentale : certains systèmes d’IA peuvent renforcer des idées ou des comportements nuisibles, avec des conséquences potentiellement graves, notamment des situations de détresse psychologique ou des suicides.
  • La perte de contrôle : à mesure que les systèmes deviennent plus autonomes, les experts alertent sur le risque de voir leur fonctionnement devenir plus difficile à surveiller et à encadrer sans mécanismes de sécurité adaptés.
  • L’impact environnemental : les infrastructures nécessaires au fonctionnement de l’IA, notamment les centres de données très énergivores, contribuent aux émissions de gaz à effet de serre et au réchauffement climatique.

Qui bénéficie de l’IA et qui risque d’être laissé de côté ?

La révolution de l’IA est loin de profiter à tous de manière équitable.

Bien que ses usages se répandent à travers le monde, l’accès aux technologies les plus avancées reste largement concentré dans les pays les plus développés.

Selon le rapport, les États-Unis disposent d’environ trois quarts de la puissance de calcul des supercalculateurs d’IA les plus performants au monde, tandis que la Chine en représente environ 15 %. À eux deux, ces pays concentrent près de 90 % de cette capacité.

La majorité des modèles d’IA les plus avancés sont également développés par des entreprises implantées dans ces deux pays.

À l’inverse, de nombreux pays en développement manquent encore d’infrastructures numériques, de compétences spécialisées, de données, d’investissements et de ressources linguistiques adaptées pour exploiter pleinement le potentiel de l’IA.

Ils risquent ainsi de dépendre de technologies qu’ils ne peuvent ni concevoir, ni examiner, ni auditer, ni adapter à leurs propres réalités.

Le groupe d’experts avertit que, sans investissements et coopération internationale accrus, l’IA pourrait renforcer les fractures existantes au lieu de contribuer à les réduire.

© UNICEF/ Hugh Rutherford
En Ouganda, un élève malvoyant utilise une aide technique pour lire et enregistrer les cours.

Pourquoi l’IA doit-elle être encadrée ?

Pour le groupe scientifique de l’ONU, les mécanismes actuels de gouvernance n’ont pas été conçus pour une technologie qui évolue à une telle vitesse.

Les gouvernements font face à ce que les experts appellent un « dilemme des données probantes » : ils ont besoin de preuves scientifiques solides avant d’adopter des règles, mais lorsque ces données deviennent disponibles, les technologies ont souvent déjà évolué.

Plus de 40 cadres de gouvernance et lignes directrices éthiques sur l’IA existent déjà dans différentes régions du monde. Mais selon le rapport, ces initiatives restent fragmentées, parfois incohérentes, et font rarement l’objet d’évaluations permettant de mesurer leur efficacité réelle.

Autre sujet de préoccupation : de nombreuses évaluations de sécurité sont encore réalisées par les entreprises qui développent elles-mêmes les systèmes d’IA.

Le rapport appelle donc à renforcer l’évaluation indépendante, la coopération internationale et l’élaboration de normes communes afin de garantir des systèmes d’IA sûrs, transparents et responsables.

Parallèlement, les pays doivent investir dans les infrastructures numériques, l’éducation, les compétences techniques et les institutions publiques afin de pouvoir développer et encadrer l’IA selon leurs propres besoins.

Que font les Nations Unies ?

Les Nations Unies travaillent à la création d’une nouvelle architecture internationale destinée à aider les pays à prendre des décisions éclairées sur l’avenir de l’IA.

En 2025, l’Assemblée générale des Nations Unies a créé le Groupe scientifique international indépendant sur l’intelligence artificielle, composé de 40 experts issus de toutes les régions du monde et siégeant à titre personnel.

Ce groupe n’a pas pour mission de réglementer l’IA, mais d’apporter une expertise scientifique indépendante. Il analyse les dernières données disponibles sur les opportunités, les risques et les impacts de cette technologie, afin de fournir aux gouvernements des éléments fiables pour élaborer leurs politiques.

Ses travaux alimenteront le Dialogue mondial des Nations Unies sur la gouvernance de l’IA, qui s’ouvrira à Genève le 6 juillet 2026. Les États membres y discuteront des moyens de mieux coordonner les approches internationales face à cette technologie en pleine évolution.

En résumé

Le message du groupe scientifique est clair : l’IA n’est ni intrinsèquement bénéfique ni dangereuse.

Son impact dépendra des décisions prises aujourd’hui par les gouvernements, les entreprises et les sociétés.

Cette technologie transforme déjà la science, la santé, l’éducation et les économies du monde entier.

Qu’elle contribue à réduire ou à accentuer les inégalités, qu’elle renforce ou fragilise la démocratie et les droits humains, dépendra largement de la capacité de la communauté internationale à mettre en place une gouvernance capable d’évoluer au même rythme que l’innovation.

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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